Union des républiques socialistes soviétiques

Article on other languages:

Pour les articles homonymes, voir RSS. Page d'aide sur l'homonymie
Union des républiques socialistes soviétiques

Союз Советских Социалистических Республик (ru)


1922 — 1991

Drapeau Blason

   Devise : Пролетарии всех стран, соединяйтесь!
(Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !)
   Hymne : L'Internationale (1922-1944)
Hymne de l'Union soviétique (1944-1991)

Localisation de l'URSS après la Seconde Guerre mondiale
Localisation de l'URSS après la Seconde Guerre mondiale

Informations générales
 Statut Fédération de républiques soviétiques
 Capitale Moscou
 Langue(s) {{{langues}}}
 Religion(s) {{{religion}}}
 PIB {{{pib}}}
 PIB/hab. {{{pib hab}}}
 Monnaie Rouble soviétique
 Fuseau horaire UTC +2 à +13
 Dom. internet .su
 Ind. tél. {{{indicatif téléphonique}}}
 {{{infgen1 titre}}} {{{infgen1}}}
 {{{infgen2 titre}}} {{{infgen2}}}
 {{{infgen3 titre}}} {{{infgen3}}}
 {{{infgen4 titre}}} {{{infgen4}}}
 {{{infgen5 titre}}} {{{infgen5}}}

Population
 1991 293 047 571 hab. (13.1 /km²)
{{{population2}}}
{{{population3}}}
{{{population4}}}
{{{population5}}}

Superficie
 1991 22 402 200 km2
{{{superficie2}}}
{{{superficie3}}}
{{{superficie4}}}
{{{superficie5}}}

Histoire et événements
 7 novembre 1917 Révolution d'Octobre
 30 décembre 1922 Proclamation
 11 février 1924 Reconnaissance
 26 décembre 1991 Dissolution
{{{evt5}}}
{{{evt6}}}
{{{evt7}}}
{{{evt8}}}
{{{evt9}}}
{{{evt10}}}
{{{evt11}}}
{{{evt12}}}

Pouvoir exécutif
   Secrétaire général
 (1e) 1922-1924 Lénine
 (De) 1985-1991 Mikhaïl Gorbatchev
{{{leaderA3}}}
{{{leaderA4}}}
{{{leaderA5}}}
   Chef de gouvernement
 (1e) 1923-1924 Lénine
 (De) 1991 Ivan Silaïev
{{{leaderB3}}}
{{{leaderB4}}}
{{{leaderB5}}}
   {{{titre leaderC}}}
{{{leaderC1}}}
{{{leaderC2}}}
{{{leaderC3}}}
{{{leaderC4}}}
{{{leaderC5}}}
   {{{titre leaderD}}}
{{{leaderD1}}}
{{{leaderD2}}}
{{{leaderD3}}}
{{{leaderD4}}}
{{{leaderD5}}}
   {{{titre leaderE}}}
{{{leaderE1}}}
{{{leaderE2}}}
{{{leaderE3}}}
{{{leaderE4}}}
{{{leaderE5}}}

Pouvoir législatif
{{{parlement}}}
{{{parlement1}}}
{{{parlement2}}}
{{{parlement3}}}
{{{parlement4}}}
{{{parlement5}}}

Entités précédentes Entités suivantes
RSS de Biélorussie RSS de Biélorussie
RSFS de Russie RSFS de Russie
RSFS de Transcaucasie RSFS de Transcaucasie
RSS d'Ukraine RSS d'Ukraine
Arménie Arménie
Azerbaïdjan Azerbaïdjan
Biélorussie Biélorussie
Estonie Estonie
Géorgie Géorgie
Kazakhstan Kazakhstan
Kirghizistan Kirghizistan
Lettonie Lettonie
Lituanie Lituanie
Moldavie Moldavie
Ouzbékistan Ouzbékistan
Russie Russie
Tadjikistan Tadjikistan
Turkménistan Turkménistan
Ukraine Ukraine

L’Union des républiques socialistes soviétiques ou l’Union soviétique, abrégé en URSS (en russe : Союз Советских Социалистических Республик, abrégé en : СССР écouter écouter; prononcé: Soïouz Sovietskikh Sotsialistitchieskikh Riespoublik, SSSR), était un État fédéral de 15 républiques soviétiques et qui a existé de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991.

Plus vaste État du monde, l'URSS occupait le 1/6 des terres émergées et s'étendait sur 11 fuseaux horaires, de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie. Elle reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande, devenues indépendantes lors de la guerre civile russe de 1918-1921, et des gains territoriaux du régime stalinien tels que l'Ukraine Occidentale prise en 1939 à la Pologne lors du Pacte germano-soviétique, la Carélie orientale prise en 1940 à la Finlande agressée, la Moldavie (anciennement la Bessarabie roumaine), les Kouriles du sud et le sud de l'île de Sakhaline pris au Japon en 1945, la Touva ou encore la région de Kaliningrad (l'ancienne Prusse Orientale).

Le territoire de l'URSS varia donc dans le temps, surtout avant et à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Le pays était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques fédérées et d'un certain nombre de républiques et régions autonomes.

La Russie était, de loin, la plus importante des républiques soviétiques, tant du point de vue de sa surface, de sa population, que de sa puissance politique. Devenue Fédération de Russie en 1991, elle est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique, et a notamment hérité de son siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

La formation de l'URSS fut un des résultats de la Révolution russe du 7 novembre 1917, dite « d'Octobre » (à cause des 13 jours de décalage entre l'actuel calendrier grégorien et le calendrier julien encore suivi par les Églises orientales). La Révolution d'Octobre, qui vit la prise du pouvoir par le Parti bolchevique, succédait à la révolution libérale « bourgeoise », dite de Février 1917, qui avait mis fin au règne du tsar Nicolas II. L'un des moteurs de la création de l'URSS était la volonté de Lénine d'appliquer sa doctrine nationale en transformant une Russie unitaire en une Union de républiques formées selon le principe de répartition ethnique et jouissant d'un certain degré d'autonomie locale.

L'organisation politique de l'URSS était définie par le règne d'un seul parti, le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) et tout particulièrement, de son bureau exécutif, le Politburo. Tout autre pouvoir (législatif, exécutif ou judiciaire), ainsi que la presse et la société civile dans son ensemble, étaient directement soumis aux diktats du PCUS.

Les facteurs ayant provoqué l'implosion de l'Union soviétique furent essentiellement l'inachèvement de la problématique déstalinisation politique et économique, la dégradation de l'économie (dite « stagnation » dans le discours officiel) dans les années 1970-1980, une course aux armements coûteuse et épuisante pendant la Guerre froide l'opposant aux Américains, tout cela allié à la renaissance d'une société civile réclamant son autonomie et à l'émergence de forces démocratiques et centrifuges dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement unitariste, centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse. Le processus démocratique appelé perestroïka (restructuration) et glasnost (transparence) de Mikhaïl Gorbatchev, entamé en avril 1985, fut le catalyseur de ce processus.

Sommaire

Géographie de l'URSS

Durant son existence, l'URSS était le pays le plus étendu du monde (22 402 200 km2). C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 nationalités (ethnies) recensées sur son territoire, une soixantaine de langues et 5 religions.

La population totale était estimée à 288 millions en 1990 (dite peuple soviétique). Aujourd'hui la Russie — ayant succédé à l'URSS — demeure toujours le pays le plus étendu du monde et reste un pays très divers, administrant des centaines de minorités, y compris musulmanes telles que les Tatares, et bien d'autres ethnies non russes.

Division territoriale de l'URSS

Entre 1954 et 1991, l'Union Soviétique était composée de 15 Républiques Socialistes Soviétiques (RSS) :

Les 15 républiques fédérées soviétiques
Républiques soviétiques États indépendants actuels
1. République socialiste soviétique d'Arménie Arménie
2. République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan Azerbaïdjan
3. République socialiste soviétique biélorusse Biélorussie
4. République socialiste soviétique d'Estonie Estonie
5. République socialiste soviétique de Géorgie Géorgie
6. République socialiste soviétique kazakhe Kazakhstan
7. République socialiste soviétique kirghize Kirghizistan
8. République socialiste soviétique de Lettonie Lettonie
9. République socialiste soviétique de Lituanie Lituanie
10. République socialiste soviétique de Moldavie Moldavie
11. République socialiste fédérative soviétique de Russie Russie
12. République socialiste soviétique du Tadjikistan Tadjikistan
13. République socialiste soviétique du Turkménistan Turkménistan
14. République socialiste soviétique d'Ukraine Ukraine
15. République socialiste soviétique d'Ouzbékistan Ouzbékistan

Chaque république fédérée était, à son tour, divisée en régions (oblast), à l'exception des RSS de Lettonie, de Lituanie, d'Estonie, de Moldavie et d'Arménie qui avaient une structure unitaire. La RSFSR disposait, en plus, des « pays » (kraï) qui étaient divisés en régions autonomes, ainsi que des arrondissements autonomes faisant partie des oblasts et des kraïs. Certaines républiques fédérées (Russie, Géorgie, Azerbaïdjan, Ouzbékistan et Tadjikistan) avaient aussi dans leur structure des républiques autonomes, à certain degré d'auto-gouvernance.

Évolution de la population de l'URSS

(Selon les chiffres officiels)

1913 : 159 000 000 (Empire russe)

1928 : 150 000 000

1940 : 194 000 000

1950 : 180 000 000

1960 : 214 000 000

1970 : 242 000 000

1979 : 264 000 000

Histoire de l'URSS

Voir aussi : Chronologie de l'URSS.

La Révolution russe et l'entre-deux guerres

Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)

Icône de détail Article détaillé : Révolution russe.
Discours de Lénine

Dès le XIXe siècle, la Russie tsariste connaît une agitation révolutionnaire qui va en s'aggravant après une révolution réprimée de 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. Le mécontentement populaire culmine début 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la révolution de Février.

Le nouveau gouvernement de coalition démocrate prolongea le mécontentement des masses populaires en maintenant l'engagement russe dans la guerre et retardant toutes les réformes de fond. Aussi à l'été 1917, un vaste soulèvement paysan spontané procéda de lui-même au partage des terres, tandis que le gouvernement Kerensky perdait ses appuis dans la population et la classe ouvrière, et que les forces de réaction, autour du général Kornilov, tentait vainement un coup d'État (affaire Kornilov). L'État perdait progressivement son autorité sur le pays et l'armée se décomposait.

Le Parti bolchevique, parti révolutionnaire marxiste mené par Lénine, devint progressivement majoritaire dans les organes politique ouvriers et paysans dits Soviets. Il renversa le gouvernement provisoire lors d'une révolution le 25 octobre (selon l'ancien calendrier julien) ou le 7 novembre 1917 dite révolution d'Octobre. Le slogan de la révolution qui emporta l'adhésion des masses populaires fut simple et percutant : « Usines aux ouvriers, terres aux paysans, paix aux peuples ! », ce qui signifiait nationalisations et armistice.

Affiche : « Vive la révolution mondiale ! »

Ainsi, la jeune république bolchevique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice signé en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne). La Russie y perdit 3,6 % son territoire et 26 % de sa population. Elle perd aussi 32 % de sa production agricole, 23 % de sa production industrielle et 75 % de ses réserves de charbon.

Par ailleurs, la propriété privée industrielle fut supprimée, les usines et les banques nationalisées. À la place, une propriété d'État fut instaurée sur la quasi-totalité des moyens de production, sauf agricoles. Le marché libre disparut et l'État acquit le monopole du commerce intérieur et extérieur. Lénine a également annulé les engagements russes sur les emprunts obligataires contractés par le gouvernement tsariste pour industrialiser le pays, développer les voies ferrées et financer la guerre.

La jeune république socialiste soviétique de Russie (RSFSR) créée par la Constitution de 1918 fonctionnait selon un principe fédéral, dont le principe de gouvernance fut le centralisme démocratique. Le pouvoir législatif était théoriquement exercé par les Congrès panrusse des Soviets, lequel mandatait le Comité exécutif central panrusse, tant en matière législative qu'exécutive. C'était ainsi au Comité exécutif de contrôler le Conseil des commissaires du peuple, lequel, avec Lénine à sa tête, était responsable du gouvernement de la RSFSR. Cet apparence de la démocratie ne subsiste pas à une analyse plus poussée : noyauté et contrôlé totalement par les bolcheviks, le Congrès des Soviets, son Comité exécutif et donc le Conseil des Commissaires du Peuple, étaient aux mains de Lénine et de ses camarades, et en particulier du Bureau Politique du PCUS.

Le pouvoir d'État devint bien plus strict en raison de la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des États occidentaux qui fit rage jusqu'en 1921.

Le « communisme de guerre » (1918-1921)

Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France, Japon, États-Unis), et afin d'assurer l'approvisionnement des villes et de l'armée, Lénine décrète le « communisme de guerre », dont les mesures essentielles sont :

  • Nationalisation des industries et du commerce
  • Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
  • Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
  • Travail obligatoire des paysans
  • Interdiction de l'entreprise privée
  • Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
  • Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture

Les éléments de la « dictature du prolétariat » se mettent aussi en place à cette époque :

  • dissolution dès sa première séance de l'Assemblée Constituante élue au suffrage universel (janvier 1918). Les bolcheviks, majoritaires dans les villes, y étaient minoritaires (25 % des voix) en raison du vote des campagnes en faveur du Parti socialiste révolutionnaire (60 % des voix).
  • Création de l'Armée rouge le 23 février 1918 : ses soldats sont recrutés d'abord sur la base du volontariat, puis par conscription
  • Mise en place dès décembre 1917 d'une police politique, la Tchéka, et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du régime: socialistes-révolutionnaires (SR), anarchistes, mencheviks, sionistes, bundistes, pacifistes, démocrates, libéraux du parti KD, et bien sûr les « Blancs » (partisans de la monarchie)
  • Le Parti communiste devient peu à peu parti unique
  • La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
  • La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument de la révolution mondiale. Les partis communistes étrangers doivent adhérer aux 21 conditions d'adhésion. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi que les grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des spartakistes et de Bela Kun met fin à ces espoirs.

Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile, et le danger d'une restauration monarchique est écarté dès 1919-1920 par la défaite des armées blanches. Mais ils doivent aussi écraser ensuite l'armée anarchiste de Nestor Makhno qui tient le sud de l'Ukraine (Makhnovchina), et détruire en 1921-1922 les « armées vertes » créées par les paysans en révolte à la fois contre les Blancs et les bolcheviks. Le 18 mars 1921, l'Armée Rouge réprime dans le sang la révolte de Kronstadt, dont les marins avaient exigé le retour au « pouvoir des soviets » et la fin du monopole bolchevique.

Sur le plan territorial, la Russie bolchevique perd les pays baltes, la Finlande et la Pologne, devenus indépendants, et doit concéder un important recul de ses frontières après sa défaite dans la guerre russo-polonaise de 1920. Mais elle a conservé l'Ukraine après des luttes confuses, et entre 1920 et 1922, elle a envahi la Géorgie, l'Arménie et l'Asie centrale, réintégrés de force dans l'ancien empire russe.

La guerre civile, l'embargo total décrété par les puissances occidentales sur la Russie soviétique et la politique d’expropriation de biens des paysans afin de nourrir les soldats de l'Armée rouge provoquent une énorme famine avec ses millions de morts, surtout en Ukraine (1922).

La police secrète

La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée (elle prendra ensuite différents noms, GPU (Guépéou), OGPU, MVD, NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), et finalement KGB en 1953) La police politique était chargée de liquider les « poux » et autres « agents capitalistes » avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargée de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.

La naissance d'un État fédéral (1921-1924)

Naissance de l'URSS
Drapeau de l'URSS de 1922 à 1980

L'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) naquit le 22 décembre 1922, date de la signature du Traité d'Union entre la RSFS de Russie, la RSSF de Transcaucasie, la RSS d'Ukraine et la RSS de Biélorussie. Ce traité est ratifié le 30 décembre 1922 par le premier congrès des soviets d'URSS.

Une constitution fut rédigée en 1924 ; l'union regroupa plusieurs républiques fédérales dont les frontières furent constituées selon une répartition démographique correspondant à un « peuple » dans sa définition soviétique. L'URSS fut donc un État fédéral dans lequel chaque république fut égale en droits. Dans les faits, le PCUS (et au début le RSDRP) et le Tchéka (la police secrète) surveillent étroitement ces républiques dont les premiers secrétaires du PC furent désignés par Moscou.

Les soviets

Le Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays fut théoriquement gouverné par des Soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste.

La NEP (1921-1929)

Après la guerre civile (1921), le pays se trouve dans une situation humanitaire et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts), notamment sur la Volga, et les paysans se soulèvent sporadiquement contre les réquisitions. Ce mécontentement prit une ampleur inquiétante en mars 1921 avec la révolte de Kronstadt, ville pionnière de la révolution, abritant l'amirauté et les forces navales de la mer Baltique défendant Saint-Pétersbourg. Conscient que la répression, aussi dure soit-elle, ne suffit pas à enrayer le mouvement, Lénine décida alors d'assouplir la politique du régime, et met en œuvre une Nouvelle politique économique (NEP), libéralisation économique donnant droit à une propriété privée limitée, notamment aux agriculteurs. Les réquisitions sont ainsi remplacées par un impôt en nature peu élevé.

Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine déclara que « nous ne sommes pas assez civilisés pour pouvoir passer directement au socialisme, encore que nous en ayons les prémisses politiques »[1]., se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme tel que défini par Marx. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes.

La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des conséquences désastreuses de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichît. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.

Bien qu'elle fût présentée comme une mesure provisoire, la NEP fut extrêmement critiquée par une frange importante du Parti bolchevique. De nombreux membres voyaient la NEP comme une trahison aux principes socialistes et voulaient un retour au plus vite à une économie intégralement planifiée. Il semble qu'à sa mort Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, tout du moins n'a-t-il jamais fixé, ni même évoqué, la date de son arrêt. Ainsi, à l'approche de sa succession, les oppositions au sein du Politburo se cristallisèrent autour de la NEP.

La succession de Lénine (1922-1929)

Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales, conséquences d'un attentat dont il fut victime en 1918. La lutte pour sa succession aboutira à l'accession au pouvoir suprême de Staline, ayant appartenu au premier cercle d'adhérents au parti (entrée en 1904), bien que Lénine ne l'appréciait plus beaucoup, déclarant même dans son « testament » (mars 1923) qu'il fallait démettre de ces fonctions cet homme « trop brutal ».

L'ascension de Staline débute avec sa nomination au poste-tremplin de secrétaire général du parti le 3 avril 1922, fonction conciliatrice obtenue grâce à son effacement (peu de prises de position), ses relations de longue date, son dévouement, et sa loyauté au Parti.

Face à lui il rencontre rapidement l'opposition de Léon Trotsky, fondateur charismatique de l'Armée rouge, ayant acquis dès 1902 l'estime de Lénine mais aussi adhérent tardif au Parti bolchevique (1917) ayant été proche des mencheviks. Alors que Trostky développa tôt une doctrine divergente de celle de Lénine et n'hésita pas à s'opposer à lui, Staline se présenta toujours comme un loyal serviteur du grand révolutionnaire ne l'ayant jamais contredit.

Pour évincer du gouvernement Trotsky, Staline s'associe en 1923, du vivant de Lénine, à Lev Kamenev, ayant lui aussi adhéré en 1905, et à Grigori Zinoviev, haut dirigeant du Komintern, ami intime de Lénine depuis 1905 convaincu d'être son légitime successeur et ayant lui aussi proposé un temps l'alliance avec les menchéviks.

En 1926, après la mort de Lénine en 1924, Zinoviev et Kamenev décident de rompre avec Staline pour se rapprocher de Trotski avec lequel ils partagent une doctrine commune : exportation de la révolution d'essence mondiale et abandon de la NEP. Cette « troïka des purs » forme l'opposition de gauche à Staline, qui réagit tactiquement en se rapprochant - sans conviction profonde - de l'opposition de droite favorable à la NEP et à une réalisation du socialisme d'abord sur le sol russe puis à l'extérieur (Boukharine, Alexeï Rykov et Mikhaïl Tomsky).

Il s'appuie sur cette aile droite pour exclure du Parti en 1927 ses trois grands opposants de l'aile gauche. Le 17 novembre 1928, une fois assuré que les partisans de l'opposition de gauche ont été réduits au silence (par l'exclusion, la force, l'emprisonnement, l'exil), il se retourne contre Boukharine, Rykov, et Tomsky qu'il exclut du bureau politique et démet de leurs fonctions respectives de président du Komintern, chef du gouvernement, et dirigeant du Profintern.

Staline, seul maître à bord, n'hésite pas dès lors à adopter la mesure-phare prônée par l'ancienne opposition de gauche devenue impuissante : l'abandon de la NEP. Cette réorientation s'accompagne d'une relégitimisation de façade. Ainsi, en 1928, Kamenev est rétabli, il en va de même pour Zinoviev en 1929, mais Trotsky, toujours populaire, est expulsé la même année. Kamenev et Zinoviev furent finalement exécutés le 5 août 1936, Boukharine et Rykov en mars 1938, et Trotsky assassiné le 21 août 1940 dans son exil au Mexique.

Après avoir réussi à éliminer politiquement, puis physiquement, toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1927 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire bien que ce qualificatif de « totalitaire » ait pu être contesté par l'historien Eric Hobsbawm dans son étude du « court vingtième siècle »[2].

Collectivisation et Planification économiques (à partir de 1929)

Icône de détail Article détaillé : Histoire de l'URSS sous Staline.

Abandon de la NEP
Affiche des années 1930 « Viens camarade rejoindre notre kolkhoze ! »

Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarrasser des uns et des autres.
En définitive, la « richesse » des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.

La collectivisation des campagnes et la dékoulakisation

À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mis en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.

Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolkhozien un lopin de terre.

Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés et plusieurs millions meurent de faim, surtout en Ukraine et dans le sud de la Russie (voir : Holodomor). Leurs biens sont confisqués.

La planification de l'économie

Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plans quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.

L'industrialisation de l'URSS
Ouvrier et kolkhozienne. Sculpture de Véra Moukhina. 1937

La Russie du début du XXe siècle était une puissance économique nouvelle et en essor, mais encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure.

Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :

  • quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour,
  • sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison,
  • sanctions contre les « mauvais » ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences.

Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, les exportations forcées de céréales pour financer des importations de biens d'équipement, combinées à la diminution de la productivité agricole, provoquèrent de nouvelles famines : la famine de 1932-1933, la dernière grande famine européenne, cause près de 6 millions de morts. Le plan quinquennal fut cependant « bouclé » officiellement en 4 ans. De 1928 à 1932, la production de charbon avait doublé, celle de l'acier avait triplé.

Bilan de la politique économique en 1939

En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, le dénouement de la Seconde Guerre mondiale aurait été différent.

Les Grandes Purges : les mécanismes de la terreur de masse (1936-1940)

La pire répression jamais connue par un pays en temps de paix, les Grandes Purges aboutissent entre 1936 et 1939 à l’exécution de 680 000 personnes et à la déportation de centaines de milliers d’autres. En août 1937, Staline autorise personnellement le recours à la torture dans les prisons, et ne l’interdit à nouveau que fin 1938.

Le pays traverse donc une intense période de terreur, de délation et de suspicion généralisée, qui met bien des nerfs à rude épreuve (la pression subie en conduit plus d’un au suicide), et qui brise les solidarités amicales, familiales et professionnelles. Après le premier procès de Moscou en août 1936, c’est l’année 1937 qui marque le vrai lancement de la Grande Terreur, dont elle deviendra synonyme.

À court terme, Staline veut fournir à la population des boucs émissaires aux difficultés du quotidien, en rejetant tout le mal sur une pléthore de « saboteurs ». Au-delà, il renforce son pouvoir absolu en liquidant la vieille garde bolchevique, qui sait son faible rôle dans la révolution, et en brisant les réseaux clientélistes et les fiefs personnels que se sont taillés les ministres, les membres du Politburo, ou bien, à tous les échelons, les responsables locaux du Parti et les directeurs de Goulag. Les cadres compétents et les techniciens, qui osent souvent contredire ses objectifs politiques irréalistes, sont aussi particulièrement visés[3].

Enfin, Staline entend éliminer radicalement tous les éléments socialement suspects, et tous les mécontents suscités par sa politique. Alors que les tensions diplomatiques s’accumulent en Europe depuis l’avènement de Adolf Hitler, et que le déclenchement de la guerre d'Espagne en juillet 1936 fait craindre un conflit général, il s’agit d’éliminer tout ce qui pourrait constituer une « cinquième colonne » de l’ennemi en cas d'invasion.

Pour lancer et développer cette terreur de masse, Staline bénéficie du soutien indispensable de ses fidèles, mais aussi du zèle indéniable de nombreux responsables locaux, de bien des policiers et bureaucrates enthousiastes, ou de bien des simples citoyens délateurs.

En 1939, à l’arrêt des Grandes Purges - autrement appelée la Grande Terreur - Staline a éliminé les dernières sphères d’autonomie dans le parti et la société, et imposé définitivement son culte et son pouvoir absolu. Il a pris ce faisant le risque de désorganiser gravement son armée et son pays, alors même que la guerre approche.

La dictature de Staline (1929-1953) et son culte de la personnalité

Icône de détail Articles détaillés : Stalinisme et Histoire de l'URSS sous Staline.

Staline mit en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre un véritable culte de la personnalité (il était appelé le « petit père des peuples » - l'expression « petit père » étant d'un usage ancien et commun en Russie, notamment utilisée par les serfs envers leur seigneur) et la répression, s'appuyant notamment sur le NKVD, police politique toute puissante.

Selon certaines estimations[réf. nécessaire], entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes « contre-révolutionnaires »; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation. Le haut encadrement de l'Armée rouge ne fut pas plus épargné (affaire Toukhatchevsky) et subit une épuration qui devait affaiblir l'URSS pendant le début de la Seconde Guerre mondiale.

Le pacte germano-soviétique de 1939

Icône de détail Article détaillé : Pacte germano-soviétique.

Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l’Est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte germano-soviétique avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'Est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie, la Bessarabie et la Finlande à l'Union soviétique, tandis que l'Ouest de la Pologne et de la Roumanie ainsi que la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union soviétique le 17 suivant. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci tente d'envahir la Finlande le 30 novembre : c'est le début de la