Télévision

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Le terme télévision regroupe l'ensemble des technologies, techniques et métiers destinés à produire, diffuser, recevoir des programmes (émissions, films et spots publicitaires) comprenant du son et de l'image. La transmission de ces programmes peut se faire par ondes radioélectriques ou par réseau câblé. Ils sont reçus et transcrits sur un poste récepteur appelé téléviseur (ou, par métonymie, une télévision ou « télé »), au fur et à mesure de leur réception.

Les premières étapes de la vision à distance par l'électricité ont été les télectroscopes. La télévision, telle qu'on la connaît aujourd'hui, est également tributaire d'un réseau économique (publicité, redevance), politique et culturel (langues nationales ou régionales, genres et formats.

Un téléviseur de 1958

Sommaire

Histoire

Les techniques de télévision

La télévision est un moyen de diffuser par un courant électrique (ligne) ou par une onde (voie hertzienne), de manière séquentielle, les éléments d'une image analysée point par point, ligne après ligne. À l'origine, un mécanisme permet l'exploration d'un ensemble de cellules photoélectriques (mosaïque). Plus tard, le balayage (scanning) de la mosaïque s'effectue par un mince faisceau d'électrons (analyse cathodique) et la première mosaïque composée d'éléments de sélénium est décrite, en 1877, par George R. Carey (Boston, États-Unis).

Inspiré par le Pantélégraphe de Caselli (1856)[1], le principe du balayage apparaît en 1879, dans un projet de « télectroscope » de Constantin Senlecq, notaire dans le Pas-de-Calais : un mécanisme de pantographe explore la face arrière d'un verre dépoli sur lequel est projetée l'image d'un objet.

Un téléviseur portatif

En 1884, l'ingénieur allemand Paul Nipkow dépose un brevet de « télescope électrique » (Elektrische Teleskop). Un disque, percé à sa périphérie de trous disposés selon une spirale centripète, analyse en tournant les brillances d'une ligne de l'image transmise par un objectif. Le décalage des trous permet de passer d'une ligne à l'autre. Dans ces divers cas, le caractère réversible de chacun des procédés doit assurer la reproduction de l'image.

En 1891, Raphael Eduard Liesegang publie l'ouvrage : Beiträge zum Problem des electrischen Fernsehens (Contribution sur la question de la télévision électrique). L'ouvrage R.W. Burns, Television, an international history of the formative years, The Institution of Electric Engineers, London, 1998 ne mentionne pas Liesegang mais il dit que Rosing (cité ci-dessous) reconnaît sa dette envers lui.

En 1907, le russe Boris Rosing dépose un brevet qui propose d'utiliser un tube cathodique perfectionné en 1898 par Ferdinand Braun, pour reproduire une image analysée par des moyens électromagnétiques. L'année suivante un Anglais, Campbell-Swinton, propose l'utilisation du tube cathodique à l'analyse et à la reproduction de l'image. Aucun de ces projets ne mentionne la reproduction du mouvement.

Ces projets conduisent un Russe émigré aux États-Unis, Vladimir Zworykin, à déposer en 1923 un brevet de télévision « tout électronique » (all electronic), alors qu'en Grande Bretagne Logie Baird obtient une licence expérimentale en 1926 pour son televisor[2]. Les années 1930 allaient alors être marquées par des tentatives diverses d'émissions en Europe (surtout la BBC en Grande-Bretagne) et aux États-Unis mais la bataille entre les différentes licences et techniques utilisées d'une part et la Seconde Guerre mondiale d'autre part, allaient retarder l'avènement de la télévision comme média populaire.

Les États-Unis, sortants grands gagnants de la guerre, furent les premiers à imposer une normalisation technique qui permit une progression rapide des stations d'émission et une progression fulgurante du parc de récepteurs (30 000 en 1947, 157 000 en 1948, 876 000 en 1949, 3,9 millions en 1952[3]). "L'année 1949 est [alors] celle de l'explosion. La grille des programmes de l'automne abonde en émissions en tous genres, annonciatrices de ce que nous pouvons voir à l'écran aujourd'hui : fictions comiques et dramatiques, théâtre, films, sport et, bien sûr, variétés et jeux de connaissance générale richement dotés"[4].

En 1957, le pape Pie XII proclama que Claire d'Assise était la sainte patronne de la télévision. [5]

La télévision en France

Technique

Principes de base

Standards de diffusion

Moyens de diffusion

Différents moyens de diffusion peuvent être utilisés :

Moyens de réception


Télévision et société

Le média de masse dominant

« Aux États-Unis, le nouveau médium a évincé la radio et le cinéma pour s'imposer comme la forme de divertissement populaire standard dans les années 1950 ; pays prospère, la Grande-Bretagne a suivi dans les années 1960 » rapporte l'historien Eric Hobsbawm[6].

Actualité et média

Un téléviseur LCD à écran plat

La télévision est dans la société occidentale l'un des principaux médias d'information, le journal de 20 heures enregistre de très fortes audiences mais cette portée médiatique n'est pas toujours à la hauteur de sa réputation. Certains sont insatisfaits des analyses qu'ils trouvent superficielles, d'autres y voient parfois une certaine partialité des propos des journalistes, et le choix des informations peut être le témoin, voire l'amplificateur, d'une certaine obsession planant autour d'un sujet. Par exemple, le sujet du 11 septembre a martelé les écrans pendant plusieurs jours alors que d'autres conflits importants n'ont pas été abordés (notamment sur TF1, France 2, France 3 et M6).

La véracité des propos tenus dans un journal télévisé est présumée, mais les détracteurs émettent des réserves : les rapports économiques et financiers qu'entretiennent les chaînes télévisées avec le reste du monde peuvent biaiser l'authenticité et les faire se heurter à certaines formes de censure ; les journalistes étant dépendants de ces informations, il est possible qu'une entité fasse pression sur eux pour qu'ils n'ébruitent pas un scandale, au mépris de la transparence et de la qualité de leur compte rendu.

Critiques de la télévision

Plusieurs types de critiques sont adressées à la télévision.

La qualité des programmes

  • Les chaînes de télévision sont accusées de céder à la facilité en ce qui concerne les programmes diffusés, au détriment de la qualité.
  • La neutralité des programmes de télévision est considérée comme discutable par certains, la faisant participe autant à la désinformation qu'à l'information des spectateur.
  • Les séries télévisuelles sont accusées par certains d'être des fictions qui s'inspirent de la réalité, parfois uniquement de la réalité d'un certain milieu où les gens ne se fréquentent qu'entre eux, elles peuvent partiellement déformer le sens des réalités des téléspectateurs ou provoquer des frustrations de par ce décalage illusoire.
  • Les chaînes de télévision ont été accusées de propager la vulgarité et le voyeurisme, notamment lors de l'apparition des émissions de télé-réalité.
  • La télévision est accusée par certaines associations d'être une machine fonctionnant au service des grandes entreprises diffusant des spots de publicité (les "annonceurs"). La déclaration de Patrick Le Lay, président de la première chaîne française TF1 sur son rôle de vente de "temps de cerveaux disponible" aux annonceurs a été interprétée par ces associations comme un aveu de la réalité de la télévision. Le Lay avait déclaré en juillet 2004 : "dans une perspective 'business', soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. […] Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible."[7]
  • La logique mercantile de la télévision expliquerait, selon ses critiques,la réduction au cours des dernières années de la durée de chaque plan. Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, écrit, dans la page Débat du journal Le Monde du 24 août 2008, que chaque plan "excède désormais rarement dix secondes.", ce qui contribue à "placer l'esprit du téléspectateur sous tutelle, dans un état de fascination télévisuelle." Celà nuit par ailleurs selon lui au fond des émissions : "A la télévision, couper l'image est un moyen très efficace de couper la parole, voire de détruire la pensée ou de noyer le poisson... Ce saucissonage des plans rend difficile la production d'une pensée qui ait un peu de continuité. Chaque intervention ne dure pas plus d'une ou deux minutes et se voit elle-même découpée en tranches de 5 secondes"[8]

L'impact des programmes sur les spectacteurs

  • Plusieurs études scientifiques ont montré que la télévision altère le sommeil des enfants, par des heures irrégulières ou tardives de coucher ou en provoquant de l'excitation avant le coucher[9]. Une étude scientifique publiée en 2008 concernant l'impact de la télévision sur les jeunes enfants (4 à 35 mois) montre que "les enfants de moins de 3 ans regardant beaucoup la télévision auraient un sommeil agité, se réveillant plusieurs fois dans la nuit. Pour l'auteur de l'étude, le problème posé est de grande importance, car beaucoup de parents utilisent la télévision pour endormir leurs enfants"[10]. En France, la Caisse d'allocations familiales dispense le conseil suivant : "La télévision est une dévoreuse de temps de sommeil : les films ou feuilletons du soir retardent le coucher et les dessins animés du mercredi, du samedi et du dimanche matin incitent l’enfant à se lever".[11]
  • La télévision est dangereuse pour le développement des bébés. En France, la direction générale de la santé (DGS) a publié un avis négatif sur les chaînes de télévision pour enfant, consécutif aux travaux du groupe d’experts réuni le 16 avril 2008 [12]. Les associations familiales et syndicats d'enseignants réunis dans le Collectif interassociatif enfance et media [13], rappellant que les chaînes de télévision destinées aux bébés représentaient un danger pour leur santé et leur développement intellectuel et émotionnel, ont demandé aux pouvoirs publics l'interdiction des chaînes Baby TV et Baby first[14] [15].
  • La télévision est accusée de banaliser ou de susciter la violence.
  • La télévision est accusée de développer des comportements passifs. Mais aussi, à travers des conséquences associées (grignotage, manque d'activité physique), une dégradation des conditions physiques.

Le temps consacré à ce loisir

  • La télévision est accusée, du fait de son attractivité, de monopoliser le temps de loisirs,notamment des jeunes, au détriment des autres fomes de loisirs (lecture, travaux manuels, jeux, sport, activités de plein air, sociabilité).
  • La télévision est accusée d'être un loisir passif qui ne développe pas les qualités personnelles, l'imagination, etc.
  • Le programme télévisuel peut être un moyen, chez le spectateur, de fuir la réalité, qui, de moment de détente, peut mener à l'accoutumance. La consommation des programmes télévisés chez les Européens peut prendre, suivant le profil des téléspectateurs, plusieurs heures par jour. Cette dépendance pour la télévision, si elle est ajoutée au sentiment d'insécurité (souvent entretenue par les médias), peut conduire les plus sensibles à rester chez eux, et à s'isoler.
  • La télévision - et l'attention qu'elle réclame - a été accusée de nuire au dialogue au sein des foyers.

Défense

Sur la qualité des programmes

Cependant, certaines personnes refusent de critiquer la télévision dans son intégralité et voient en ce média un objet-clé de la culture populaire, à l'origine de nombreuses productions "cultes" ou tout simplement de qualité. Ces mêmes personnes dénoncent à leur tour la stigmatisation systématique de l'objet télévisuel, qu'ils relient à une forme de politiquement correct bourgeois-bohème élitiste et généralisateur, visant à rendre la culture inaccessible aux couches populaires en répandant l'idée d'une télévision abrutissante par nature.

Les défenseurs de la télévision "de qualité" mentionnent également la présence, quel que soit le média rencontré, d'un pourcentage inévitable de contenu "trash" ou racoleur. Ainsi, s’ils reconnaissent que la télévision diffuse en effet certains programmes débilitants ("Télé poubelle"), ils dénoncent le fait que la presse ou la radio soient vus comme des médias "respectables" alors que l'on y retrouve, dans les deux cas, le même type de contenu de piètre qualité.

De la même manière, les accusations visant à faire de la télévision le bouc émissaire de la propagation de critères de beauté, notamment chez les adolescentes, ne prennent pas en compte de nombreux autres vecteurs, tels que la presse (et ses dossiers "restez minces" bien que ce soit bon pour la santé), les affiches publicitaires ou le cinéma.

Ainsi, ces "défenseurs de la télévision" (qui précisent bien combattre la critique systématique de la TV, et non un certain regard critique sur les programmes de mauvaise qualité jugés nécessaires, et qu'ils reconnaissent) mentionnent, à juste titre, l'existence d'un grand nombre de programmes de qualité, diffusés sur le satellite ou les ondes hertziennes, qui sont autant de monuments de la culture populaire, mais également de documentaires et d'émissions de très bonne facture.

Pour conclure, ces personnes expliquent la multiplication des programmes racoleurs à l'antenne à la fois par l'existence d'une certaine demande, présente un peu partout dans notre société et dans n'importe quel média, mais aussi par un syndrome de lynchage de l'objet télévisuel perpétré par les détenteurs d'un politiquement correct bourgeois-bohème visant à nier en bloc l'existence de programmes de qualité et à limiter l'accès à la culture à une classe urbaine et relativement aisée. Ainsi, la propagation de l'idée d'une télévision stupide "par nature" entraîne selon eux une dévalorisation inconsciente des programmes, qui, vicieusement, pousse les responsables des grandes chaînes (toujours selon l'idée d'un objet systématiquement abrutissant) à poursuivre la multiplication des programmes stupides et racoleurs.

Selon ces personnes, il faudrait donc revaloriser l'objet télévisuel, en le considérant, au même titre que n'importe quel autre média, comme vecteur potentiel de programmes de qualité, phénomène qui aurait tendance, en accord avec les récents sondages d'opinion très critiques envers les programmes (seulement 1/3 des téléspectateurs satisfaits) à améliorer la qualité des émissions.

Notes et références

  1. Albert, Pierre et Tudesq, André-Jean, Histoire de la radio-télévision, Paris, Presses universitaires de France, 1981, p.61
  2. Albert, Pierre et Tudesq, André-Jean, Histoire de la radio-télévision, Paris, Presses universitaires de France, 1981, p.63
  3. Albert, Pierre et Tudesq, André-Jean, Histoire de la radio-télévision, Paris, Presses universitaires de France, 1981, p.67
  4. Winckler, Martin, Séries télé. De Zorro à Friends, 60 ans de téléfictions américaines, Paris, Flammarion, Librio Références, 2005, p.12-13.
  5. Lettre apostolique du pape
  6. Eric Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle, 1914-1991, Complexe, 2003, p. 647.
  7. Par exemple cité dans une conférence de l'université d'Orléans
  8. Christophe Girard, "Pour une télé-vision de la télévision", in Le Monde, 24 août 2008, page 12
  9. Parmi d'autres études, celle publiée en 2005 dans la revue américaine Pediatrics [1] et la position de l'America academy of pediatrics en 2001 [2]
  10. Etude du Dr. Dimitri Christakis, de l'Université de Washington, publiée en 2008 [3]
  11. Les Infos Familiales (journal de la CAF) n°177, 17 septembre 2007 [4]
  12. Avis de la DGS reproduit sur le site de l'UNAF
  13. Notamment les Associations familiales catholiques, la Confédération syndicale des familles, le Conseil français des associations pour les droits de l'enfant, le Conseil national des associations familiales laïques, Familles de France, les Scouts de France, la PEEP et la FCPE, le SGEN-CFDT, la Ligue de l'enseignement, le Syndicat des enseignants (SE-UNSA), le SNES, le SNUIPP/FSU, l'Union Nationale des Associations Familiales et l'UNAPEL..
  14. Famille et Education magazine n°470, janvier/février 2008, page 14
  15. Communiqué du CIEM faisant référence à l'avis de la DGS

Voir aussi

Bibliographie

Filmographie

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Liens externes

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