|
Article on other languages:
|
La Suisse, ou la Confédération suisse pour les usages officiels, est un pays d’Europe de l'Ouest sans accès à la mer entouré par l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche et le Liechtenstein. Elle a quatre langues nationales : l'allemand (die Schweiz), le français, l'italien (Svizzera) et le romanche (Svizra). Elle est constituée de la fédération des 26 cantons suisses. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire et abrite de nombreuses organisations internationales.
Confédération suisse ou helvétique ?La Suisse est appelée Confédération suisse (Schweizerische Eidgenossenschaft en allemand, Confederazione svizzera en italien, Confederaziun svizra en romanche et Confoederatio helvetica en latin[6]) depuis 1803. Cette désignation est utilisée pour la première fois en allemand dans un document datant de la guerre de Trente Ans (1618-1648).[6] Elle ne devient cependant courante qu'au XVIIIe siècle où elle n'est alors ni officielle ni unique, puisque les appellations Corps helvétique, Magna Liga, Ligues et Helvetia sont également utilisés pour la désigner[6]. On ne retrouve pas non plus l'appellation « Confédération suisse » dans l'Acte de médiation de 1803, bien que Bonaparte porte à cette occasion le titre de « Médiateur de la Confédération suisse ». La première occurrence légale se trouve dans l'article 15 du pacte fédéral de 1815 : « les XXII Cantons se constituent en Confédération suisse », nom qui ne fut plus modifié depuis lors[6]. Aujourd'hui, en ce qui concerne l'usage du terme Confédération helvétique, dans la liste des dénominations d'États publiée par la Confédération suisse, il est précisé que ce terme est inapproprié.[7] HistoirePeuplé dès la préhistoire, c’est à l’époque celtique grâce aux Helvètes surtout, que le territoire suisse franchit le seuil de l’histoire. En 58 av. J.-C. les Helvètes, poussés par la pression migratoire des tribus germaniques, tentèrent de s’installer dans le sud-ouest de la Gaule, mais, battus à Bibracte par les armées de Jules César, ils sont reconduits sur leur territoire d'origine. Largement christianisé, le territoire suisse fut occupé par les Burgondes et les Alamans au Ve siècle. Incorporé successivement aux royaumes de Bourgogne, des Francs, puis à l’empire carolingien, il fut rattaché au XIe siècle, à la chute du royaume de Bourgogne transjurane, au Saint-Empire romain germanique. Il fut alors le théâtre de dures luttes féodales. La date de 1291 fut choisie à la fin du XIXe siècle comme date de naissance de la Suisse, car c'est celle du pacte fédéral, le plus vieux document écrit connu parlant d'une alliance entre des cantons suisses : Uri, Schwyz, qui donnera son nom au pays, et Nidwald[8],[9] (vallée inférieure d'Unterwald). Ce texte était le renouvellement d'une alliance antérieure unissant ces trois cantons. Ces cantons confirmèrent leur volonté de liberté après la bataille de Morgarten contre l'armée du Saint-Empire romain germanique, en 1315, par le pacte de Brunnen. Les territoires avoisinants, Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne se rapprochèrent d'eux au XIVe siècle, fondant ce que l'on appelle aujourd'hui la confédération des VIII cantons. Le XVe siècle fut parsemé de conquêtes et vit la Confédération atteindre le Rhin et la Suisse romande, tout en s’alliant avec les territoires environnants (Valais, Appenzell, Saint-Gall, Ligues grises (canton des Grisons) et Fribourg. Elle participa finalement aux guerres de Bourgogne. Enfin, à la suite des guerres de Souabe en 1499, les cantons furent indépendants de facto du Saint Empire. Ce n’est qu’aux traités de Westphalie en 1648 que cette indépendance fut reconnue. La fin du XVe siècle vit une première opposition entre les villes et campagnes qui aboutit finalement au convenant de Stans (1481), avec l'aide de Nicolas de Flue, qui ouvrit la porte à cinq nouveaux cantons : Fribourg, Soleure, Appenzell, Bâle et Schaffhouse. Ainsi, au début du XVIe siècle, la confédération des XIII cantons est née. Elle renforce ses alliances locales (Bienne, Saint-Gall et Neuchâtel) et étend ses possessions au Tessin et dans le canton de Vaud. Les guerres d'Italie et surtout la bataille de Marignan (1515) sonnent la fin de ses activités militaires hors de son territoire. Seuls les mercenaires suisses feront désormais parler d’eux sur les champs de bataille européens et au Vatican. Déchirée par la Réforme, les guerres de religion : Première et deuxième guerre de Kappel (1529, 1531), Première guerre de Villmergen (1656), Deuxième guerre de Villmergen (1712), occupent la politique intérieure. La démocratie des premiers temps a laissé la place à des gouvernements oligarchiques bloquant toute réforme. L’invasion française de 1798 libère les pays sujets et réforme profondément la Suisse en en faisant un État unitaire : la République helvétique. Devant les troubles incessants, Napoléon impose l’Acte de médiation de 1803, rétablissant les cantons (Vaud, Argovie, Thurgovie et Saint-Gall devenant alors des cantons à part entière) tout en retirant Neuchâtel, Genève et le Valais qui redeviennent éphémèrement indépendants puis sont intégrés à l’Empire. En 1814 et 1815, la Restauration crée un premier État fédéral, formé de 22 cantons et neutre grâce à l’« Acte de reconnaissance de la neutralité perpétuelle de la Suisse » rédigé par Charles Pictet de Rochemont, un diplomate suisse (20 novembre 1815) et bientôt signé par tous les gouvernements d’Europe. Les luttes entre les conservateurs et les libéraux-radicaux aboutissent à la guerre du Sonderbund en 1847 et à la victoire de ces derniers. La fin du siècle voit l’apparition de l'État fédéral qui abolit les frontières intérieures, impose une monnaie unique et une armée de milice fédérale. La première constitution fédérale, acceptée le 12 septembre 1848 met en place les bases politiques de la Suisse. Elle est révisée en 1874 pour y ajouter le droit de référendum puis en 1891 celui d'initiative populaire. Le début du XXe siècle voit la suite du travail législatif : un code pénal, puis un code civil fédéral sont créés. La Suisse échappe aux deux guerres mondiales et devient peu à peu le siège de nombreuses organisations internationales. C’est en février 1971 que les Suisses, après plusieurs refus, acceptent avec 65,7% de oui la participation des femmes à la vie politique fédérale. L'adhésion de la Suisse et son intégration aux principales organisations internationales (Conseil de l'Europe en 1963, Organisation des Nations unies le 10 septembre 2002) se fait également avec un décalage par rapport à ses voisins. PolitiqueFédéralismeLa Suisse est constituée de 26 cantons : Appenzell Rhodes-Extérieures, Appenzell Rhodes-Intérieures, Argovie, Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Berne, Fribourg, Genève, Glaris, Grisons, Jura, Lucerne, Neuchâtel, Nidwald, Obwald, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwytz, Soleure, Tessin, Thurgovie, Uri, Valais, Vaud, Zoug et Zurich. Les cantons sont souverains selon leur constitution respective. La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons est formalisée dans la constitution fédérale. Celle-ci précise les limites de leur souveraineté. Certaines compétences sont attribuées explicitement aux cantons ou à la Confédération. Ce qui n'est pas explicitement délégué à la Confédération est du ressort des cantons. La superficie des cantons varie entre 37 et 7 105 km² et leur population de 15 000 à 1 261 000 habitants (2004). Chaque canton est divisé en communes. De nombreux cantons ont une subdivision intermédiaire nommée district. Chaque canton dispose de sa propre constitution. La Constitution fédérale garantit leur autonomie : ils prélèvent des impôts et adoptent des lois dans tous les domaines qui ne relèvent pas de la compétence de la Confédération. Un certain nombre de domaines sont ainsi gérés uniquement au niveau cantonal. On y trouve par exemple l’éducation (sauf les universités fédérales), la gestion des hôpitaux (sauf les hôpitaux communaux et privés), la construction et l’entretien de la majorité des routes (sauf les autoroutes et routes nationales) et la police (contrairement à l’armée), d’autres charges sociales ou encore le contrôle de la fiscalité. La souveraineté des cantons se limite donc à certains domaines et est en outre toujours limitée par le principe de la primauté du droit fédéral, ou force dérogatoire du droit fédéral (contrairement à l’équipollence des normes en vigueur en Belgique). Les cantons ont tous leur propre parlement (appelé dans la plupart des cantons francophones Grand Conseil) et leur gouvernement (appelé dans la plupart des cantons francophones Conseil d’État). La structure politique de la Suisse est composée du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. Chaque canton définit la composition et le fonctionnement des trois pouvoirs. En principe, il appartient aux cantons d'appliquer non seulement le droit cantonal, mais aussi le droit fédéral (fédéralisme d'exécution, contrairement aux États-Unis et à la Belgique). Confédération
L'Assemblée fédérale, le parlement suisse
Le pouvoir législatif est exercé par l’Assemblée fédérale, qui est formée de deux chambres : le Conseil national (200 membres), formé des représentants du peuple, et le Conseil des États (46 membres). Au Conseil national, le nombre de sièges par canton est proportionnel à sa population. Au Conseil des États, les cantons possèdent 2 sièges, à l’exception des cantons d’Obwald, Nidwald, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Appenzell Rhodes-Extérieures et Appenzell Rhodes-Intérieures qui ont un siège ; ils étaient appelés « demi-cantons » sous l’empire de la constitution de 1874 aujourd’hui remplacée par celle de 1999. Les membres du Conseil national sont élus pour 4 ans, tandis que le mandat des membres du Conseil des États dépend du droit cantonal. Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, formé de 7 membres (conseillers fédéraux), et de l’administration fédérale qui lui est subordonnée. Les membres du Conseil fédéral sont élus pour 4 ans par l'Assemblée fédérale, qui, en règle générale, reconduit les candidats sortants si ces derniers désirent poursuivre leurs fonctions. Cependant, cette règle tacite a été mise à mal lors de l'élection de décembre 2003 avec la non-réélection de la conseillère fédérale démocrate-chrétienne Ruth Metzler-Arnold, évincée au profit du candidat de l’Union démocratique du centre (UDC) Christoph Blocher, lui-même non réélu en 2007 et remplacé par Eveline Widmer-Schlumpf (UDC). Cette situation a donc modifié la répartition des sièges en fonction des partis politiques pour la première fois depuis l’introduction de la formule magique en 1959. Cette dernière vise à répartir les sièges du gouvernement fédéral proportionnellement au poids de chaque parti à l’Assemblée fédérale. Depuis 1959, et malgré la progression depuis le début des années 1990 de l’UDC, cette répartition n’avait jamais été modifiée et était composée comme suit : 2 sièges pour le Parti radical-démocratique (PRD), 2 pour le Parti démocrate-chrétien (PDC), 2 pour le Parti socialiste (PSS) et 1 siège pour l’UDC. Les élections fédérales de l’automne 2003 ayant confirmé la montée en puissance de l’UDC, les partis gouvernementaux se sont résolus, sous une certaine pression populaire, à revoir la répartition des sièges du Conseil fédéral. Il est désormais composé de 2 sièges pour le Parti radical-démocratique, 2 pour le Parti socialiste, 2 pour l'UDC et 1 pour le Parti démocrate-chrétien. Le Conseil fédéral fonctionne selon le principe de collégialité, ce qui signifie que les décisions sont prises le plus possible par consensus. Si tel n’est pas le cas, un vote a lieu parmi les 7 conseillers fédéraux. Selon ce principe, ceux qui s’opposent à une mesure qui est adoptée par le collège doivent tout de même défendre le projet au nom de celui-ci. Mais ce principe a connu quelques distorsions ces dernières années, notamment lors de campagnes précédant des votations populaires: un précédent plus ancien étant le refus de Kurt Furgler (PDC) de défendre la loi légalisant l'avortement devant le peuple pour des raisons de conscience, ce qui n'a pas empêché le souverain de l'adopter. Un président de la Confédération est élu parmi les conseillers fédéraux. Il est élu pour une année par l'Assemblée fédérale. Son rôle est principalement symbolique et médiatique. Traditionnellement, les conseillers fédéraux sont élus président chacun à leur tour, en fonction de leur ancienneté. Le pouvoir judiciaire est exercé par les tribunaux fédéraux. Une particularité de la démocratie suisse est que le peuple garde en permanence un contrôle sur ses élus, car la Suisse est une démocratie que l’on peut qualifier de semi-directe, dans le sens où elle a des éléments d'une démocratie représentative (élection des membres des parlements ainsi que des exécutifs cantonaux) et d’une démocratie directe. En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d’agir sur un acte décidé par l’État : il s’agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l'initiative populaire qui est le droit d'une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l’adoption, la révision, ou l’abrogation d'une disposition constitutionnelle.
GéographieReliefLe Jura, le Plateau et les Alpes sont les trois régions géographiques principales de la Suisse. La topographie, notamment la barrière que forment les Alpes (62,5 % du territoire), est à l'origine d'une grande variété de paysages et de climats. HydrographieLa Suisse est située sur la ligne de partage des eaux de quatre bassins versants. Celui du Rhin couvre la plus grande partie du pays et celui du Rhône couvre le Valais, la partie sud du canton de Vaud, Genève et une partie du canton du Jura. Cependant, des régions de Suisse appartiennent aussi aux bassins du Danube (la haute vallée de l'Inn dans les Grisons), du Pô et de l'Adige en Italie (le canton du Tessin avec notamment la rivière Tessin mais aussi quelques petites vallées des Grisons, avec les rivières Poschiavino, Maira et Rom (Val Müstair) ainsi que la vallée de Simplon en Valais avec la rivière Diveria/Chrummbach). Ainsi les eaux coulant en Suisse peuvent se diriger vers la mer du Nord, la mer Méditerranée occidentale, la mer Adriatique ou la mer Noire. Pour cette raison, on parle parfois de la région du Gothard comme du « château d'eau de l'Europe ». ClimatLe climat est varié (et parfois extrême) en raison des variations d'altitudes et d'exposition, ainsi que par les micro-climats induits par la végétation, l'albédo ou les grands lacs. La Suisse, selon un rapport officiel de 2007[10], est un pays notamment exposé aux conséquences du changement climatique, en raison de l'importance de ses glaciers, lesquels reculent et vont encore reculer et peut-être disparaître d'ici 100 ans[11]. Le risque d'inondation, coulée de boue, glissement de terrain ou chute de pierre augmente. Des cartes de danger sont faites (fin 2007) pour 30 % du territoire. Le nombre de jours de canicule (Température > 30 °C) a fortement augmenté[12], passant au Tessin d'une moyenne d'un à deux jours par an dans les années 1960 à presque 15 aujourd’hui. De même sur le plateau, avec une augmentation encore plus forte à Zurich et à Genève (4 fois plus de jours de canicules depuis les années 1960). Les hivers se réchauffent aussi, avec moins de jours d’enneigement, surtout à moins de 1500 mètres. Les chutes de neige sont plus tardives, y compris à haute altitude, ce qui peut avoir un impact sur le tourisme et les sports d'hiver (En 2005, 20 % environ des pistes ont dû recevoir un enneigement artificiel qui n'est pas sans conséquences sur la gestion de l'eau). Au début des années 2000, la floraison des cerisiers était en moyenne plus précoce de 15 à 20 jours qu'en 1950. Les cours d'eau du Plateau suisse se réchauffent depuis les années 1960 et l'eau y dépasse 18°C un nombre de jours croissant par an, avec en parallèle une régression des truites de rivière qui ont besoin d'eau froide et riche en oxygène. Villes
Vue aérienne du centre ville de Zürich
Zurich, plus grande ville de Suisse avec 370 062 habitants[13], se trouve au nord-est du pays à l'extrémité nord du lac de Zurich. C'est la capitale économique et la principale place bancaire du pays. L'École polytechnique fédérale de Zurich s'y trouve. La ville est desservie par le principal aéroport ainsi qu'un performant réseau de voies ferrées et quelques autoroutes. Avec 360 000 passagers quotidiens la gare centrale de Zurich est très importante. Genève, deuxième ville du pays avec 185 862[14] habitants, se trouve à l'extrême ouest du pays à la pointe du lac Léman. L'agglomération se développe également de l'autre côté de la frontière en France. Genève est le siège de nombreuses organisations internationales, de banquiers privés et d'entreprises horlogères. Bâle, troisième ville avec 166 209[15] habitants, se trouve au nord-ouest du pays. L'agglomération se développe également de l'autre côté de la frontière en France et en Allemagne. La ville est traversée par le Rhin et dispose de l'unique port fluvial du pays. Nombreuses industries pharmaceutiques. Lausanne, quatrième ville avec 129 273[16] habitants, se trouve à l'ouest du pays au bord du lac Léman. Elle est le siège du tribunal fédéral, de l'École polytechnique fédérale de Lausanne et du Comité international olympique. Berne, cinquième ville avec 128 345[17] habitants, se trouve au centre-ouest du pays. C'est la ville fédérale (la capitale de la Suisse), elle abrite le palais fédéral et les principales institutions fédérales. La Suisse compte 2740 communes (2006)[18] PopulationLa croissance de la population suisse entre 2005 et 2010 devrait être de 0,4 %, indice de fécondité est prévu pour la même période à 1,42 enfants/femme, la mortalité infantile devrait être à 4,1 pour mille, l'espérance de vie des enfants nés et qui naîtront entre 2005 et 2010 pourront vivre en moyenne 81,7 ans, la population urbaine est de 75,2 %. Le nombre de médecins pour mille habitants est de 3.8, l'espérance de scolarisation moyenne en année est à 15,3, le 47 % des jeunes suivent une scolarisation au troisième degré.[19] LanguesLa Suisse est à la croisée de plusieurs grands pays européens qui ont influencé ses langues et ses cultures. La Suisse a quatre langues nationales : l’allemand (63,7% en orange) au nord et au centre, le français (20,4% en vert) à l’ouest, l’italien (6,5% en mauve) au sud, et enfin le romanche qui est une langue romane parlée par une petite minorité (moins de 0,5% en violet) dans le sud-est du canton des Grisons. La plupart des Suisses parlent plus d’une langue. L’allemand est la langue la plus répandue. 17 cantons sur 26 sont unilingues allemands. La population germanophone parle généralement l'un des nombreux dialectes suisses allemands ou Schwyzerdütsch, lesquels jouissent d'une grande valorisation sociale, y compris dans les centres urbains. L’usage de l’allemand standard – Hochdeutsch ou « bon allemand » – est limité aux situations les plus formelles. Dans le milieu scolaire, afin d’élever le niveau d’allemand des élèves qui généralement préfèrent parler le dialecte, plusieurs cantons alémaniques (dont Zurich, Schwytz, Uri et Zoug) ont imposé l’usage systématique du Hochdeutsch, et les professeurs sont tenus de s’exprimer exclusivement dans cette langue. À de rares exceptions près (comme les messages publicitaires), tous les écrits sont en allemand standard. Le français est parlé dans l’ouest du pays, région généralement appelée Suisse romande. Quatre cantons sont unilingues français (Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud), trois sont officiellement bilingues français-allemand : Fribourg, Valais et Berne. Les dialectes arpitans sont encore pratiqués localement, notamment en Valais et dans le canton de Fribourg, mais ils ont presque disparu dans l’usage quotidien. Quant à l’italien, il est parlé dans le canton du Tessin (Ticino en italien) et quelques vallées méridionales des Grisons. L’usage du dialecte tessinois, apparenté aux parlers lombards, y demeure très vivant. Le romanche n’a pas le même statut que l’allemand, le français et l’italien. Selon l’alinéa 1 de l’article 70[20] de la constitution fédérale, les langues officielles de la Confédération sont l’allemand, le français et l’italien. Le romanche est aussi langue officielle pour les rapports que la Confédération entretient avec les personnes de langue romanche. L’anglais est souvent et de plus en plus utilisé dans le monde du travail, y compris par l’administration. Il n’a pourtant aucune reconnaissance officielle. Enfin le latin sert parfois lorsqu'il faut désigner dans une seule langue des institutions suisses : Confœderatio helvetica (CH), Pro Helvetia, Pro Natura, Pro Infirmis, etc. La majorité des formations supérieures ne sont enseignées que dans l'une des deux langues principales (allemand ou français) en raison de leur emplacement dans l'une ou l'autre des régions, dans une seule (allemand pour la formation de vétérinaire) ou encore ont lieu dans plusieurs langues mélangées : professeurs et étudiants parlent leur langue maternelle (diplôme d’expert en assurances de pensions). Dans les chambres parlementaires au niveau fédéral, les députés s'expriment dans leur langue maternelle. ReligionsLa plus grande religion du pays est le catholicisme, avec 42 %[21] de la population en 2000. La deuxième religion est l'Église évangélique réformée, avec 33 %[21] de la population. Généralement, les cantons se réclament de l'une des deux confessions. L'islam est la troisième religion ; les musulmans ont plus que décuplé leurs effectifs en moins de 30 ans, et actuellement ils comptent 4 %[21] de la population. La proportion des habitants se déclarant sans religion a aussi fortement augmenté dans les dernières décennies ; ils sont 11 %[21] actuellement. Population étrangèreLa population étrangère représente 21,9 % de la population de la Suisse, l’un des taux les plus élevés d’Europe[22]. Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies, le Rapporteur spécial a fait le constat principal de la réalité d’une dynamique de racisme et de xénophobie en Suisse, et une partie de la population étrangère serait touchée par un certain racisme en Suisse. Selon le document de Doudou Diène[23], les personnes les plus touchées sont les étrangers d’origine extra-européenne, notamment les Africains, les Arabes et les Asiatiques. Le Conseil fédéral a pris note du rapport et a déclaré « qu’on ne peut pas, à partir de cas particuliers, tirer des conclusions générales quant à l’existence d’une "dynamique de racisme et de xénophobie en Suisse" » comme le dit le rapport de l’ONU[24]. Contredisant le Conseil fédéral, dans une autre étude récente conduite par l’Université de Genève avec le soutien du Fond national suisse de la recherche scientifique, plus de 50 % de la population Suisse se dit xénophobe.[25] Toutefois 77 % de la population voudrait que les étrangers soient mieux intégrés et 55 % voudrait une naturalisation facilitée, ce qui est paradoxal mais qui montre également l’ambivalence de la population suisse par rapport aux autres populations. Il faut également noter que dans certains cantons, le droit de vote est accordé aux étrangers. La disposition constitutionnelle leur donne parfois même le droit d’éligibilité. ÉconomieL’économie suisse figure parmi les plus prospères et les plus développées du monde malgré le fait que la Suisse soit très pauvre en matières premières et ne dispose pas d'énergies fossiles. Orienté vers les services, comme les banques et les assurances, ainsi que la mécanique de précision, le pays produit surtout des biens à forte valeur ajoutée. Le niveau de vie est l’un des plus élevés du monde. De plus, sa stabilité et sa neutralité ont attiré bon nombre de capitaux étrangers et d’organisations internationales comme l’ONU. Le secteur tertiaire représentait en 2005 le 72,4 % du PIB et 295 622 entreprises, il emploie le 72,5 % de la population active; en 1960, il en occupait le 40 %.[26] Le secteur secondaire représentait en 2005 le 26,3 % du PIB et 76 927 entreprises, il emploie le 23,7 % de la population active; en 1960, il occupait le 25 % environ de la population.[27] Le secteur primaire représentait en 2005 le 1,3 % du PIB et 68 050 entreprises, il emploie le 3,8 % de la population active; en 1960, il occupait le 15 % de la population environ.[28] Après plusieurs années de croissance nulle ou faible[29], une reprise s’est fait ressentir dès 2004 avec une hausse réelle de 2,5%, puis 2,5% en 2005, 3,5% en 2006 et 3,1% en 2007. Le PIB s’établit à 509,2 milliards de francs suisses. Pour 2008 et 2009, les prévisions de croissance sont de 1,9% et 1,3% respectivement, confirmant une reprise économique soutenue. Le taux de chômage reste particulièrement bas (à 2,8% pour 2007 et janvier 2008), et l’inflation relativement faible (0,7% pour 2007 et 2,4% pour février 2008), bien que variables selon les cantons. En Suisse, les dépenses publiques pour l'éducation atteignent le 6,1 % du PIB, la défense en vaut 1, et la dette administratives publiques 25,7 %.[30] ÉnergieLa Suisse n'est pas autosuffisante au niveau énergétique. Environ 80 % de l'énergie finale consommée dans le pays provient d'importations ; produits pétroliers, gaz ou combustible nucléaire. Les ressources énergétiques indigènes du pays sont les forces hydrauliques et le bois. La production d'électricité est principalement assurée par les installations hydroélectriques et les centrales nucléaires. ÉducationLes compétences des autorités fédérales suisses sont limitées en ce qui concerne l'école obligatoire, comprenant le primaire et le secondaire pour la partie qui concerne des élèves jusqu'à 16 ans. Dans ces secteurs, il est en conséquence peu approprié de parler d'un système éducatif suisse. En effet, même si des tentatives d'harmonisation ont d'ores et déjà abouti, il est légitime de considérer que la Suisse compte 26 systèmes éducatifs, soit un par canton. Concernant l'enseignement supérieur, l'offre de formation en Suisse est très importante. Elle se divise principalement en deux domaines, celui des hautes écoles et celui de la formation professionnelle supérieure.
TransportsDe par sa position géographique au centre de l'Europe, la Suisse possède un réseau routier et de chemin de fer dense (5 053 km de voies ferrées et 71 059 km de routes revêtues, dont 1 638 km d'autoroutes). La traversée des Alpes constitue un enjeu stratégique pour les transports européens puisque les Alpes (qui recouvrent une bonne partie du pays) séparent le Nord et le Sud de l'Europe. Depuis les débuts de l |