Chamonix-Mont-Blanc

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Vue du centre-ville de Chamonix
Vue du centre-ville de Chamonix


Détail


Détail

Administration
Pays
drapeau de la France
     France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Arrondissement de Bonneville
Canton Canton de
Chamonix-Mont-Blanc
(chef-lieu)
Code Insee 74056
Code postal 74400
Maire
Mandat en cours
Éric Fournier
2008-2014
Intercommunalité SIVOM Pays du Mont-Blanc
Site internet Chamonix-mont-blanc.fr
Démographie
Population 9 830 hab. (1999)
Densité 40 hab./km²
Gentilé Chamoniards
Géographie
Coordonnées
géographiques
45° 55′ 23″ Nord
         6° 52′ 11″ Est
/ 45.9230555556, 6.86972222222
Altitudes mini. 995 m — maxi. 4810 m
Superficie 245,46 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Chamonix-Mont-Blanc est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie dans la région Rhône-Alpes. Avec une population d'environ 9 800 habitants, la commune se classe au 865e rang national[1]. La commune de Chamonix-Mont-Blanc recouvre du nord au sud 16 villages ou hameaux : Le Tour, Montroc, Le Planet, Argentière, Les Chosalets, Le Lavancher, Les Tines, Les Bois, Les-Praz-de-Chamonix, Chamonix-Mont-Blanc, Les Pècles, Les Mouilles, Les Barrats, Les Pélerins, Les Gaillands, Les Bossons.

Chamonix entre dans l'histoire en 1091 lorsque le comte Aymon Ier de Genève fait dotation de la vallée à l'abbaye bénédictine de Saint-Michel de la Cluse, en Piémont. Des moines s'installent sur la rive droite de l'Arve. C'est la naissance du prieuré de Chamonix. La commune est un territoire du duché de Savoie qui fait partie des États de Savoie, eux-mêmes intégrés au royaume de Sardaigne. Puis sous la révolution française et l'empire napoléonien, elle devient un territoire français. Le 24 mars 1860, par le traité de Turin[2], le duché de Savoie est cédé à la France. Le 4 avril 1860, la commune de Chamonix devient alors définitivement française et a pris le nom de Chamonix-Mont-Blanc le 21 novembre 1921.

Enserrée entre les massifs montagneux des aiguilles Rouges et du mont Blanc, Chamonix partage, avec Saint-Gervais-les-Bains, le record de la commune ayant l'altitude la plus haute de France. Elle doit cette distinction à la présence sur son territoire du sommet le plus haut des Alpes : le mont Blanc qui culmine à 4 810 mètres[3]. La commune est très prisée des amateurs d'alpinisme et des sportifs de montagne en général. Le site du mont Blanc étant le troisième site naturel le plus visité au monde[4], cet atout touristique confère un visage très cosmopolite à la ville. Avec une superficie de 245,46 km2, Chamonix est la quatrième commune la plus étendue de France métropolitaine.

Sommaire

Géographie

Localisation

Vallée de Chamonix vue du sud. Au 1er plan Les Houches, au centre la ville de Chamonix et au fond l'aiguille Verte
Icône de détail Article connexe : À qui appartient le sommet du mont Blanc ? dans l'article mont Blanc

La commune se situe dans la partie septentrionale et occidentale des Alpes. D'une superficie totale de 24 546 hectares[5], elle s'est développée dans la vallée du même nom, au nord des Alpes, proche du point de concorde de frontière de la France, la Suisse et l'Italie. La vallée de Chamonix s'étend sur une étendue d'environ 17 km de long[5]. Elle comprend un bassin de vie de 13 733 permanents. Elle est bordée par le massif des aiguilles Rouges qui culmine à 2 965 mètres d'altitude et, sur le versant opposé, par le massif du Mont-Blanc qui pour sa part culmine à 4 810 mètres[3] grâce à la présence du sommet du mont Blanc, le sommet le plus élevé d'Europe occidentale. Elle a également une frontière commune avec la Suisse et Italie. Le centre de la ville de Chamonix, situé à 1 035 mètres d'altitude[5], est traversé par l'Arve, l'un des principaux cours d'eau du département de la Haute-Savoie. D'une longueur de 102 km, l'Arve prend sa source au col de Balme et se déverse dans le Rhône en Suisse à Genève[6]. La commune se situe ainsi dans ce que l'on appelle également la haute vallée de l’Arve[6].

Le sommet du mont Blanc, à 4 810 mètres, vu depuis le Brévent.

Chamonix-Mont-Blanc est la quatrième plus grande commune de France métropolitaine en superficie avec 245 km². Le sommet du mont Blanc (4 810,90 mètres[7]) est situé sur la limite de la commune, qui suit la ligne de crête sommitale, de l'arête des Bosses au mont Blanc de Courmayeur. De fait, le versant nord du sommet du mont Blanc, et donc le sommet lui-même pour moitié, se situent sur la commune de Chamonix. Pour le versant sud, la situation est différente selon le pays. L'Italie considère que la frontière passe par le sommet. La France quant à elle considère que la frontière longe les rochers de la Tournette, sous la calotte sommitale, plaçant celle-ci intégralement en territoire français. Le versant sud de la calotte a été, en France, attribué à la commune de Saint-Gervais-les-Bains qui partage donc le sommet avec sa voisine chamoniarde. C'est d'ailleurs cette situation « vue de France » qui se retrouve sur les cartes de l'IGN, où l'on peut voir une enclave saint-gervolaine au sud du sommet. Plusieurs sommets de plus de 4 000 mètres se trouvent à Chamonix : l'aiguille Verte, les Grandes Jorasses, la dent du Géant, le mont Maudit et le mont Blanc du Tacul. La commune de Chamonix est limitrophe des communes françaises Les Houches, Passy, Saint-Gervais-les-Bains, Servoz et Vallorcine[8] ; frontalière avec la Suisse et l'Italie, elle est limitrophe des communes suisses de Trient et d'Orsières dans le canton du Valais, et de la commune italienne de Courmayeur dans la région du Val d'Aoste à laquelle elle est reliée par le tunnel du Mont-Blanc.

Climat

Le climat y est de type montagnard[9] en raison de la présence du massif alpin. D'un point de vue des données météorologiques, il est important de préciser s'il s'agit de l'agglomération à une altitude d'environ 1 100 mètres ou du sommet du mont Blanc à 4 810 mètres. Pour ce dernier, la vitesse du vent peut atteindre 150 km/h et la température -40°C[10]. Les conditions météorologiques peuvent y changer très rapidement avec l'arrivé de neige et de brouillard. Le vent renforce l'effet de froid (effet de Windchill), la température apparente chute de 10°C tous les 15 km/h de vent[11].

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour l'année 2006  :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales (°C) 3,5 3,4 6,1 13,1 17,9 23,9 27,4 18,8 21,4 17,9 10,7 3,7
Températures minimales (°C) -8,4 -6,7 -4,4 0,5 5,2 7,2 10,6 7,7 8,7 4,6 -0,1 -4,9
Températures moyennes (°C) -2,4 -1,6 0,8 6,8 11,5 15,5 19 13,2 15 11,2 5,3 -0,6
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 70 81,8 224 136 167,6 67 117,2 177,2 69,6 72,4 45,8 70
Source: Météo France et Météo123[12]

Le tableau ci-dessous indique les records de températures minimales et maximales :

Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (°C) 15,3 18,5 22,1 26 31,3 34 37,2 36 31,1 25,7 20,2 16,5
\_ années des t°max.     1998 1998 2004 1949 1912 1947 1983 1897 1911 2001 1968 1989
Températures minimales records (°C) -31 -25 -23,2 -15 -6 -3,6 -1,8 -1,7 -3,5 -13 -22 -25
\_ années des t° min.     1905 1956 1971 1911 1910 1898 1898 1995 1897 1941 1910 1904
Source: Météo France et Lameteo.org[13]

Voies de communication et transports

Voies routières

Entrée du tunnel du mont Blanc (long de 11,6 km) à Chamonix.

La ville de Chamonix est desservie par la Route nationale 205 (RN 205) surnommée la Route blanche[14]. Cette 2x2 voies constitue un prolongement de l'autoroute A40, surnommée l'autoroute blanche et s’arrêtant au Fayet, village de la commune de Saint-Gervais-les-Bains[15]. Sur le territoire communal se trouve l'entrée du tunnel du Mont-Blanc qui relie Chamonix-Mont-Blanc en France à Courmayeur dans la Vallée d'Aoste en Italie[16]. Ce tunnel, d'une longueur totale de 11,6 km[17], passe sous la vallée Blanche.

Chamonix est reliée à la Suisse (commune de Finhaut) par l'ancienne route nationale 506a via le col des Montets. Cette route nationale a été déclassée en route départementale 1506 en 2006 ; une partie a été intégrée à la RN 205. Il existe des arrêtés préfectoraux portant réglementation de certaines routes départementales soumises à des risques d'avalanches. C'est notamment le cas pour la D 1506, pour laquelle un arrêté prévoit la création d'itinéraires de substitution pour contourner le passage du col des Montets[18] : une circulation alternée dans le tunnel ferroviaire qui franchit le col est alors mise en place.

Transport ferroviaire

Le train vu depuis le sentier menant à la mer de Glace

En 1893, la décision fut prise de relier Le Fayet à Chamonix et Vallorcine par une ligne de chemin de fer. La ligne SNCF Saint-Gervais-Vallorcine a été inaugurée le 12 juillet 1901 jusqu'à Chamonix (toutefois la ligne ne fut ouverte au public que le 25 juillet), puis prolongée le 25 juillet 1906 jusqu'à Argentière et enfin jusqu'à Vallorcine le 1er juillet 1908. Elle relie la gare du Fayet (correspondance TGV et TER) à la frontière suisse[19] et à la ligne suisse Martigny - Chatelard elle-même inaugurée le 18 août 1906. La ligne Le Fayet - Chamonix - Vallorcine possède des caractéristiques remarquables : en simple adhérence (sans crémaillère à la différence de la ligne suisse de Martigny) sur tout son tracé, malgré des pentes qui peuvent atteindre les 9 %, écartement métrique, alimentation par troisième rail en courant continu[19]. Elle est exploitée par la SNCF. Après le passage de la frontière, elle se poursuit en Suisse (chemin de fer Martigny-Châtelard), permettant de rejoindre la ville suisse de Martigny. Des services dénommés Mont-Blanc Express permettent désormais de relier directement le Fayet à Martigny via Chamonix[20]. Tous les trains sont omnibus, et cadencés toutes les heures dans chaque sens. Neuf points d'arrêt régulièrement répartis (les Bossons, les Pélerins, les Moussoux, Chamonix, les Praz-de-Chamonix, les Tines, la Joux, Argentière, Montroc-le-Planet) assurent la desserte ferroviaire de la commune[20]. À partir de 2008, une liaison TGV relie directement Paris à Saint-Gervais.

Le chemin de fer du Montenvers permet d'accéder au site touristique du Montenvers. Inauguré le 29 mai 1909, il possède sa propre gare à proximité immédiate de la gare SNCF de Chamonix. Les deux gares sont directement reliées par une passerelle[21]. Du Montenvers, on jouit d'une vue imprenable sur la Mer de Glace, l'aiguille des Drus, les Grandes Jorasses et l'aiguille des Grands Charmoz [22]. Le Montenvers est le point de départ de randonnées en moyenne montagne (jonction avec le plan de l'Aiguille par le Grand Balcon Nord, divers itinéraires pour rejoindre la vallée) et en haute montagne (refuges de la Charpoua, du Couvercle, de Leschaux, d'Envers les Aiguilles, du Requin)[22].

Téléphériques, télécabines et télésièges

Téléphérique du Brévent (août 2006)

Chamonix possède l'un des téléphériques les plus hauts du monde : le téléphérique de l'aiguille du Midi qui relie la ville au sommet de l'aiguille du Midi à 3 842 mètres[23]. Du sommet de cette aiguille, on peut embarquer à 3 778 mètres à bord de la télécabine Panoramic Mont-Blanc, anciennement appelée télécabine de la vallée Blanche, pour rejoindre la pointe Helbronner, située dans le massif du Mont-Blanc en Italie à 3 466 mètres. Ce téléphérique permet d'effectuer un parcours aérien de 5 093 mètres, en à peu près 30 à 35 minutes, au-dessus de la vallée Blanche et du glacier du Géant[24].

Sur l’autre versant de la vallée, la colline Planpraz est reliée à Chamonix par l'intermédiaire d'une télécabine[25]. Il s'agit d'un ancien téléphérique, ouvert dans les années 1920, et transformé en télécabine en 1979. L'installation a été rénovée durant l'inter-saison en 2008 pour être reconvertie en un télécabine dernière génération pour l'hiver 2008-2009. Un second tronçon, le téléphérique du Brévent, relie Planpraz au sommet du Brévent, à 2 525 mètres d'altitude. Sur ce même versant, au départ du village des Praz, à 1 894 mètres d'altitude, se trouve le téléphérique de la Flégère[25], qui se prolonge par le télésiège de l'Index.

Plus profondément dans la vallée, le village d'Argentière dispose des téléphériques de Lognan et des Grands Montets (arrivées situées respectivement à 1 972 mètres et à 3 300 mètres d'altitude) qui permettent d'accéder au domaine skiable situé sous l'aiguille Verte[26].

Enfin, au fond de la vallée, au village du Tour, le télécabine de Charamillon et le télésiège des Autannes permettent d'accéder au col de Balme. Un autre accès à ce secteur est possible depuis Vallorcine via une télécabine[26].

Chamonix dispose également de télésièges de moindre importance, mais malgré tout ouverts en été. Aux Bossons, un télésiège part du village, et permet d'accéder à proximité du glacier. Le télésiège des Planards dessert le parc de loisirs du même nom[27]. Son départ se situe dans la ville de Chamonix à 1 030 mètres d'altitude pour atteindre très vite 1 894 mètres d'altitude. Ce télésiège est également utilisé en été pour la luge d'été.

Ont été citées les principales remontées mécaniques, qui sont en service en été. Pendant la saison de ski, de nombreuses remontées mécaniques secondaires sont en service : télésièges, téléskis, et même un téléphérique de liaison entre les domaines de la Flégère et du Brévent.

Autres voies de communication

Un des hélicoptères utilisé par une compagnie privée

La commune ne dispose pas d'aéroport qui lui soit propre. Chamonix se situant à 171 km de l'aéroport Sandro Pertini de Turin Caselle, à 88 km de l'aéroport international de Genève et à 220 km de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry[28], des transports en commun ont été mis en place pour rejoindre ces aéroports. Ainsi l'aéroport de Turin est relié à la commune par la compagnie de bus SAVDA, l'aéroport de Genève par la compagnie de bus SAT et l'aéroport de Lyon est accessible par train[28]. En revanche, Chamonix possède deux héliports : la DZ des Bois utilisée par le peloton de gendarmerie de haute montagne[29] et la Sécurité Civile, et la DZ d'Argentière[30]. Ce second héliport est situé dans la moraine et est essentiellement utilisé par une compagnie privée qui assure des vols touristiques, des services de taxi aérien ainsi que des travaux aériens[31]. L'hôpital de Chamonix est quant à lui doté d'une hélistation.

Depuis plusieurs années, le SIVOM a mis en place un réseau d'autobus : les Chamonix-Bus circulent toute l'année dans la vallée, entre les Houches et Le Tour[32]. L'accès à ce réseau est désormais gratuit pour les résidants et les touristes. Par ailleurs, une navette gratuite appelée le Mulet circule dans la ville de Chamonix durant la journée[33].

Urbanisme

Morphologie urbaine

Chamonix-Mont-Blanc vu depuis l'Aiguille du Midi.

La commune de Chamonix-Mont-Blanc se compose d'une agglomération principale qu'est la ville, ainsi que de 16 villages ou hameaux répartis de l'entrée au fond de la vallée[34]. L'agglomération principale se situe dans le creux de la vallée aux pieds des différents sommets qui l'entourent. La commune s'est établie à cheval sur les rives de l'Arve[34]. La morphologie urbaine a dû s'adapter à la géologie de ce territoire montagnard, aux terrains accidentés et aux zones soumises pour certaines à des risques naturels tels que les avalanches[35], les inondations ou encore les chutes de pierres. Avec l'expansion urbaine, l'accroissement démographique et l'augmentation de la fréquentation touristique, Chamonix s'étend sans cesse[36]. La morphologie urbaine de ce bassin de vie s'accroît en conséquence. Cependant en raison des contraintes géologiques qu'impose le relief montagneux, les possibilités de développement urbain sont limitées. Toute nouvelle construction ou aménagement est soumis au respect d'une réglementation contraignante imposant des dispositions en vue de respecter l'environnement, la cohérence du réseau urbain, des transports et surtout en vue d'assurer la sécurité des usagers et des habitants contre les catastrophes naturelles notamment contre les risques d'avalanches et d'inondations par le débordement de l'Arve[37].


La loi Barnier de 1995[38], reprenant les textes législatifs de 1982, impose à Chamonix, au même titre que 1 800 autres communes, l'obligation d'établir un plan de prévention des risques (PPR)[38]. Le PPR est un dossier réglementaire de prévention qui fait connaître les zones à risques et définit les mesures pour réduire les risques encourus. La commune était dotée d'un PER (Plan d'exposition des risques naturels) depuis 1992[39]. Suite aux inondations catastrophiques de juillet 1996, le PER a été révisé[39], aboutissant au PPR approuvé en mai 2002. À la suite de l'avalanche de MontRoc en février 1999[37], le programme de rénovation des cartes de localisation des phénomènes d’avalanche (CLPA) fut conduit, en partenariat, par le Cemagref et l’ONF[40]. Chacun des 130 couloirs d'avalanche recensés a fait l'objet d'une étude spécifique. Certaines zones ne peuvent faire l'objet de construction en raison du caractère dangereux qu'elles présentent. Afin de concilier le développement économique et urbain de la commune, l'ensemble des Conseils municipaux de la Vallée de Chamonix ainsi que les syndicats intercommunaux, ont pour mission de suivre un Schéma de cohérence territoriale (SCOT). Chamonix comme tout autre commune, dispose d'un Plan local d'urbanisme (PLU) qui intègre un Plan d’aménagement et de développement durable (PADD) privilégiant, notamment, la densification de l’habitat.

La ville de Chamonix
Plan du centre ville de Chamonix.

Une vaste ceinture périphérique entoure la ville de Chamonix au moyen de la route Blanche au sud prolongée successivement de l'avenue de Courmayeur, l'allée recteur Payot, l'avenue du Mont-Blanc et l'avenue Cachat le géant. Au sein de cet îlot urbain délimité par cette ceinture, de grands axes quadrillent l'ensemble de la ville. Les plus empruntés sont l'avenue de l'aiguille du Midi, la rue du Lyret, la rue du docteur Paccard à l'ouest, la rue Helbronner plus au centre, la rue des Allobroges. Le centre-ville s'étend surtout dans la partie nord-ouest. Il est desservi notamment par la rue des écoles, l'allée du Majestic, la rue Vallot et l'avenue Michel Croz. Au nord, à l'extérieur de l'îlot urbain, un ensemble d'infrastructures dédiées à l'éducation, la culture, les sports et les loisirs a été aménagé, pour l'essentiel entre la rue Joseph Vallot à l'ouest et la Route du Bouchet à l'est. On y trouve notamment la bibliothèque, la patinoire, une piscine, huit courts de tennis, une halte garderie, un lycée, un collège, une « maison pour tous » ainsi que l'ENSA. En centre-ville, le musée alpin a été installé au rez-de-chaussée d'un ancien palace ; dans la partie nord-est, aux Planards, un parc de loisirs a été créé ; dans la partie sud, un bowling et le nouvel hôpital. Dix-huit parkings publics ont été aménagés sur l'ensemble de l'agglomération. L'Arve divisant la ville en deux, huit ponts ont été construits afin de permettre le passage d'une rive à l'autre de ce cours d'eau[41].

Villages et hameaux
La chapelle des Praz.

La commune de Chamonix-Mont-Blanc recouvre du nord au sud 16 villages ou hameaux[34] : Le Tour à 1 462 mètres d'altitude, Montroc, Le Planet, Argentière à 1 252 mètres, Les Chosalets, Le Lavancher, Les Tines, Les Bois, Les-Praz-de-Chamonix à 1 060 mètres, Chamonix-Mont-Blanc, Les Pècles, Les Mouilles, Les Barrats, Les Pélerins, Les Gaillands, et enfin Les Bossons à 1 012 mètres d'altitude.

Compte tenu de la situation très encaissée du fond de la vallée, les villages se sont installés de façon à rentabiliser les terres cultivables et les pâturages, tout en cherchant à rester à l'abri des avalanches et des inondations. C'est pourquoi les maisons sont groupées[42], voire contiguës, le long des rues et ruelles, de manière à faciliter la survie en autarcie qui caractérisa cette vallée pendant des siècles. Aujourd'hui, c'est l'ensemble de ces villages ou hameaux qui donne son importance à la commune, chacun de ces villages y contribuant : Le Tour avec son domaine skiable, le domaine de Balme; Montroc avec son village constitué de maisons anciennes en pierre ; Argentière et Les Chosalets au pied du domaine skiable des Grands Montets[43] ; Les Pélerins, village natal de Jacques Balmat, abrite aujourd'hui une fraction importante de la population chamoniarde, regroupée en HLM ; Les Gaillands, village célèbre pour son rocher d'escalade[44] ouvert aux varappeurs et pour son lac dans lequel se reflète la chaîne du Mont-Blanc ; Les Bossons et son tremplin de saut à ski installé en bas du glacier.

Logement

La vallée de Chamonix (hiver 2003)

En 1999, Chamonix totalise 12 633 logements dont la répartition est la suivante. Il y a 4 366 résidences principales soit 34,6 % de l'ensemble des logements. Les résidences secondaires sont au nombre de 7 415 soit un pourcentage de 58,7 %. Les logements occasionnels se chiffrent à 300 soit 2,4 %, le nombre de logements vacants s'élève à 552 soit 4,4 %. Sur l'ensemble de ces logements, on dénombre 2 921 logements individuels soit 23,1 % et 9 712 logements dans un immeuble collectif soit 76,9 %[45]. Le prix moyen de l'immobilier est de 7 794,74 €/m² contre 3 197 €/m² au niveau national, ce qui en fait une des villes les plus chères de France[46]. Les personnes désirant se loger à Chamonix, notamment les locaux, ont de plus en plus de difficultés à trouver un logement. Le prix du foncier étant en hausse, ceux-ci sont de plus en plus contraints de s'établir dans des communes plus éloignées où le coût de l'immobilier est moins important. Pour ce qui est des résidences principales, qui représentent 34,6 % de l'ensemble des logements chamoniards, leur époque d'achèvement s'établit de la manière qui suit pour l'année 1999. Sur les 4 366 résidences, 1 197 datent d'avant 1949 soit une part de 27,4 % ; 1 660 datent d'une période comprise entre 1949 à 1974 soit 38,0 % ; 1 128 résidences principales datent de 1975 à 1989 soit 25,8 % et 381 datent de 1990 à nos jours soit 8,7 %. S'agissant du nombre de pièces de ces résidences, 489 en ont une soit 11,2 %, 823 en comptent deux soit 18,9 %, 1 182 en possèdent trois soit 27,1 % et 1 872 en possèdent quatre et plus soit une part de 42,9 %[45].

Chamonix depuis l'un des ponts de l'Arve (août 2007)

Le confort des résidences principales n'est pas homogène. En effet, 59 résidences n'ont pas de baignoire, ni de douche soit 1,4 %, 3 829 ont un chauffage central soit près de 87,7 % des résidences, alors que 537 n'en ont pas soit 12,3 %, 2 820 bénéficient d'un garage ou d'un parking soit 64,6 %. Enfin, il est intéressant de signaler que 582 disposent de deux salles d'eau soit 13,3 % du total des résidences principales[45]. En matière de logement social, la commune comprend un parc locatif d'environ 549 logements. Ces logements sont répartis dans la vallée entre Chamonix, le Lyret, les Tines et Argentière, les Bossons, les Pélerins-d'en-Bas et les Pélerins-d'en-Haut. Le parc est géré par le service logement de la mairie. Il a en charge l’inscription et le suivi des dossiers ainsi que la gestion des demandes de logement locatif social. Ce service transmet également au fichier départemental PLS (Association Pour le Logement Savoyard). Il travaille en partenariat avec de nombreuses institutions telles que la Cilse et la Sous-préfecture, mais aussi avec les sociétés d’HLM bailleurs[47].

Le prix moyen du m² en 2008 est de 6 506 €/m²[48].

Projets d'aménagements

La mairie a mis en place la Maison des Projets située en face de la gare SNCF de Chamonix. Cet établissement permet de renseigner le visiteur sur les principaux projets d'aménagements portant sur la ville de Chamonix-Mont-Blanc[49].

  • Amélioration du transport collectif : la mairie souhaite, dans le cadre du projet Tramway des Neiges, améliorer les transports en commun par le train. Les axes majeurs de cette politique sont l'augmentation des cadences et l'aménagement, voire la création de points d'arrêt notamment à la hauteur du quartier de Chamonix-Sud, ce qui implique des investissements aussi bien en infrastructures qu’en matériel roulant[49].
  • Résidence du Fond des Gires : il est prévu de construire une résidence pour accueillir simultanément des familles monoparentales et des personnes âgées. Implantée sur un terrain de 1 467 m², elle sera constituée de 18 appartements (T1 et T2) en partenariat avec un organisme public pour la construction et la gestion locative[49].
  • Lotissement au village des Bossons : depuis 2005, la mairie de Chamonix supervise au village des Bossons la création d'un lotissement destiné à l'accession à la propriété. Il est prévu à terme, la réalisation de 11 lots[49].

Toponymie

L'origine toponymique de la commune n'est pas connue, elle est partagée entre la provenance latine - campus (camp, place) et munitus (fortifié, protégé) - ou locale - toponyme proche de chamois, champ du moulin, champ d’Aymon, ... Elle correspond au nom mentionné au XIe siècle - Campo Munitum, « place fortifiée » - en ayant toutefois pu être remanié. Depuis cette période, le toponyme a évolué en Chammonis en 1229, Chamouny en 1581, Chamony en 1652, Chamonix attesté dès 1793, et enfin Chamonix-Mont-Blanc en 1921[50]. Localement, on évoque l'origine provenant du patois cha (la lande) et mon-is (la montagne). À partir de 1741, lorsque les explorateurs anglais vont découvrir la lande de la montagne, ils seront affublés du sobriquet de « Monchus »[51]. La commune de Chamonix-Mont-Blanc porte le surnom de capitale mondiale de l'alpinisme ou encore plus familièrement Cham. Pour ce qui est de la lettre finale, le « x » de Chamonix ne se prononce pas.

Histoire

L'histoire du village de Chamonix s'est construite autour d'une part de sa situation géographique exceptionnelle et d'autre part de la domination qu'exerça durant plusieurs siècles la Maison de Savoie sur ce territoire. Cette section relate les périodes et les faits historiques les plus marquants de la commune.

Héraldique

Armes de Chamonix-Mont-Blanc

Les armes de Chamonix-Mont-Blanc, adoptées en 1930, peuvent se blasonner ainsi :

tiercé en barre, au premier d'azur à une crête de montagne d'argent chargé d'un épicéa de sinople, au deuxième aussi d'azur chargé de cinq edelweiss boutonnées d'or rangées en barre; au troisième de gueules à une tête de chamois d'or.

La naissance de Chamonix

Carte des territoires Gaulois.
Icône de détail Article connexe : Histoire du Faucigny

Avant la création de la ville de Chamonix, le territoire qu'elle occupe actuellement était une contrée inoccupée et hostile en raison de son climat montagnard et de sa situation géographique. Cependant, ces terres, bien qu'inhabitées, furent la possession successive de différents peuples : Les Celtes furent les premiers à occuper la région au V ème siècle av J.-C.[52], puis les Ligures, les Ceutrons et les Allobroges[53]. Vers 121 av. J.-C, ce territoire fut intégré à l'Empire romain. Avec les Grandes invasions barbares et l'affaiblissement de l'influence romaine, la région appartint durant un temps aux Burgondes avant de devenir la propriété du Comté de Genève. Chamonix entra dans l'histoire en 1091 quand le comte Aymon Ier de Genève fit dotation de la vallée à l'abbaye bénédictine de Saint-Michel de la Cluse, en Piémont. Des moines s'installèrent sur la rive droite de l'Arve. Ils construisirent un moulin aux Praz et une ferme au Mollard[53]. Au XIIe siècle, une communauté de moines s'installa sur la commune et y fonda le prieuré de Chamonix. Les moines tentèrent, durant plusieurs siècles, d'imposer leur autorité sur la vallée, mais ils se heurtèrent continuellement aux revendications de la population chamoniarde qui se rebella à plusieurs reprises. Le prieuré subsista jusqu'en 1786.

Chamonix, possession de la Maison de Savoie

Carte de la Savoie au XIVe siècle

Chamonix est un territoire du duché de Savoie qui fait partie des États de Savoie, eux-mêmes intégrés depuis le traité d'Utrecht de 1713 au royaume de Sardaigne. Au XVIIIe siècle, Chamouny (ancien nom de Chamonix) n'est qu'une petite bourgade rurale. Ses habitants vivent alors, tant bien que mal, de l'élevage et de cultures de seigle et d'avoine. En 1741, deux Anglais, William Windham et Richard Pococke[54], racontent dans des gazettes littéraires leur visite de la vallée et leur « expédition » vers un gigantesque glacier qu'ils baptisent la Mer de Glace. La curiosité suscitée par leur récit amène assez vite les premiers touristes qui se lancent alors dans ce qui deviendra l'alpinisme. Durant l'année 1760, le riche aristocrate genevois Horace-Bénédict de Saussure, promet une forte récompense au premier qui atteindra le sommet du mont Blanc[55]. Et le 8 août 1786, deux Chamoniards, Jacques Balmat et le docteur Michel Paccard y parviennent[56]. En 1770, les touristes étant de plus en plus nombreux, Mme Coutterand ouvre la première auberge de la vallée : l' hôtel d'Angleterre. En 1783, on estime à 1 500 le nombre de visiteurs pour la saison d'été. L'hôtel de l'Union, premier hôtel de luxe, est construit dès 1816. Beaucoup d'autres suivront.

Révolution et Empire : la Savoie devient française

Le prieuré de Chamonix à la fin du XVIIIe siècle

Le 24 septembre 1792, l'armée révolutionnaire française pénètre dans le duché de Savoie. Celui-ci est annexé le 27 novembre de la même année. Vaincu par les troupes de Napoléon à plusieurs reprises, le roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, reconnaît de jure les annexions et cède la Savoie (et Nice) à la France par le Traité de Paris du 15 mai 1796[57]. Pour la première fois, une frontière internationale traverse donc le massif. Cet acte donne lieu à un procès-verbal d'abornement, dont l'une des interprétations voudrait que la frontière demeure visible des communes de Chamonix et de Courmayeur. Le sommet du mont Blanc n'est pas visible du bourg de Courmayeur (au contraire de Chamonix), ce village étant trop encaissé, mais il est par contre visible du Val Ferret, territoire de la même commune. Le département du Mont-Blanc est créé le 29 octobre 1792 avec des limites identiques à celles de la Savoie annexée à la France. Ce premier épisode prend fin avec le premier exil de Napoléon, à l'île d'Elbe : le Traité de Paris du 30 mai 1814[58] restitue au royaume de Sardaigne la partie orientale de la Savoie, le reste suivra en 1815. Le massif n'est plus frontalier. Le 14 juillet 1808[59], Marie Paradis est la première femme à atteindre le sommet du mont Blanc. Elle sera suivie en 1838 par Henriette d'Angeville.

Territoire sarde de 1814 à 1860

La vallée de Chamonix en 1860

La vallée de Chamonix est sous souveraineté sarde de 1814 à 1860. Durant cette période, les premiers hôtels de luxe voient le jour. En 1816 est construit l'Hôtel de l'Union. Il est suivi de l'Hôtel la Couronne, du Royal et de bien d'autres établissements[60]. La première ascension de l'Aiguille du Midi a lieu le 1er août 1818. Elle est effectuée par les alpinistes A. Malczewski et Jean-Michel Balmat en compagnie de cinq guides[61]. En 1820, cinq guides disparaissent dans un accident alors qu'ils tentent de gravir le mont Blanc. Avant que ceux-ci n'atteignent le Grand Plateau, ils sont emportés par une violente avalanche qui les précipite au fond d'une crevasse[61]. Sur l'ensemble du groupe, seulement deux d'entre eux en réchappent. Les trois corps de leurs compagnons ont été retrouvés quarante et un ans plus tard au fond du glacier des Bossons. En 1821, à la suite de cet accident mortel, est créée la prestigieuse Compagnie des guides de Chamonix[61]. En 1825, parmi les nombreux touristes visitant la vallée figure Victor Hugo.

Chamonix, un territoire français

Le mont Blanc vu de Chamouni, début du XXe siècle

Le 24 mars 1860, par le traité de Turin (1860)[62], les comtés de Nice et de Savoie sont cédés à la France par Victor-Emmanuel II de Savoie. Le 4 avril 1860, la ville de Chamonix devient française. Pour permettre la visite de Napoléon III début septembre 1860, une route carrossable est construite entre Chamonix, Sallanches et Genève[60]. Le 29 août 1879, Jean Charlet-Staton en compagnie des guides Frédéric Folliguet et Prosper Payot, parvient à atteindre le premier le sommet du Petit Dru à une altitude de 3 733 mètres[63]. En 1890, le professeur Joseph Vallot installe son observatoire à 300 mètres du sommet du mont Blanc. En juillet 1901, la station inaugure l'arrivée du chemin de fer qui désenclave la vallée. Les années qui suivront voient naître un nouveau Chamonix, vivant désormais au rythme de deux saisons touristiques : l'été et l'hiver. Chamonix devient l'une des premières stations de sports d'hiver en France. C'est durant la saison hivernale de 1906-1907 que la commune connaît sa véritable première grande saison suite à l'initiative du Club alpin français[64]. Ce dernier organise de nombreux concours locaux de sports d'hiver pendant toute la saison. En 1908, est inaugurée une première section du chemin de fer du Montenvers. À cette époque, il fallait près d'une heure pour faire les 7 kilomètres permettant d'accéder à la Mer de Glace. Il sera ouvert en totalité en 1909, en même temps que la première section du Tramway du Mont-Blanc. Le 7 septembre 1910, le président de la République Armand Fallières vient inaugurer l'Hôtel de Ville. Le 16 janvier 1920, le conseil municipal demande officiellement « aux pouvoirs compétents à ce que la commune de Chamonix porte à l'avenir le nom de Chamonix-Mont-Blanc pour éviter à l'avenir que nos voisins suisses exploitent la renommée du Mont-Blanc au bénéfice de leurs stations ». Le 21 novembre 1921, le décret est signé par le président de la république, Alexandre Millerand. En 1924, Chamonix accueille les premiers Jeux olympiques d'hiver. Près de 15 000 personnes assistent aux épreuves et dès lors, Chamonix devient une station touristique très prisée. Durant cette même année, une première section du téléphérique des Glaciers[60] est mise en service. En 1927, le téléphérique de Planpraz voit le jour. En 1930, le téléphérique du Brévent est inauguré. 1932 voit à Chamonix la création de l'École de haute montagne (EHM), école militaire de formation des cadres des troupes de montagne.

Jeux olympiques de 1924

La patineuse Sonja Henie aux J.O de 1924
Affiche sur les J.O. de Chamonix.
Icône de détail Article détaillé : Jeux olympiques d'hiver de 1924.

Les Jeux olympiques d'hiver de 1924 ont eu lieu à Chamonix. L'idée d'organiser ces Jeux revient au comte Clary et au marquis de Polignac, tous deux représentants français au Comité international olympique auquel ils soumettent l'idée en 1921[65]. En juin 1922, le Comité national olympique et sportif français désigne Chamonix comme ville hôte des épreuves de sports d'hiver. Le CIO avait certes voté en faveur des