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L'anthropologie est la branche des sciences qui étudie les êtres humains sous tous leurs aspects, à la fois physiques (anatomie, physiologie, pathologie, évolution) et culturels (sociaux, psychologiques, géographiques, etc.). Elle tend à définir l'humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et sciences de la nature. Le terme, anthropologie vient de deux mots grecs, anthropos qui signifie homme et logos qui signifie l'étude. Cette discipline insiste particulièrement sur les faits anthropologiques, c'est-à-dire qui sont spécifiques à l'homme par rapport aux autres animaux: langages articulés et figuratifs, rites funéraires, sexuels, politiques ou magiques, arts, religions, costumes, parenté, habitats, techniques corporelles, instrumentales, de mémorisation, de numération, de représentations spatiales et temporelles, etc. Elle s’appuie notamment sur l’étude comparative des différentes sociétés et ethnies décrites par l'ethnologie et tente de prouver l'unicité de l'esprit humain à travers la diversité culturelle. L'ethnographie est la branche de la discipline qui s'occupe de la collecte méthodique des données sur le terrain[1]. Elle peut utiliser le dessin, la photo, la notation musicale et la collecte d'objets.
Traditions anthropologiquesIl existe diverses traditions anthropologiques antiques, puis modernes (allemande, anglo-saxonne, française, etc). Les plus importantes sont actuellement l’anthropologie sociale britannique (J.G. Frazer, Bronislaw Malinowski, A.R. Radcliffe-Brown, E.E. Evans-Pritchard) et l’anthropologie culturelle américaine (L.H. Morgan, Franz Boas, Marvin Harris, Clifford Geertz, Margaret Mead, Ruth Benedict). L'anthropologie américaine attache beaucoup d'importance aux aspects culturels des langues et des modes de pensée et d'action. Il y a eu un Institut d'Anthropologie à Washington DC pour aider les autorités fédérales dans leurs relations avec les pays étrangers et les contacts transculturels. Il semblerait que la sociologie soit, dans cette perspective américaine, une réduction de l'anthropologie à une société singulière dans un espace et un temps particulier. Le modèle anglo-saxon est axé sur la multidisciplinarité et divise traditionnellement l’anthropologie en plusieurs sous- disciplines :
Thématiques de l’anthropologieL'humain et la natureLa discipline anthropologique
L'ethnologie (ou anthropologie sociale et culturelle, pour les auteurs anglo-saxons)Les modèles et les codes sociaux
La parenté et les alliances
Organisme du politiqueAspects symboliques
Anthropologie économique
Autres domaines de l'anthropologie
Les aires culturellesCartesListe des sociétés
Histoire de l’anthropologie socialeContexte historique et institutionnelL'anthropologue Eric Wolf a un jour défini l'anthropologie comme étant la plus scientifique des sciences humaines, et comme la plus humaine des sciences de la nature. Par cette simple phrase, il montre à quel point les contributions de l'anthropologie s'insèrent au cœur de toutes les autres sciences. Les anthropologues contemporains se réclament de nombreux penseurs des siècles derniers, rendant la discipline tributaire de sources multiples et variées. Cependant l'anthropologie peut être comprise au mieux en étant considérée comme descendante du siècle des lumières, période où les européens ont commencé à étudier de façon systématique et minutieuse les comportements humains. Les grands courants de la jurisprudence, de l'histoire, de la philosophie et de la sociologie sont apparus à cette époque, contribuant petit à petit à donner forme aux sciences humaines, dont l'anthropologie fait aujourd'hui partie. Au même moment, le mouvement romantique des Lumières a donné naissance à des penseurs tels que Herder, et plus tard Wilhelm Dilthey dont les travaux ont été à la base du concept de culture, central aujourd'hui dans la discipline. Ces mouvements intellectuels tentèrent à leur époque de résoudre un de ces plus grands paradoxes de la modernité : plus le monde se rétrécit et tend vers l'intégration, plus chacun a dans son expérience personnelle le sentiment que la société s'atomise et se disperse. C'est d'ailleurs ce qu'ont observé Karl Marx et Friedrich Engels dans les années 1840. Ironiquement, l'émergence de cette mondialisation, plutôt que de faire apparaître le meilleur de la solidarité humaine, a coïncidé avec l'accroissement des divisions raciales, ethniques, religieuses et sociales, dans l'émergence de nouvelles cultures. Ce sont les conditions de vie avec lesquelles les gens doivent aujourd'hui faire, mais on peut remarquer que c'est une tendance apparue au XVIe siècle qui s'est accélérée au XIXe siècle. Institutionnellement, c'est du côté de la discipline historique qu'émergea l'anthropologie (ce que montrent les travaux d'auteurs comme Buffon, avec son Histoire naturelle où l'homme trouve sa place parmi les animaux). Ce fut alors dans un objectif encyclopédique que l'on commença à étudier l'être-humain des peuples « primitifs » vivant dans les colonies européennes. En conséquence de quoi, les études sur le langage, la culture, la physiologie et des objets manufacturés équivalaient plus ou moins à étudier la faune et la flore en d'autres lieux. Par exemple les deux monographies de Lewis Henry Morgan : The league of the Iroquois (La Ligue des Iroquois) et The American Beaver and His Works (Le Castor américain et ses œuvres). Cette distinction entre « peuple primitifs » et « peuples civilisés » dans les esprits de l'époque explique notamment pourquoi l'art chinois par exemple (dit alors « civilisé »), a historiquement été exposé dans les musées des beaux-arts aux côtés de l'art européen, alors que les artefacts originaires d'Afrique ou d'Amérique du Nord étaient eux placés dans les musées d'histoire naturelle aux côtés des os de dinosaures. Ceci étant dit, les pratiques de conservation ont radicalement changé ces dernières années, et il serait faux de voir l'anthropologie comme simplement une extension du développement colonial et du chauvinisme européen. Puis, l'anthropologie se développa progressivement à l'écart de l'histoire, et dans les dernières années du dix-neuvième siècle, la discipline commence à prendre sa forme moderne. Il fut alors possible pour T. K. Penniman d'écrire en 1935 une histoire de la discipline, sous le titre de A Hundred Years of Anthropology (Un siècle d'anthropologie). À ce moment, le champ d'étude était encore dominé par une idéologie évolutionniste. Il était reconnu que toutes les sociétés évoluaient selon un schéma linéaire unique, allant du statut le plus primitif au plus évolué. Les sociétés non-européennes étaient considérées comme des 'sociétés fossiles', qui pouvaient être étudiées dans le but de comprendre quel était le passé des nations européennes. Les spécialistes imaginèrent des théories de migrations préhistoriques, parfois valables, mais souvent très fantaisistes. Cela dura jusqu'à ce que les européens retracent avec exactitude les migrations des populations polynésiennes à travers l'océan Pacifique. Finalement le concept de race fut vivement remis en question, étant accusé d'établir une classification entre les êtres-humains, en se basant sur des différences biologiques inhérentes à chacun. Au XXe siècle, les disciplines académiques commencèrent à s'organiser autour de trois domaines principaux. Premièrement, les sciences qui cherchaient à découvrir les lois de la nature au travers de l'expérimentation. Deuxièmement, les sciences humaines qui tentaient d'étudier les différentes traditions nationales, par exemple par l'histoire et les arts, et qui tentaient aussi de donner une cohérence à l'émergence des états-nations. Troisièmement, les sciences sociales qui ont émergé à cette époque en cherchant à développer des méthodes scientifiques consacrées à l'étude des phénomènes sociaux, et également mettre en place un savoir universel sur les connaissances liées au social. L'anthropologie n'a pas facilement trouvé sa place dans ces catégories, du fait des différentes branches de la discipline qui ne se rattachaient pas nécessairement toutes aux mêmes domaines. Se détachant des méthodes traditionnelles aux sciences de la nature, en développant de nouvelles techniques propres (création du concept de l'observation participante non-structurée, en parallèle aux classiques entretiens structurés), et en prenant ses distances avec la théorie de l'évolution et de la sélection naturelle, un nouvel objet est apparu dans l'étude anthropologique : l'humanité conçue comme un tout. Le concept de culture est alors central dans ces études, définissant à la fois la capacité et la tendance universelle à l'apprentissage, la pensée, et l'agissement social, et également l'adaptation aux conditions géographiques locales, qui prend des formes extrêmement variables en termes de croyances et de pratiques. Ces cultures transcendent et absorbent les distinctions historiques que les Européens ont fait entre politique, religion, parenté et économie en les concevant comme des domaines autonomes. Cette anthropologie transcende donc les divisions entre les sciences de la nature, les sciences sociales, et les sciences humaines, en explorant aussi bien les dimensions biologiques, linguistiques, matérielles et symboliques des sociétés humaines. Grands courantsTout au long de son histoire, l'anthropologie a donc été marquée par quelques conceptions de l'homme, selon lesquelles on peut classer les différentes oeuvres, sans que nécessairement les auteurs s'en réclament : l'évolutionnisme, le matérialisme, le diffusionnisme, le fonctionnalisme, le structuralisme, le culturalisme, le dynamisme, l'anthropologie dogmatique, etc.
Notes et références
Ouvrages généraux
Voir aussi
Liens externes
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