13 décembre : L'OMC décide de libéraliser les flux financiers à partir de mars 1999.
3-4 décembre : Conférence d’Ottawa. Traité sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction, signé à Ottawa. Trente-cinq pays seront signataire du traité entré en vigueur le 1er mars1999. Cinquante autres pays n’ont pas signé, dont les États-Unis, la Russie et la Chine.
Le phénomène climatique El Niño cause de fortes perturbations.
Afrique
11 avril : Gouvernement d'union et de réconciliation en Angola après 20 ans de guerre civile.
Le revenu moyen africain, qui représentait 14% du revenu des pays développés au milieu des années 1960, n’en représente plus que 7%. Les taux de mortalité des enfants et des adolescents sont respectivement de 105 et 169 pour mille en Afrique (6 et 7 dans les pays développés). Il n’y a que 16 médecins pour 100 000 habitant (253 dans les pays développés).
29 octobre : Les États-Unis décident qu'ils pourront exporter de la technologie nucléaire vers la Chine.
Faible inflation aux États-Unis.
Bonne santé de l’économie des États-Unis. Le PNB croît de près de 4 % par an en 1997-1999. L’inflation paraît maîtrisé grâce à l’habile gestion de la masse monétaire et des taux d’intérêts par le Federal Reserve System, sous la direction d’Alan Greenspan. Le chômage descend à 4 % à la fin du siècle. Le progrès technologique avance dans les branches de l’information et de la communication. La productivité recommence à augmenter. Le budget fédéral, après avoir battu des records de déficit sous Reagan et Bush, accumule les surplus. Le seul point noir est le déficit de la balance commerciale. Le poids de la consommation des ménages dans le revenu national peut paraître trop élevé, car l’épargne nationale nette est tombée à des niveaux très bas, d’où un recours excessif à l’endettement.
2 juillet : Début d'une importante crise boursière en Asie du Sud Est : la Thaïlande entraîne d'autres pays dans la crise.
Crise asiatique. Dévaluation du baht thaïlandais. Le risque de change fait perdre confiance aux investisseurs qui convertissent leurs avoirs en dollars ; le pays n’a plus accès aux sources de financement qui avaient favorisé sa croissance jusqu’en 1996. La dévaluation du baht accroît la compétitivité des produits thaïlandais sur le marché mondial par rapport à ses concurrents direct de la même aire géographique. Par une réaction en chaîne, les voisins (Indonésie, Corée du Sud, Malaisie, Philippines, Taïwan, Singapour) sont d’autant plus obligés de suivre la même voie qu’ils présentent une fragilité identique, liée à l’excès d’endettement à court terme, à l’alignement de la parité de leur monnaie sur le dollar et à la faiblesse structurelle de leur système bancaire. La fuite des capitaux étrangers laisse les banques au bord de la faillite ; faute de crédit, la production chute, le chômage monte, la misère s’étend, la classe moyenne voit son niveau de vie reculer sensiblement.
La Corée du Sud est atteinte par la crise qui frappe l’Asie orientale. Les chaebol (grandes firmes) ont trop privilégié la taille par rapport à la rentabilité. Le gouvernement les incite à se concentrer sur leurs points forts.
12 décembre : Aggravation de la crise en Corée, chute du Won et de la bourse.
18 décembre : Les conservateurs, au pouvoir depuis 40 ans, sont battus aux élections par le démocrate Kim Dae-jung en Corée du Sud, qui devient président.
19 janvier : Yasser Arafat entre à Hebron. L’armée israélienne évacue les deux tiers de la ville. Sur la question de l’autonomie palestinienne, Israël ne propose que des retraits minimes inférieur aux engagements pris par Rabin.
27 février : Israël décide de construire 6500 logements réservés aux Juifs aux portes de Jérusalem-Est.
1er juillet[3] : L’Australien Richard Butler est nommé à la direction de l’UNSCOM. Il exige de pouvoir visiter les palais présidentiels. L’Irak refuse et l’accuse d’être au service des États-Unis.
30 juillet : Attentats à Jérusalem causant la mort de 13 civils israéliens. Le gouvernement Netanyahou légalise l’usage de la torture contre les suspects palestiniens et cherche à supprimer les permis de séjour des Palestiniens à Jérusalem.
29 octobre : Prémisses d'une nouvelle crise entre l'Irak et les États-Unis, concernant les visites des sites militaires irakiens par les inspecteurs de l'ONU. L’Irak expulse les membres américains de l’UNSCOM.
17 novembre : Attentat islamiste meurtrier contre des touristes à Louxor : 68 morts.
20 novembre : Après une médiation russe (18 novembre), Saddam Hussein accepte le retour des membres américains de l’UNSCOM, mais exige que l’UNSCOM achève ses inspections dans un délai de six mois. Les États-Unis refusent et se préparent à de nouvelles actions aériennes.
16-18 novembre : La quatrième conférence pour le développement économique du Moyen-Orient à Qatar est boycottée par la plus grande partie des pays arabes[5]. Les États-Unis estiment que le processus de paix est en danger. Le secrétaire d’État américaine Madeleine Albright demande une pause dans la colonisation mais Netanyahou, soutenu par le Congrès des États-Unis, refuse.
24 janvier, Italie : Nomination d’une commission de 70 membres, composée de députés et de sénateurs, la Bicamérale, pour réformer la Constitution.
Janvier : Pendant des semaines, des centaines de milliers de Yougoslaves protestent contre la fraude électorale pratiquée par Slobodan Milošević durant les élections municipales.
Février : Insurrection en Albanie. Suite à des scandales financiers, le pays sombre dans l'anarchie.
Le système des pyramides financières institué par les sociétés de dépôts de fonds sur la naïveté des habitants, s’effondre. Un tiers de la population albanaise perd toutes ses économies. Les victimes se retournement alors vers le gouvernement accusé de ne pas avoir institué des contrôles. L’Albanie sombre dans le chaos et la guerre civile pendant quelques mois. Une insurrection armée, partie du sud du pays, gagne bientôt toute l’Albanie. La guerre civile, alimentée par les mafias, n’est évité que par l’intervention d’une force d’interposition européenne qui aide au retour au calme et permet la tenue d’élections libres gagnée par la gauche ex-communiste.
28 mars : L'ONU autorise l'envoi d'une force multinationale à forte composante italienne en Albanie pour mettre fin à l'anarchie et à l'exode de nombreux clandestins.
Tony Blair ne remet pas en cause la réforme libérale initiée par Margaret Thatcher. Le « New » Labour renonce à la clause 4 qui figurait dans sa Constitution depuis 1918 et prévoyait « la propriété commune des moyens de production, de distribution et d’échange ». Le nouveau texte accepte le système du marché : « l’esprit d’entreprise et la rigueur de la concurrence marchent la main dans la main avec les forces du partenariat et de la coopération ». Une des premières mesures du gouvernement Blair est d’accorder une large autonomie à la Banque d'Angleterre.
17 juin : Pour convaincre les Allemands d’abandonner le deutschemark, Helmut Kohl obtient de ses partenaires européens qu’ils concluent un « pacte de stabilité et de croissance » fondé sur la limitation des déficits budgétaires et de la création monétaire nécessaire pour les financer.
19 juin : Affaire McLibel. « désastreuse victoire » judiciaire de McDonald's contre deux écologistes britanniques : 68 000 £ gagnées après une dépense de 10 000 000 £ de défense et une campagne de presse très défavorable[6].
29 juin : Victoire de l'opposition aux élections en Albanie, le président Sali Berisha est renversé, les troubles s'apaisent dans le pays.
31 août : La princesse de Galles Lady Diana est tuée dans un accident de voiture à Paris, dans le tunnel sous le pont de l'Alma, avec son amant Dodi Al-Fayed, leur chauffeur Henri Paul et le garde du corps de Fayed Trevor Rees-Jones.
11 septembre : Le oui l'emporte (75%) en Écosse lors du référendum pour la création d'un Parlement et l'ouverture vers l'autonomie législative et fiscale.
L’Union européenne adopte un texte complexe applicable à partir du 1er mai1999 qui vise à déplacer l’accent mis jusqu’alors trop exclusivement sur l’économie : les Européens obtiennent de nouveaux droits en matière sociale et de circulation. L’emploi devra être désormais un des objectifs poursuivis en commun, bien que la mise en œuvre des politiques reste de la seule compétence des États. Le protocole social de 1989, accepté par les Britanniques, est intégré au traité. Les services publics se voient reconnaître un rôle spécifique dans la « promotion de la cohésion sociale et territoriale de l’Union ». Pour assurer un développement durable, les politiques communautaires doivent prendre en compte la protection de l’environnement. Le traité intègre l’acquis des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes.
La politique étrangère et de sécurité commune (PESC), prévue par le traité de Maastricht n’ayant pas été mise en œuvre, le traité d’Amsterdam s’efforce de muscler militairement l’Union européenne. Les stratégies communes ne seront toutefois appliquées qu’à l’unanimité.
9 octobre, Italie : Suite au refus de Rifondazione Comunista de voter le projet de loi de finance pour 1998 (problème des acquis sociaux et report de la réduction du temps de travail), Romano Prodi démissionne. L’opinion publique réagit et le siège de Rifondazione Comunista est submergé de messages, fax et appel téléphonique condamnant sa politique. Bertinotti fait alors marche arrière et accepte de voter la loi de finance en échange de promesses sur les 35 heures et les retraites.
31 octobre : Nouveau gouvernement en Pologne, dirigé par Jerzy Buzek. La gauche doit céder le pouvoir à une majorité de droite organisée autour de la résurgence de Solidarność, alliée à une forte composante libérale.
Suisse : affaire des comptes bancaires non identifiés appartenant à des victimes du nazisme.
Plus de 30 % des enfants britanniques vivent dans la pauvreté (13 % en Allemagne et 12% en France).
Le gouvernement Romano Prodi adopte des mesures drastiques pour que l’Italie entre dans la zone euro en 2000. Le déficit public passe de 6,7% à 2,7% en deux ans. Le peuple Italien est le seul d’Europe à accepter de payer un « impôt européen » qui rapporte 12 500 milliards de lires.
Une « grande dépression », plus accentuée que celle de 1929-1933, a frappé tous les pays de l’Est. En 1997, seule la Pologne dépasse son niveau de production industrielle de 1989. Partout ailleurs les performances sont inférieures, l’Albanie, la Roumanie et la Bulgarie étant les pays les plus touchés. La République tchèque stagne. Cette dépression vient de la vétusté de l’outil de production face à la globalisation des échanges. Elle aurait put être atténuée si l’espace économique de l’ancien COMECON, fondé sur des complémentarités, avait été conservé. Mais le rejet de tout le legs communiste et la montée du nationalisme ont fermé cette voie dès 1990.
L’inflation, après avoir fait des ravages au début de la transition économique, finit par être maîtrisée dans les pays les plus avancés (Pologne, Hongrie, République tchèque). La Bulgarie et la Roumanie ne réussissent pas à retarder la hausse des prix à la consommation.
Le chômage monte, mais moins vite que l’on ne s’y attendait, vu le déclin du PIB : les grandes entreprises héritées du régime communiste ne sont pas démantelées et conservent une bonne partie de leurs employés en surnombre.
Les pays de l’Est, grâce à une main-d’œuvre éduquée et un coût du travail bon-marché s’intègrent dans les échanges mondiaux. Il leur faut toutefois atteindre une plus forte productivité, développer un réseau de transports efficaces et construire un système bancaire moderne pour s’appuyer sur des financements solides. Le frein des mentalités, mal préparées à la transition, n’est pas négligeable, notamment dans les pays les moins avancés.
Grande dépression. La production des pays de la CEI n’a cessé de baisser depuis 1989. Des pans entiers de l’économie travaillent très en dessous de leurs capacités ; à part les industries extractrices d’hydrocarbures (surtout le gaz naturel), toutes les branches manufacturières voient leurs ventes s’effondrer. Le repli sur soi de chaque république, l’inconvertibilité des monnaies cloisonnent le vaste marché intérieur de l’ex-URSS. Les usines spécialisées ont du mal à exporter vers les républiques voisines qui étaient leurs clientes, et à s’approvisionner en consommations intermédiaires auprès de leurs anciens fournisseurs. Le système des échanges se bloque progressivement. Les équipements vétustes ne peuvent être remplacés, faute de marges bénéficiaires suffisantes pour investir. L’effondrement de la production entraîne la chute du pouvoir d’achat. La consommation intérieure s’effondre. Heureusement la demande étrangère de gaz, de pétrole et de minéraux procure aux pays détenteurs de gisements des surplus à leur balance commerciale.
Si la majorité de la population s’est appauvrie depuis 1989, une minorité de nouveaux riches, souvent issus de la nomenklatura, étale ses goûts de luxe. On assiste à l’effondrement des règles éthiques, à la montée des opérations mafieuses. Une bonne partie de l’aide internationale est détournée, placée dans des banques étrangères, l’exemple venant des plus hautes sphères du pouvoir.