15 avril : Acte final de l'Uruguay Round du GATT, à Marrakech (1986-1994) : 120 pays signataires : création de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), qui a son siège à Genève. L’Organe de règlement des différends (ORD), statue contre les États qui violent le principe de la liberté du commerce et de la concurrence. En revanche, les firmes transnationales demeurent largement hors d’atteinte. Cette quasi-impunité des sociétés vient, pour beaucoup, de l’absence de définition juridique internationale des crimes et délits économiques.
Février : Affrontement dans le nord-est du Ghana entre Namumba et Konkomba[2]. État d’urgence.
6 avril et jours suivants, Rwanda : Attentat coûtant la vie aux présidents rwandais et burundais. Début du « génocide » des Tutsi et des Hutu modérés par des extrémistes Hutu au Rwanda (fin en juillet). Assassinat du premier ministre et de dix casques bleus belges, constitution du gouvernement intérimaire par des extrémistes Hutu, opérations militaires française et belge pour évacuer les ressortissants occidentaux.
21 avril : Rwanda, les Nations unies entérinent la réduction importante de l'effectif des casques bleus (Minuar).
8 décembre : Adoption d’une constitution fédérale en Éthiopie instituant neuf États fondés sur l’ethnicité et la langue et reconnaissant le droit des peuples à disposer d’eux-même[6].
8 novembre : Élection pour la première fois depuis 1952 d’une majorité républicaine dans les deux Chambres du Congrès des États-Unis sur le programme Contract with America.
Crise financière et monétaire au Mexique engendrée par un déficit d’environ 30 milliards de dollars. La crainte d’une dévaluation, en mars, puis en décembre, fait fuir les capitaux à l’étranger. Malgré une hausse des taux d’intérêts, les réserves en devises s’amenuisent. Un programme d’aide internationale est conçu sous la direction du président américain Clinton, et Zedillo annonce la mise en place de mesures d’austérité et la privatisation des biens de l’État. Le 20 décembre, Zedillo doit dévaluer le peso de 15 %, une mesure insuffisante, tant la perte de confiance est grande. Il doit se résoudre à laisser flotter la monnaie nationale et le Mexique n’échappe à la banqueroute qu’avec une aide financière de 50 milliards de dollars du FMI et du Trésor américain.
Ouverture du Mercosur, « marché commun » des pays du « Cône Sud ». La réduction des tarifs douaniers interne donne un coup de fouet aux échanges entre pays membres.
États-Unis : 1,2 millions d’émigrants aux États-Unis, dont probablement 300 000 illégaux (40% d’Hispaniques, 40% d’Asiatiques). La population née à l’étranger représente 22,6 millions de personne, soit 8,7% de la population totale. 100 milliards de dollars de déficit commercial en 1994. 4% de croissance. 3% d’inflation.
Le Chili, appuyé par le Canada, se propose d’adhérer à l’ALENA, mais les États-Unis, où le protectionnisme garde de fortes positions au Congrès, freinent le mouvement.
4 février : Ultimatum américain, britannique, français et russe à la Corée du Nord, pour que celle-ci accepte le contrôle de ses sites nucléaires par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).
28 mars : Accord entre la Russie et le Kazakhstan, octroyant à la Russie le contrôle du cosmodrome de Baïkonour, situé à proximité de la mer d'Aral, pour une durée de vingt ans au prix de 115 millions de dollars par an[11]. La Russie assume les forces nucléaires basées au Kazakhstan[12].
7 juillet, Cambodge : les Khmers rouges sont mis hors-la-loi par l'Assemblée nationale[13]. Ils sont impliqués dans une série d’affrontements avec le gouvernement à propos des territoires occupés par les rebelles.
8 juillet : Mort de Kim Il-sung. Son fils, Kim Jong-il, lui succède et, sans être officiellement nommé aux responsabilités qu’il détient, il tient le pouvoir bien en main. Le régime refuse tout contact avec la Corée du Sud, craignant un effondrement similaire à celui des pays d’Europe de l'Est (Séoul, pour sa part, préfère une intégration économique progressive à une réunification trop hâtive). Des accords signés à Genève désamorcent la crise nucléaire avec les États-Unis.
29 octobre, Afghanistan[17] : Apparition du mouvement fondamentaliste sunnite des taliban, « étudiants en religion » sortis d’écoles coraniques, subventionné par de l’argent saoudien. Ils mènent une guerre sainte (djihad) contre le gouvernement de Kaboul et les autres ethnies (Tadjiks, Ouzbeks, chiites). Ils s’emparent de Kandahar le 5 novembre.
15 novembre : Elections au Népal. Le Parti communiste unifié du Népal (PCUN) obtient le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée sans être majoritaire. Le nouveau Premier ministre Man Mohan Adhikari nommé le 30 novembre obtient en décembre un vote de confiance de l’opposition. Le gouvernement communiste lance une vaste campagne de développement, attribuant d’importantes ressources à chaque communauté villageoise.
La famine aurait fait des centaines de milliers de morts en Corée du Nord entre 1994 et 1998.
21 janvier, Syrie : mort du fils du président Hafez el-Assad, Basil, prétendant à la direction du régime, dans un accident de voiture. Son frère Bashar est porté au devant de la scène politique.
25 février : Un colon juif extrémiste massacre 29 fidèles musulmans priant dans le caveau des patriarches à Hébron. Des manifestations populaires éclatent et sont réprimées par la police israélienne, qui fait plusieurs dizaines de victimes. Le colon, Baruch Goldstein, meurt peu après son intervention armée. Yitzhak Rabin adresse des excuses officielles à Yasser Arafat, condamne deux organisations extrémistes juives mais refuse toute évacuation des colons, en particulier à Hébron.
27 février : Un attentat contre une église fait dix morts à Zouk Mikhaïl au Liban.
4 mai : L’Azerbaïdjan devient membre du programme de partenariat pour la paix de l’OTAN.
5 mai : Fondation de Solidere. Programme de reconstruction du centre-ville de Beyrouth (18 milliards de dollars).
9 mai : Cessez-le-feu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan[21] tandis que le président Aliev semble décidé à mener à leur terme les négociations engagées avec le gouvernement arménien.
1er juillet : Arrivée d'Arafat à Gaza. Il doit maintenir l’ordre dans les territoires autonomes et empêcher la poursuite des attentats islamistes. Pour éviter la guerre civile, il refuse de mener la répression et favorise l’intégration des radicaux aux nouvelles structures en place.
25 juillet : Yitzhak Rabin et Hussein de Jordanie signent à Washington une déclaration mettant fin à l’état de guerre. Hussein se voit reconnaître la fonction de « gardien des Lieux Saints » musulmans de Jérusalem, ce qui entraîne les protestations de l’OLP.
24 août-10 septembre : le parti Baas remporte à nouveau les élections législatives en Syrie[22]. Les candidats indépendants remportent un tiers des sièges.
Octobre : Échec d’une tentative de putsch contre le président d’AzerbaïdjanAliev. L’état d’urgence est instauré en Azerbaïdjan.
7 octobre[24] : Les États-Unis accusent l’Irak de concentrer des troupes à la frontière [25]. Des troupes américaines sont immédiatement envoyées dans l’émirat. Saddam Hussein retire ses hommes mais démontre ainsi la totale dépendance des monarchies du Golfe envers la puissance américaine.
19 octobre : Une opération suicide du Hamas contre un bus à Tel-Aviv fait 22 morts civils[26]. Une nouvelle campagne d’attentats entraîne le bouclage des territoires par Israël en janvier 1995.
29 octobre : Conférence économique de Casablanca réunissant des hommes politiques et des hommes d’affaires arabes et israélien. Elle discute de projet de coopération régionale avec libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, en partenariat avec l’Union européenne.
6 novembre : Élection et référendum constitutionnel au Tadjikistan qui permettent à Emomali Rahmonov (aujourd'hui appelé Emomalii Rahmon) d’être élu à la présidence du Parlement et d’assumer ainsi les fonctions de chef de l’État. La Russie, très attachée au règne d’un ordre laïque dans la région, maintient des troupes au Tadjikistan afin d’empêcher les infiltrations des islamistes extrémistes à partir de l’Afghanistan.
10 novembre : Suite à une médiation russe, le Parlement irakien et le conseil de la révolution reconnaissent les frontières internationales du Koweït[27].
18 novembre : Des affrontement entre islamistes et la police palestinienne font une quinzaine de morts. À la fin de l’année, le processus de paix est arrêté.
27 décembre, Algérie : Quatre Pères blancs — Alain Dieulangrand (75 ans), Charles Decker (70 ans), Jean Chevillard (69 ans) et Christian Chessel (36 ans), sont assassinés dans leur monastère près de Tizi-Ouzou. Un commando de six hommes armés, habillés en policier, les ont abattus les uns après les autres.
La croissance s’accélère au Liban (8% en 1994, 7% en 1995) mais le poids des charges financières la fait chuter à la fin de la décennie (4 % en 1996, 3,5% en 1997, 2% en 1998).
Au Kurdistan irakien, les partis politiques se sont transformé en milices armées et vivent de la taxation, des transports et de l’aide internationale. L’Union du peuple kurde (UPK) de Jalal Talabani et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani s’affrontent militairement, entraînant la mort de centaines de personnes. L’Iran et la Turquie interviennent au Kurdistan irakien pour mettre fin aux guérillas qui touchent leurs pays. Les États-Unis organisent en Europe des réunions de réconciliations mais n’obtiennent que des trêves temporaires.