9 février : L'état d'urgence est décrété pour 12 mois en Algérie. Il s’ouvre une longue période de guerre civile où périssent des milliers d’Algériens et d’étrangers.
15 mars : Référendum pour une nouvelle constitution au Congo[7]. Le multipartisme est adopté.
17 mars : Succès du référendum sur la participation des Noirs à la vie politique en Afrique du Sud. Frederik de Klerk obtient l’abolition de l’apartheid à l’issue d’un référendum organisé pour les seuls Blancs. Les homelands sont invités à réintégrer l’Afrique du Sud (1994).
9 mars : Constitution instaurant le multipartisme au Burundi[8].
Signature à Bamako du « Pacte Social pour l'amélioration des conditions de vie des travailleurs », entre l'État malien et l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM).
Brésil : L’inflation atteint 1150% en 1992 et s’accompagne d’un effondrement de la production industrielle. Erosion des salaires, chômage, paupérisation. La situation externe s’améliore (balance commerciale, afflux de capitaux étrangers). Un accord signé avec le FMI en juillet aboutit à une réduction globale de 15% de la dette extérieure et suppose l’adoption d’un strict programme de stabilisation.
29 avril-1er mai : Emeutes de Los Angeles, faisant 50 morts et des centaines de blessés, suite à l’affaire Rodney King (acquittement de quatre policiers blancs qui avaient battu un automobiliste noir).
Commémoration du cinq centième anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb. Les Indiens, rejoint par d’autres américains, organisent des manifestations nationales de protestation.
2 juin : Sitiveni Rabuka est élu Premier ministre des Fidji, mais son gouvernement doit démissionner en novembre 1993, sa proposition de budget ayant été refusée. Il sera cependant réélu en février 1994.
27-29 janvier : A Singapour, L’ASEAN lance le projet d’une zone de libre-échange avec un échéancier de réduction des tarifs douanier entre ses membres. Création d’un secrétariat permanent de l’APEC (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) à Singapour. Un sommet annuel des chefs d’Etats adhérant à l’APEC est institué à partir de 1993.
Janvier-octobre, Chine[16] : Les conservateurs essaient de profiter de la répression pour freiner les réformes, mais Deng Xiaoping profite d’un voyage à travers la Chine au début de l’année pour indiquer que le cap en matière économique n’a pas changé ; le 14e Congrès du parti, en octobre, confirme que l’objectif est bien de construire « un système économique socialiste de marché ». Après 1992, Deng Xiaoping, vieux et malade, ne participe plus guère à la gestion du pays mais reste la figure la plus respectée.
28 février, Cambodge : l’ONU commence à inscrire les électeurs en prévision des élections de mai 1993. Des affrontements entre le gouvernement, les partisans de Norodom Sihanouk et les Khmers rouges menacent à plusieurs reprises de mettre un terme au processus de paix. Finalement, les Khmers rouges refusent de participer au scrutin électoral.
22 mars : Élections en Thaïlande. La victoire de partis pro-militaires suscite à Bangkok une vague de manifestations des étudiants et de la classe moyenne exigeant la mise en place de réformes démocratiques. Ces manifestations sont violemment réprimées par l’armée, mais le roi intervient pour imposer un gouvernement plus respectueux de la démocratie.
9 avril[17] : La Corée du Nord signe un accord avec l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) autorisant l’inspection de ses installations nucléaires. Probablement détentrice de l’arme nucléaire, la Corée du Nord refuse la visite des sites suspectés aux inspecteurs de l’AIEA et menace de se retirer du traité de non-prolifération nucléaire qu’elle avait ratifié en 1985.
30 juin, Philippines : Les mouvements insurrectionnels communistes et les querelles intestines au sein de l’armée poussent Cory Aquino à rechercher un compromis avec la droite, ce qui provoque le départ de nombreux libéraux de son gouvernement. Cory Aquino, après avoir échappé à plusieurs coups d’État, doit démissionner suite à l'échec de sa politique économique et agraire. Fidel Ramos lui succède à la présidence.
23 septembre : Les élections organisées en Thaïlande aboutissent à la formation d’un nouveau gouvernement de coalition des partis prodémocratiques dirigé par un vétéran de la politique, Chuan Leekpai, chef du parti démocrate.
23-28 octobre : L’empereur du JaponAkihito se rend en Chine pour la première fois de l’histoire.
24 novembre[18] : Les forces américaines se retirent des Philippines, après la décision par le Sénat philippin de ne pas renouveler les baux des bases militaires américaines.
6 décembre, Inde : Les extrémistes hindous entreprennent la destruction de la mosquée d’Ayodhya, ce qui entraîne de violents affrontements intercommunautaires dans tout le pays, provoquant la mort de plus de 1200 personnes. Le lendemain, des émeutes anti-indiennes ont lieu au Pakistan et au Bangladesh.
La Russie retire son dernier grand navire de la base de Cam Ranh au Viêt Nam et rapatrie tous ses conseillers (base restituée définitivement en mai 2002).
Dès la fin de l’année, Washington permet aux compagnies américaines d’ouvrir des bureaux au Viêt Nam.
La Chine compte 1,27 milliards d’habitants. Le pays est devenu depuis la mort de Mao Zedong une grande puissance économique et militaire. Mais l’effort de soutient budgétaire en faveur des entreprises d’État, lourdement déficitaires, devient insupportable. Leur mise en faillite impliquerait le chômage pour des millions des travailleurs bénéficiant par ailleurs d’une médiocre protection sociale. La mauvaise santé des entreprises d’État rejaillit sur les banques qui ploient sous les créances douteuses. La corruption affaiblit le système. Le pouvoir central communiste réussit cependant à conserver le contrôle de la situation, car une majorité de Chinois craint que le pays ne replonge dans le chaos.
Asie Centrale et Caucase
6 janvier : Zviad Gamsakhourdia, le président de Géorgie, accusé de corruption, de violation des droits de l’homme et d’abus de pouvoir est chassé du pouvoir. Gamsakhourdia et ses partisans montent plusieurs opérations pour tenter de reprendre Tbilissi par la force et, en octobre 1993, menacent Kutaisi. La révolte prend fin après la mort, apparemment par suicide, de Gamsakhourdia à la fin 1993.
13 janvier[20] : Une nouvelle Constitution, respectant les principes de démocratie, d’économie mixte, de liberté d’opinion et de neutralité en politique étrangère est adoptée en Mongolie. Le nom de république populaire et l’étoile rouge du drapeau sont abandonnés.
25 mai : Traité du Kazakhstan avec la Russie : le Kazakhstan doit détruire toutes ses armes nucléaires ou les transférer sous contrôle russe dans les sept années à venir[21].
Mai : Début de la guerre civile au Tadjikistan (fin en juillet 1997)[22]. Approvisionnés en armes à partir de l’Afghanistan, les démocrates islamistes prennent le contrôle de la capitale. Aidés par les forces russes et ouzbeks, les procommunistes reprennent ensuite la ville puis le contrôle du pays, rétablirent le gouvernement et lancent une campagne d’élimination de l’opposition, interdisant le Parti de la renaissance islamique, où le Lali Badakhshan, qui réclamait une plus grande autonomie pour la région du Gorno-Badakhshan (1993), et limitant la liberté de la presse. Pour pouvoir contrôler les autorités religieuses musulmanes, le gouvernement établi une séparation des pouvoirs de l’Etat et du clergé.
16 juin : Abülfaz Elçibay, chef du Front populaire azéri (FPA), est élu président de l’Azerbaïdjan au suffrage universel avec 55 % des voix (fin le 1er septembre1993).
Afghanistan : Les factions rivales acceptent la mise en place d’un conseil intérimaire pour gouverner l’Afghanistan, avec comme président Burhanuddin Rabbani du Pamiat-i Islami (Tadjiks et musulmans modérés).
Le Parti révolutionnaire du peuple mongol (PPRM) reconstitué remporte les élections législatives en Mongolie[23]. Le Grand Khural est aboli et un nouveau Grand Khural unicaméral devient le Corps législatif du pays.
23 juillet : Le Soviet suprême abkhaze déclare l’indépendance de l’Abkhazie.
Août : Les autorités géorgiennes envoient des troupes en Abkhazie sous couvert de protéger les voies d’approvisionnement et pour poursuivre les forces soutenant Gamsakhourdia . D’intenses combats ont lieu, les Abkhazes recevant le soutien des peuples caucasiens de Russie. Les forces géorgiennes perdent énormément de terrain jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit déclaré en juillet 1993.
Les dernières troupes de l’ancienne Union soviétique (environ 65 000 soldats) quittent la Mongolie à la fin de l’année.
Proche-Orient
6 janvier : le Conseil de sécurité des Nations unies condamne la politique israélienne à l’égard de la population palestinienne (déportation)[24]. Des attentats individuels frappent les colons israéliens en janvier.
13 mai, Liban : Le gouvernement Omar Karamé démissionne suite à des manifestations déclenchées par la crise monétaires.
19 mai : Des élections sont organisées dans la région autonome Kurde en Irak.
8 juin : L'écrivain égyptien Farag Foda est assassiné dans un attentat perprétré par le groupe islamiste Al-Gama'a al-Islamiyya. Ses travaux sur l'Islam et le Coran avaient suscité la colère des autorités religieuses.
13 juillet : Yitzhak Rabin, militaire au passé prestigieux, Premier ministre en Israël. Il prend des initiatives pour débloquer la situation, et s’efforce d’obtenir la paix sans que la sécurité n’en souffre. Avec son ministre des Affaires étrangères Shimon Peres, il prend pour la première fois contact avec Yasser Arafat, leader de l’OLP devenu vulnérable depuis que les monarchies arabes lui refuse tout aide financière depuis son soutien à Saddam Hussein dans la guerre du Golfe.
21 juillet : Attentat au Caire. Début d'une campagne d’attentats islamistes contre des groupes de touristes en Égypte[26].
25 juillet, Liban Sud : l’aviation israélienne réplique aux attaques chiites (13 israéliens morts depuis le début de l’année) en bombardant de nombreux sites, y compris civils. Le Hezbollah réplique en bombardant la Galilée. Rabin lance alors l’opération « règlement de compte » qui entraîne la fuite vers le nord du Liban de 300 000 personnes. Le 31 juillet, suite à une intervention américaine, un cessez-le-feu est obtenu.
26 août : Résolution 773[27]. Une commission de l’ONU établit une délimitation de la frontière du Koweït avec l’Irak, qui prive ce dernier de tout accès maritime. Bagdad proteste.
27 août : Une nouvelle zone d’exclusion aérienne est créée au sud de l’Irak afin de protéger les populations chiites[28].
6 septembre : Rashid al-Suhl organise les premières élections législatives au Liban depuis 1972. Elles sont boycottées dans les secteurs chrétiens, mais le Hezbollah et Amal entrent au Parlement.
Octobre : L’impasse des négociations de Washington relance la violence, menée par les mouvements islamistes. Les maisons des suspects d’attentats sont détruites au missile anti-char par les Israéliens.
17 décembre : Le gouvernement Rabin déporte hors des territoires occupés plus de 400 Palestiniens accusés d’être des activistes islamistes[29]. Ils sont envoyés au Liban, qui refuse de les accueillir et se retrouvent dans un no man’s land entre les zones des deux armées. L’action israélienne est condamnée par le Conseil de sécurité.
L’Irak se lance dans un vaste programme de reconstruction de l’infrastructure du pays. Saddam Hussein multiplie les dépenses somptuaires, telles la construction de palais présidentiels. Un nouveau réseau de canaux est creusé dans le sud. L’opposition politique et inexistante (assassinat de religieux chiites, fuite de dirigeants à l’étranger) et le blocus renforce le régime en plaçant les populations dans un état de dépendance et de malnutrition.
Liban : l’État cherche à démanteler les cultures de drogues. L’économie est au plus bas. La monnaie nationale continue de perdre de sa valeur tandis que la reconstruction immobilière reste à faire. En mai, la livre libanaise s’effondre (un dollar pour 2000 livres).
28 septembre : Début des émissions d'Arte, chaîne de télévision généraliste franco-allemande de service public à vocation culturelle européenne, dans le cadre d'un groupement européen d'intérêt économique. Jérôme Clément en est le premier président.
4 octobre : Un avion cargo de la compagnie aérienne El Al s'écrase dans la banlieue d'Amsterdam, faisant 43 morts.
29 janvier : Transformation des grands holdings d’Etat (IRI, ENI, ENEL, INA) en sociétés anonymes sous la tutelle du Trésor (loi n°35)[31].
2 février : Dissolution de la Chambre par le président de la République Cossiga.
17 février : Début de l'Opération Mani Pulite (Mains propres). Deux magistrats milanais, Antonio Di Pietro et Gherardo Colombo, au cours d’une enquête sur une affaire de corruption dans les marchés publics, débusque un membre du PSI, Mario Chiesa alors qu’il recevait un pot-de-vin d’un entrepreneur. Chiesa reconnaît que ces pratiques sont répandues dans tous les partis politiques. Les sommes détournées sont énormes et l’enquête des juges milanais, relayée par la presse, provoque un véritable raz-de-marée judicaire et décapite la classe politique. Le 2avril1993, 1 116 informations judiciaires visant 2 500 personnes sont en cours. 152 parlementaires sont impliqués, et 1 356 arrestations effectuées.
23 avril : Dernières élections législatives régie par la loi électorale proportionnelle adoptée par la République à la chute du fascisme. Ce système avait permis le dualisme DC-PCI sans possibilités d’alternance. La DC dominait la vie politique depuis 1948. Le résultat des élections est un véritable tremblement de terre politique (terremoto). La DC passe en dessous de 30% pour la première fois et le PDS (PCI depuis 1991) n’obtient que 16,5% des voix tandis que son aile gauche, Rifondazione Comunista, obtient 5,8%. Le PSI régresse (13,9%) comme le MSI (5,5%). La Ligue Lombarde (Lega Nord), créée récemment par Umberto Bossi avec un programme populiste et fédéraliste, obtient 8,7%. Ce bouleversement donne naissance à une démocratie de l’alternance fondée sur des coalitions.
28 juin : Le socialiste Giuliano Amato, proche de Craxi, forme un gouvernement de coalition alors que la situation est particulièrement difficile : la lire à été dévaluée de 30%, la dette publique est énorme, l’opération Manu Pulite décapite la classe politique. Le gouvernement Amato réussit en septembre à imposer une économie de 93 000 milliards de lires (46 milliards d’euros), la privatisation des grandes entreprises à participation étatique et parvient à un accord avec les syndicats sur la modération salariale.
21 juillet : Suite aux assassinat de Palerme, la population manifeste son indignation et les dirigeants italiens, contraints d’agir, mettent la Sicile en état de siège.
31 juillet : Suppression de l’échelle mobile et blocage des salaires pour l’année[32].
17 septembre : Dévaluation de la lire de 3,5% tandis que les autres monnaies du SME sont réévaluées de 3,5%.
22 octobre : Un repenti, Tommaso Buscetta, met en évidence les liens entre la Mafia et le pouvoir politique, affirmant que Salvo Lima, député européen et ancien maire DC de Palerme, assassiné le 12 mars, était l’intermédiaire entre la Mafia et Giulio Andreotti.
23 décembre : Des liens entre la Mafia et des responsables de la lutte anti-Mafia sont dénoncés.
12% des actifs travaillent dans le secteur primaire, 32% dans le secondaire, 56% dans le tertiaire. Selon le ministère du travail, 1,5 millions de travailleurs ne sont pas déclarés. Un million de travailleurs exercent une double activité.
Février : En Lituanie, la popularité de la coalition Sąjūdis s’effrite à cause de batailles politiques internes, d’une crise économique sévère provoquée par l’interruption des liens commerciaux avec les ex-républiques soviétiques et de mauvaises relations avec les pays voisins. Le Parti démocratique du Travail de Lituanie (PTDL, ancien Parti communiste de Lituanie) remporte la majorité des sièges au Seimas en février.
1er mars : Déclaration d’Indépendance de la Bosnie-Herzégovine suite à un référendum où les Serbes (un tiers de la population) ont boycotté les urnes. La guerre se déplace sur son territoire.
22 mars : L'opposition remporte les premières élections libres en Albanie. Défaite du Parti Socialiste Albanais aux législatives. Les « démocrates » sont majoritaire au Parlement.
2 avril : Sali Berisha devient président en Albanie à la place de Ramiz Alia, avec un programme d’économie de marché et de privatisations. Le système communiste et renversé, mais les socialistes refont surface en été lors des élections locales, alors que le pays s’enfonce dans la crise et que le camp démocrate se déchire.
Début de la guerre de Bosnie-Herzégovine (fin en août 1995). Les Serbes de Bosnie-Herzégovine appuyés par l’armée « yougoslave » de Milosevic conquièrent 70 % de la Bosnie-Herzégovine en quelques mois et constituent une république qui entend faire sécession pour se rattacher à la Serbie. L’ONU condamne la Yougoslavie comme l’agresseur de la Bosnie-Herzégovine.
L'ONU vote un embargo commercial contre la Yougoslavie qui se révèle rapidement poreux. D’anciennes solidarités paralysent l’action de la communauté internationale qui affiche ses divisions.
2 août : Révélation sur la mise en place de camps de concentration par les Serbes en Bosnie-Herzégovine, début de l'« épuration ethnique ».
22 septembre : La République fédérale de Yougoslavie (Serbie-Monténégro) est exclue de l’Assemblée générale des Nations unies. L’ONU ne reconnaît pas la nouvelle république comme successeur de la Yougoslavie, lui laissant la possibilité de présenter sa candidature en son nom propre. Le Premier ministre fédéral, Milan Panić semble décidé à suivre cette voie (octobre), mais ses adversaires politiques en profitent pour l’éliminer.
4 novembre : Ion Iliescu, réélu président de Roumanie, nomme un nouveau gouvernement dirigé par Nicolae Văcăroiu et dominé par le Front démocratique du salut national (FDSN), l’un des deux partis issus de la scission du Front de salut national.
Affrontements intercommunautaires en ex-Yougoslavie. Environ 100 000 réfugiés fuient le pays pour la Hongrie dont le gouvernement fait appel à l’aide occidentale.
Retrait des garnisons soviétiques en Pologne (1992-1993).
En Tchécoslovaquie, la campagne de privatisation par distribution gratuite de coupons prend son essor grâce à la publicité massive orchestrée par des fonds d’investissements liés aux banques et autres organismes financiers. Ces fonds vendent leurs actions contre des coupons qu’ils utilisent pour acheter des actions des entreprises d’Etat transformées en sociétés anonymes ; ils promettent de racheter leurs propres actions à des prix au moins dix fois supérieurs au montant versé initialement par le public—ce qui explique son engouement (82% des adultes tchèques détiennent des coupons). Lors de la première vague, 42% des actifs sont privatisés de cette façon, alors que l’Etat conserve une bonne part de son capital. Certaines entreprises d’Etat tombent sous le contrôle de capitaux étrangers (Skoda par exemple, rachetée par Volkswagen). Mais la majorité dépendent d’un groupe de Fonds d’investissement, les uns contrôlés par des particuliers, la plupart par les cinq grandes banques tchèques, elles-mêmes contrôlées en partie par l’organisme public chargé de la privatisation. Il en résulte un système pyramidal fragile et instable, car les Fonds d’investissement, qui doivent verser des dividendes, allègent leurs portefeuilles en vendant des actions. Une nouvelle privatisation, « silencieuse » peut alors débuter, visant à restructurer l’économie pour la rendre plus performante.
1er janvier : Lancement du programme de réformes économiques radicales de Iegor Gaïdar en Russie. Les conservateurs, regroupés autour du président du Parlement, émanation du Congrès des députés du peuple (CDP),