8 décembre : A la suite du séisme d'Erevan (25 000 morts) en Union soviétique, à l'initiative du président Mitterrand, l'Assemblée générale de l'ONU adopte le principe de l'ingérence humanitaire : « assistance humanitaire aux victimes de catastrophes naturelles et situations d'urgence du même type ».
5 janvier : Manifestations de femmes contre la vie chère à Conakry.
12-20 janvier : Bataille de Cuito Cuanavale. L’Angola sert de base arrière au mouvement de libération de Namibie (SWAPO). Les troupes sud-africaines, envahissent le sud de l’Angola au début de l’année pour appuyer l’UNITA, mouvement dirigée par Jonas Savimbi contre les marxistes du MPLA. Leur échec ouvre la voie à la médiation américaine.
30 août : Le Maroc et le Front Polisario entament des négociations. Les deux parties acceptent la médiation des Nations Unies mais ne parviennent pas à une entente.
13 décembre : L’accord de Brazzaville met fin au conflit international en Angola. Les troupes cubaines se retirent par étape de l’Angola, tandis que la Namibie accède à l’indépendance, qui sera proclamée le 21 mars 1990. La guerre civile continue cependant en Angola.
Côte d'Ivoire : 11 millions d’habitants. L’espérance de vie est passé de 33 ans en 1959 à 55 ans. Progression de l’alphabétisation : 8% en 1960, 56% en 1980, 61% en 1988.
6 octobre : célébration de la victoire du Non lors du référendum au Chili
5 janvier : Une nouvelle mutinerie militaire met en danger le régime en Argentine.
15-16 janvier : Sommet centraméricain d’Alajuela au Costa Rica. Il fait un bilan négatif de la mise en application des dispositions prévues par le plan de paix Arias.
29 janvier : Les États-Unis annoncent que les « quatre dragons » (Corée du Sud, Hong Kong, Singapour et Taïwan) n’ont plus à bénéficier du traitement privilégié accordé aux pays en voie de développement.
14 février, Nicaragua : Le gouvernement sandiniste lance une réforme monétaire de grande ampleur, assortie d’un train de mesures de stabilisation impopulaires qui se solderont globalement par un échec.
Référendum au Chili. 54% des votants s’opposent à la prolongation du mandat de Pinochet et se prononcent pour la tenue d’élections générales. L’opposition victorieuse se divise pour savoir si elle doit présenter un candidat unique et un programme commun de gouvernement. Elle y renonce provisoirement. Système constitutionnel au Chili. Des élections libres portent au pouvoir un gouvernement chrétien-démocrate.
Constitution d’Octobre 1988 au Brésil : scrutin présidentiel direct à deux tours, accroissement du poids du Congrès face à l’exécutif, décentralisation, droits sociaux et liberté individuelles.
29 novembre : Traité d'intégration, de coopération et de développement[3] entre le Brésil et l’Argentine, qui se lancent dans une expérience de libéralisation multilatérale des échanges.
22 avril : Prise d'otages d'Ouvéa (Nouvelle-Calédonie), lors duquel 24 gendarmes sont pris en otages par des Kanaks et 4 autres assassinés à la hache et au fusil de chasse. Ce grave évènement marque le début du malaise de la gendarmerie.
15 mai, Guerre d'Afghanistan : Début du retrait des Soviétiques d’Afghanistan (fin en février 1989) Les chiffres officiels (mai) indiquent que 13 310 soldats soviétiques ont été tués et 35 478 blessés au cours des combats.
23 juillet, Birmanie : Devant le mouvement populaire de protestation, Ne Win démissionne de la présidence du parti socialiste birman, déclenchant une période de forte instabilité politique.
Cambodge : à l'automne, sur ordre de Khieu Samphan, des milliers de réfugiés sont envoyés, sous le feu de l'artillerie vietnamienne, ravitailler les khmers rouges en munitions et en vivres. Plus d'un demi-millier d'entre eux seront massacrés dans cette mission suicidaire.
Chine : Retour de l’inflation (plus de 20%) due à la libéralisation des prix, mesure préconisée par Deng Xiaoping. Le pouvoir de Zhao Ziyang s’en trouve affaibli, même s’il était hostile à la réforme.
Augmentation des salaires des travailleurs sud-coréens de 15 % par après 1988.
Intifada : à partir de janvier, les commerçants palestiniens entrent en grève dans les centres urbains des Territoires occupés. Dans les campagnes, des barrages sont dressés sur les routes. Yitzhak Rabin est charger de réprimer l’insurrection, qui prend une ampleur considérable.
4 janvier : Mise sur pied de la Direction patriotique unifié du soulèvement, qui réclame l’intensification de la lutte et l’édification d’un État palestinien indépendant. Une partie des islamistes se rallient tandis que les plus radicaux forment le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dont le programme est la lutte permanente et la disparition totale de l’État d’Israël. L’Intifada s’organise autour de comités populaires chargés de mettre en œuvre les consigne des la direction unifiée : grèves, boycott des marchandises israéliennes, refus de payer les taxes israéliennes, etc. Le soulèvement fait en moyenne un mort palestinien par jour. Environ 15 000 Arabes sont emprisonnés. Peu à peu, les Territoires occupés cessent d’être pour Israël une source de revenus et deviennent une charge financière.
27-29 février : Pogrom de Sumqayıt. La ville de Sumqayıt, important centre industriel proche de Bakou, est le lieu d’un véritable pogrom. Plusieurs dizaines d’Arméniens sont assassinés et des centaines d’autres blessés. En Arménie, le Comité Karabakh, formé par un groupe d’intellectuels, se fait le porte-parole des aspirations à la démocratisation, à la liberté et à la souveraineté nationale.
Février-Juin[5] : Plan Shultz, qui appelle à la tenue rapide de négociations entre Israël et une délégation jordano-palestinienne, pour aboutir à un accord intérimaire sur les territoires occupés puis à une discussion sur leur statut définitif selon le principe « terres contre paix ». Shimon Peres approuve le plan américain mais le chef du gouvernent Ariel Sharon le refuse. George Shultz propose une participation de l’OLP aux négociations en échange de la reconnaissance d’Israël de la résolution 242. La Jordanie rejette l’idée de délégation commune avec les Palestiniens et l’OLP demande un dialogue direct israélo-palestinien dans le cadre d’une conférence internationale.
16-19 mars : L’aviation irakienne bombarde la population kurde du Kurdistan irakien (Halabja) avec des bombes à chargement chimique. 5.000 civils kurdes sont tués.
16-18 avril, guerre Iran-Irak : L’Irak repasse à l’offensive et reprend Fao, puis multiplie les victoires. En juillet, le territoire iranien est à nouveau menacé.
20 août : Fin de la guerre Iran-Irak grâce à un cessez-le-feu organisé par l'ONU (1 million de morts pour un statu-quo). Une conférence internationale s’ouvre alors à Genève autour des belligérants, qui n’arrivent pas à s’accorder sur la question des frontières internationales et sur l’échange des prisonniers. Après la mort de Khomeiny le 3juin1989, les luttes de pouvoir à Téhéran ne permettent plus d’obtenir une décision diplomatique.
22 septembre : Le président libanais Amine Gemayel fait ses adieux au terme de son mandat, sans qu'un successeur ait été désigné ; le Liban n'a plus de président.
Elections présidentielles au Liban. La Syrie soutient Soleimane Frangié. L’armée libanaise et les Forces libanaises s’y opposent avec l’appui de l’Irak. Samir Geagea et Michel Aoun parviennent à empêcher l’élection de Frangié (été). Le 22 septembre, le général Michel Aoun est nommé Premier ministre chargé de l’intérim de la présidence du Conseil. Salim el-Hoss, chargé de l’intérim gouvernemental depuis la mort de Rachid Karamé refuse de la reconnaître et maintient un gouvernement rival.
13-16 décembre : Conférence des Nations unies de Genève. Arafat accepte l’existence d’Israël, admet les résolutions 242 et 338 et dénonce l’action terroriste.
22 décembre : En Israël, Yitzhak Shamir prend la tête du gouvernement d’union nationale et conserve une ligne dure face aux ouvertures palestiniennes.
1 170 000 Palestiniens dans les territoires occupés (75% de plus depuis 1967).
13 février : Accord des douze membres de la CEE sur une réforme du financement de la CEE. Il rend possible l’ouverture d’un marché unifié le 1er janvier1993 et comprend une clause prévoyant une hausse de 100% de l’aide accordée par les pays du Nord aux pays du Sud en 1993.
3 mars : Formation au Royaume-Uni du parti libéral démocrate, né de l’alliance du parti libéral et du parti social-démocrate et dirigé par Paddy Ashdown. Il ne réalise que 6 % des suffrages aux élections européennes de juin1989.
13 juin : Lors du Sommet de Luxembourg, les ministres des finances de la CEE décident de libéraliser les mouvements de capitaux pour le 1er juillet 1990.
25 juin : Reconnaissance mutuelle de l'URSS et de la CEE[10].
6 juillet : Catastrophe de la plate-forme pétrolière Piper Alpha en mer du Nord qui provoque 167 morts.
29 juillet : Education Act au Royaume-Uni donnant aux établissements une importante marge de manœuvre en matière de budget et de recrutement des enseignants. Elle impose un programme national obligatoire dans une dizaine de matières et un examen national de fin d’étude secondaire (GCSE).
24 août : A Chypre, les Chypriotes turcs et grecs entament un dialogue.
La XIIe conférence de l’Eglise anglicane à Lambeth admet l’ordination épiscopale des femmes.
Conjoncture économique favorable en Europe (1988-1989).
Espagne : L’inflation est stabilisée. Croissance économique.
Italie : Poursuite de la croissance (3,8 %). Le déficit commercial s’accroît (12 863 milliards de lires) en dépit d’un important excédent du au tourisme (8 260 milliards). L’inflation reprend (5 %).
Royaume-Uni : Le secteur tertiaire assure 66% du revenu national et emploi 13,5 millions de personnes (68 % de la main-d’œuvre nationale). 2,6 millions d’émigrés. Hausse des taux d'intérêts. De nombreux propriétaires ayant acheté leur logement dans un contexte euphorique sont dans l’impossibilité d’honorer leurs traites et sont expulsés.
Février : Le nouveau président de la Serbie, Slobodan Milošević, fait campagne sur la nécessité de mettre un terme à l’autonomie du Kosovo et de la Voïvodine. Les autres républiques yougoslaves craignent un retour vers un régime centralisé.
3 mars[12] : En Roumanie, Nicolae Ceauşescu annonce un programme de repeuplement forcé prévoyant la démolition de près de 8 000 villages, le relogement des travailleurs agricoles et de leurs familles dans des tours en béton (politique de « systématisation »), et l’édification de monuments grandioses et peu réalistes à la gloire du régime et de son dirigeant, le Conducator. Ceausescu abaisse le niveau de vie des Roumains pour rembourser sa dette extérieure. Des milliers de Hongrois de Transylvanie, menacés dans leur identité, fuient vers la Hongrie. La politique des Ceausescu (sa femme Elena prend de plus en plus d’influence) ruine le pays, mais la population ne bouge pas, terrifiée par la police secrète, la Securitate.
23 mars, URSS : Affaire Nina Andreeva, une chimiste de Leningrad qui a signé un article de presse d’esprit staliniste. L’opposition à Mikhaïl Gorbatchev amorce un retour, mais celui-ci contre-attaque et profite de son prestige de secrétaire général pour faire adopter par la 19e conférence du parti des mesures radicales (28 juin).
22 mai : En Hongrie, János Kádár est remplacé au poste de secrétaire général par le Premier ministre Károly Grósz qui établit un austère programme économique avec de nouveaux impôts, des suppressions de subventions et la création d’un petit secteur privé. Grósz tempête contre la prétendue « terreur blanche » et y trouve prétexte pour refuser tout pluralisme. Mais il se heurte à l’opinion et le régime doit faire marche arrière. Le gouvernement assouplit la censure, autorise la formation de partis politiques indépendants et reconnaît le droit de grève et de manifestation.
28 juin-1er juillet : XIXe congrés du Parti communiste de l'Union soviétique. Gorbatchev propose une série de réformes constitutionnelles qui doivent transférer le pouvoir du parti à des représentants élus par le peuple, réduire le rôle du parti dans la gestion de l’économie locale et accroître largement le pouvoir du président.
Amorce de réformes en URSS sur l’initiative de Mikhaïl Gorbatchev pour plus de transparence (glasnost) et de liberté dans la vie politique, et pour œuvrer à la restructuration sociale et économique (perestroïka). Transfert de responsabilités du Comité central aux entreprises. Loi sur les coopératives favorisant l’établissement d’entreprises privées (comme les réparateurs d’automobiles et de télévision), à conditions qu’elles n’emploient pas de salariés directs.
Août : Des grèves se multiplient en Pologne pour protester contre la hausse des prix et pour réclamer la légalisation du syndicat Solidarité.
Décembre : Lors de l’Assemblée générale des Nations unies Gorbatchev annonce une réduction unilatérale des forces conventionnelles, notamment en Europe de l’Est et le long de la frontière sino-soviétique.
Manifestations en Yougoslavie contre la chute du niveau de vie et la corruption.
40 000 citoyens d’Allemagne de l’Est sont autorisés à passer à l’Ouest.
Union soviétique : 40% des familles vivent avec moins de 100 roubles par mois — le seuil de pauvreté est alors fixé entre 50 et 90 roubles par mois selon les régions de l'Union soviétique — Une famille soviétique moyenne consacre 59% de ses revenus à l'achat de denrées alimentaires[13] .