8 décembre : Sommet de Washington. Accord Ronald Reagan-Mikhail Gorbatchev sur les Euromissiles (Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty). L’URSS, qui dispose en Europe d’un stock de missiles beaucoup plus important que l’OTAN, fait davantage de concessions (ne porte que sur 4% [autre source de 15 %] de l'armement nucléaire).
Rick Astley sort sa chanson "Never Gonna Give You Up"
La population de la Terre franchit le cap des cinq milliards.
Juillet[1] : Nouveau code électoral au Cameroun, acceptant des candidatures multiples. Élections municipales en octobre, pluralistes dans le cadre du parti unique.
Dialogue entre les jeunes et le président du MaliMoussa Traoré sur le problème de la corruption.
Amérique
6 janvier, Chili : Augusto Pinochet lève l’état de siège et autorise le retour de certains exilés. Apertura : Des espaces de participation sont octroyées aux partis d’opposition. Pinochet compte sur leurs divisions pour se maintenir au pouvoir.
Février : Le gouvernement brésilien, pris entre l’endettement à l’extérieur et la dette interne, suspends provisoirement le paiement de la dette extérieure. En juin, il décide un nouveau gel des prix et des salaires (plan Bresser). Mais peu après, il accorde une augmentation de 47,5% de leur solde aux militaires. Bresser Pereira démissionne et est remplacé aux finances par Mailson de Nobrega (21 décembre)[2].
5 mars : Séisme de magnitude 7,0 dans le nord-est de l'Equateur
16 avril : « Crise de la semaine sainte » en Argentine : un régiment d’infanterie se retranche dans ses quartiers pour protester contre l’arrestation de l’un des siens accusés de violation des droits de l’homme. Une amnistie générale est réclamée pour les militaires poursuivis. La rébellion est matée trois jours plus tard, grâce à la mobilisation des Argentins pour la défense de la démocratie. Le président Raúl Alfonsín est cependant contraint de négocier avec l’armée, notamment au sujet du « devoir d’obéissance ».
26 mai, Chili : Sept partis forment la Izquierda Unida (IU) qui se fixe pour objectif d’infliger une défaite politique au régime. Peu après, le Parti communiste du Chili rompt avec le Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR) qui continuait de prôner une stratégie insurrectionnelle. L’opposition de gauche modérée et la démocratie chrétienne préfèrent se battre dans le cadre des institutions adoptées en 1980 et attendre le plébiscite prévu pour 1988.
5 juin, Argentine : Une loi stipule que seuls sont passibles des tribunaux les militaires qui commandaient un corps d’armée ou une sous-région militaire ainsi que ceux qui avaient la responsabilité d’une des forces de sécurité, soit une trentaine de personnes seulement au total. Cette loi d’amnistie (« loi d’obéissance aux ordres reçus ») met un terme aux procès mais pas à la mauvaise humeur des militaires qui souhaitent une augmentation de leur budget (réduit de moitié) et la reconnaissance du bienfait historique de leurs opérations de lutte contre la subversion.
6-7 août : Second sommet d’Esquipulas (Guatemala). Les dirigeants centraméricains approuvent « un plan pour établir une paix ferme et durable en Amérique centrale », proposé par le costaricien Óscar Arias Sánchez. Le plan Arias appelle à des réconciliations régionales, exhorte à un cessez-le-feu au Nicaragua, au Salvador et au Guatemala, demande une démocratisation et des élections libres, appelle à un arrêt de l’aide étrangère aux forces irrégulières et au respect des frontières, recommande des négociations concernant les procédures de vérification, engage les gouvernement à traiter le problème des réfugiés, appelle à la coopération pour le développement et la démocratie, annonce la création d’une commission internationale de vérification et suivi, et met en place un calendrier pour l’exécution des mesures prévues. Il contient en filigrane la nécessité du départ du pouvoir des Sandinistes.
29 novembre[4] : Conférence économique latino-américaine d’Acapulco qui affirme que « le retour d’une croissance économique soutenue, l’améliorations du niveau de vie des populations et le renforcement des processus démocratiques » exigent « une solution permanente au problème de la dette ».
Décembre, Mexique : Programme de stabilisation contre l’inflation : réduction drastique des déficits publics, détermination d’objectifs en matière de prix et de salaires et fixation de cibles pour le taux de change—successivement un taux fixe vis-à-vis du dollar, puis du change rampant (janvier 1989) dans un « serpent » (décembre 1991).
L’économie des États-Unis résiste au krach, contenu par une politique d’émission monétaire, par des rachats massifs d’actions qui font remonter les cours, par le rôle sécurisant des filets protecteurs hérités des années 1930 (garantie fédérale des dépôts bancaires, systèmes d’assurance de la Sécurité sociale) et par la généralisation des foyers à deux salaires.
La crise s’aggrave en Amérique latine : la croissance ralentit (2,6% contre 3,7% en 1986, l’inflation repart (187% contre 64,6% en 1986) et la dette atteint 410 milliards de dollars.
13 avril, Fidji : une coalition, composée principalement de Fidjiens d’origine indienne, emporte les élections législatives. Timoci Bavadra devient Premier ministre à la suite de Ratu Sir Kamisese Mara.
14 mai, Fidji : Coup d’État dirigé par le colonel Sitiveni Rabuka, visant à restaurer l’autorité des Fidjiens autochtones. Le gouverneur-général de la Grande-Bretagne, représentant la reine Élisabeth, prend alors le pouvoir exécutif et négocie un accord entre les Indiens et les Fidjiens autochtones.
13 septembre : Référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie approuvant le maintien du territoire dans la République française, les indépendantistes avaient appelé à l'abstention.
25 septembre : Rabuka entreprend un second coup d’État, qui met en place un gouvernement civil dominé par les Fidjiens autochtones.
7 octobre : La reine Élisabeth est destituée du titre de chef de l’État et les îles Fidji sont exclues du Commonwealth par les pays membres.
Décembre 1986-Janvier 1987, Chine : Le spectacle de la corruption, des inégalités, du favoritisme et du clientélisme suscite le mécontentement dans les milieux étudiants. Le secrétaire général du parti Hu Yaobang manifeste une certaine compréhension à leur égard, Deng Xiaoping condamne les manifestations.
Avril, Inde : Affaire Bofors. La radio suédoise annonce le versement de pots de vin lors de la conclusion d’un important contrat de vente d’armes. En juillet, le ministre indien de la Défense Arun Singh démissionne.
Mai : Répression militaire des mouvements séparatistes en Inde et à Sri Lanka : le président du Sri Lanka Jayawardene lance une offensive contre les séparatistes Tamouls. Rajiv Gandhi envoie des vivres aux Tamouls de Sri Lanka, ce qui convainc Jayawardene de négocier.
29 juillet : Un accord est conclu entre le gouvernement srilankais et les rebelles Tamouls, mais simultanément, l’armée indienne intervient pour une opération de maintient de l’ordre. L’Inde devient la puissance protectrice des Tamouls jusqu’en 1989.
21 septembre : Le dalaï lamaTenzin Gyatso présente son Plan de paix en cinq points pour le Tibet au Congrès des États-Unis qu'il reformulera le 15 juin 1988 au Parlement européen de Strasbourg, officialisant ainsi une proposition de négociation, qui, il l'espérait, servirait de base pour la résolution de la question du Tibet. Le dalaï lama déclara : « Ma proposition, qui a été ensuite connue sous le nom « d'approche de la voie médiane » ou de « proposition de Strasbourg » consiste à envisager pour le Tibet une véritable autonomie dans le cadre de la République populaire de Chine. Il ne doit pas s'agir, cependant, de l'autonomie sur papier qui nous avait été imposée il y a cinquante ans dans l’accord en 17 points, mais d'une autonomie réelle, d'un Tibet qui s'autogouverne véritablement, avec des Tibétains pleinement responsables de leurs propres affaires intérieures, y compris l'éducation de leurs enfants, les questions religieuses, les questions culturelles, la protection de leur environnement délicat et précieux et l'économie locale. Pékin continuerait à assumer la responsabilité de la conduite des affaires étrangères et de la défense ».
27 octobre, Malaisie : Opération Lalang. Le gouvernement Mahatir bin Mohammed répond aux prétendues menaces de tension entre Malais et Chinois en arrêtant les dirigeants de l’opposition et en suspendant quatre journaux.
1er octobre, Tibet : De violentes manifestations éclatent à Lhassa qui dénoncent le pouvoir chinois[6]. Les émeutes antichinoises marquent un renouveau de la volonté du peuple tibétain de retrouver son indépendance.
Des négociations sont menées entre toutes les parties concernées pour tenter de trouver une solution politique au conflit cambodgien.
La retraite médiatique du dictateur Pol Pot est organisée par Khieu Samphân afin de calmer les « esprits malveillants, ennemis de la révolution khmère ». Il confie le commandement des forces armées khmères au colonel Ta Mok qui a fait dans le passé exterminer des milliers de cambodgiens dont de nombreuses femmes et des enfants. Il confirme à la direction du camp de réfugiés de Ta Luan l'administrateur Lok Wan accusé par les organisations humanitaires de très nombreux crimes contre l'humanité.
Crise sociale en Corée du Sud déclenchée par la mort d’un étudiant au cours d’un interrogatoire de police. Le général Chun Doo-hwan est contraint d’abandonner le pouvoir. Pour répondre aux manifestations de masse, son successeur Roh Tae-woo promet des réformes. La nouvelle Constitution, approuvée à 93% des voix lors d’un référendum national, entre en vigueur en février 1988, marquant le début de la VIe République. Le nouveau président tient ses promesses et libéralise le régime.
Guerre économique : L’Irak lance de nombreux raids aériens contre les installations pétrolières iraniennes dans le Golfe. L’Iran, de son côté, entrave tout accès irakien au Golfe. Bagdad construit de nouveau oléoducs vers la Turquie et l’Arabie saoudite. Pour répondre aux risques d’asphyxie économique, Téhéran décide de s’en prendre au trafic international des pétroliers dans le Golfe. Le Koweït demande la protection américaine, mais Washington refuse. L’émirat en appelle alors à Moscou, et les États-Unis sont contraint d’agir et commencent à protéger les navires marchands dans le Golfe au printemps. Les autres pays occidentaux envoient également des navires de guerre.
22 février : L'armée syrienne revient à Beyrouth-ouest qu'elle avait dû quitter en août 1982, afin de mettre fin à la lutte entre factions, à l’appel de musulmans libanais.
4 mai, Liban : Le gouvernement Karamé, accusé par les Forces libanaises et les druzes d’avoir laissé l’armée se reconstituer au profit du président de la République, démissionne.
7 mai : La frégate lance-missiles états-unienne USS Stark est touchée par 2 missiles Exocet irakiens, tuant 37 marins.
20 juillet, Guerre Iran-Irak : La résolution 598 est adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle demande un cessez-le-feu immédiat et le retrait des forces belligérantes derrières les frontières internationales, la libération des prisonniers de guerre, l’instauration d’une médiation onusienne. Elle promet une assistance économique et financière pour la reconstruction des deux pays. Mais la guerre des pétroliers se poursuit. La flotte des États-Unis se heurte à celle de l’Iran en octobre 1987 et avril 1988.
31 juillet : Affrontements entre forces de l'ordre et pèlerins iraniens à La Mecque : 402 morts, dont 275 iraniens. Les relations diplomatiques sont rompues entre Riyad et Téhéran.
8 novembre : Sommet d’Amman : les relations diplomatiques entre les membres de la LEA et l’Égypte sont rétablie, à l’exception de l’Algérie, de la Libye, de la Syrie et du Liban.
9 décembre : Première Intifada. Un camion israélien percute un taxi palestinien dans la bande de Gaza et fait quatre morts. La rumeur se répand qu’il s’agit d’un attentat perpétré par des colons israéliens. Des émeutes populaires éclatent les jours suivants et se propagent à la Jordanie. C’est le début de l’Intifada (« guerre des pierres »). Frustrés de voir que le sommet de la Ligue arabe réunit à Amman ne s’est pas préoccupé de leur sort, les jeunes palestiniens des territoires occupés lancent des pierres contre l’occupant israélien qui réplique avec une violence jugée parfois excessive.
22 décembre : La résolution 605 du Conseil de sécurité, adopté grâce à l’abstention américaine, déplore « les politiques et pratiques d’Israël qui violent les droits du peuple palestinien dans les territoires occupés »[9].
Le Liban traverse une période de désorganisation économique totale. Le pays est devenu un grand producteur de drogues dont les revenus financent les milices.
11 juin : Nouvelle victoire électorale des conservateurs dirigés par Margaret Thatcher au Royaume-Uni. Le Parti travailliste commence à recentrer son programme. Il se rallie à la vente des logements sociaux, aux privatisations, à certaines réformes syndicales et abandonne sa position antieuropéenne et le thème du désarmement unilatéral.
14 juin : Légère reprise de la Démocratie chrétienne (34,3%) aux élections législatives en Italie. Le PCI s’effondre à 26,6%. Le PSI atteint 14,3%, le MSI tombe à 5,9%, le PRI à 3,7%.
19 juillet, Portugal : Triomphe des conservateurs aux élections législatives anticipées (50,2% et 148 députés sur 250) et légère progression des socialistes (22,24% et 60 sièges)
12 000 citoyens d’Allemagne de l’Est, jugés indésirable ou inutiles, sont autorisés par les autorités de Potsdam à passer à l’Ouest.
Italie : Poursuite de la croissance (3%). Inflation à 4,6%. 25 millions d’automobiles en circulation. Le dérapage budgétaire, stoppé en 1986, recommence (fiscalité trop complexe, fraude fiscale, poids des intérêts de la dette…).
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