10-11 août : La France déclenche l'« Opération Manta » au Tchad[4]. Les troupes françaises interviennent au Tchad, en proie à la guerre civile. Les partisans hostiles au gouvernement d’Hissène Habré sont soutenus par la Libye.
Les pays africains commercent très peu entre eux (3,4% des exportations, 3 % des importations) et restent profondément dépendant des pays capitalistes occidentaux (83,3% des exportations, 74,2 % des importations), en particulier l’Europe occidentale (60,9 % des exportations, 55,9 % des importations).
8-9 janvier[6] : Création du groupe de Contadora : le Mexique, le Venezuela, la Colombie et Panamá décident d’entreprendre un effort de médiation destiné à ramener la paix dans l’isthme centraméricain. Il reçoivent un large appui international (excepté des États-Unis) et sont rejoint à partir de 1985 par l’Argentine, le Pérou, le Brésil et l’Uruguay.
25 février, Pérou : La région d’Ayacucho est déclarée zone d’urgence et placée sous commandement militaire[7], sans que la paix y revienne pour autant. Le président Belaúnde Terry donne carte blanche à l’armée pour réprimer la guérilla, ce qui se traduit par une augmentation des violations des droits de l’homme.
24 mars : Signature à Carthagène, Colombie, de la Convention pour la Protection et le Développement de l'Environnement marin de la région de la Grande Caraïbe, dite Convention de Carthagène, seul traité environnemental régional obligatoire.
La crise économique est à son comble en parti à cause d’une politique économique hésitante. Les militaires en sont discrédités. Divisés, ils doivent faire face à une énorme mobilisation populaire sur le thème Diretas Já ! (Élections directes tout de suite !) alors que le président Figueiredo choisit son successeur. Les modérés du PMDB arrivent à convaincre la gauche du parti de se ranger derrière Tancredo Neves. À l’intérieur du PDS (Partido Progressista), le président du parti José Sarney forme le PFL (Partido da Frente Liberal) qui refuse le candidat proposé par Figueiredo. Le PFL et le PMDB se rapprochent pour former l'AD (Aliança Democrática) pour soutenir la candidature du ticket Neves-Sarney. Les duros lancent des menaces, ce qui oblige Neves à donner des garanties qu’en cas de victoire, il n’y aurait pas d’esprit de revanche (revanchismo).
Le régime socialiste du Nicaragua est en proie à des incursions de guérilleros, les « Contras », venus du Honduras.
Commission Kissinger (commission nationale bipartisane sur l'Amérique centrale[9]) convoquée pour étudier les menaces qui pèsent sur les intérêts nord-américains dans la région. Elle conclu que l’origine de la crise est à chercher dans la pauvreté, l’injustice et des régimes politiques peu enclins aux réformes. Mais l’administration Reagan retient l’idée que les causes de la déstabilisation des démocraties sont l’exploitation d’une situation volatile faite par des forces hostiles aux valeurs occidentales et recevant l’appui soviétique.
Septembre : Le président équatorien Osvaldo Hurtado attire l’attention de la CEPAL sur les conséquences sociales et politiques de la crise de la dette. Une première conférence se tient sous l’égide de l’OEA à Caracas.
30 octobre : En Argentine, début de la présidence civile de Raul Alfonsin après la dictature de Videla, élu président avec la majorité des suffrages. Il restaure la démocratie. Il adopte une attitude raisonnable face aux militaires, choisissant de dire la vérité sur la « sale guerre » et de rendre justice, sans esprit de vengeance et sans attaquer l’institution militaire. Il souhaite que soient jugés sévèrement les anciens dirigeants des trois juntes mais que l’on fasse preuve d’indulgence vis à vis des exécutants. Il créé une Commission nationale sur la disparition des personnes (CONADEP) et en confie la direction à l’écrivain Ernesto Sabato.
La dette extérieure de l’Uruguay a doublé depuis 1972.
Le Premier ministre du CanadaPierre Elliott Trudeau change sa politique économique. Il propose de multiplier les accords bilatéraux avec les États-Unis sur le modèle du pacte de l’automobile de 1965. L’administration Reagan accepte de négocier, mais refuse la méthode proposée.
23 mars : Discours sur la sécurité nationale[10]. Pour briser la logique de « l’équilibre de la terreur », Reagan lance un programme défensif, l’Initiative de défense stratégique (IDS) baptisé par ses détracteurs « guerre des étoiles ». Il s’agirait de construire un bouclier antinucléaire impénétrable qui procurerait une « survie mutuelle assurée », au lieu de la « destruction mutuelle assurée » (MAD) de la dissuasion classique. Les critiques arguent qu’un tel système est déstabilisant, techniquement inefficace et onéreux, et qu’il risque de militariser l’espace. Les partisans de l’IDS remarquent que la MAD est immorale et que, du fait de la précision des missiles, les forces offensives sont vulnérables en cas d’attaque. En se lançant dans une course aux armements qui fait appel à la haute technologie, Reagan espère essouffler l’URSS attardée techniquement.
1er juillet[11] : Grève des mineurs du cuivre de la compagnie Phelps Dodge (Arizona) suite à une diminution des salaires, des primes et des mesures de sécurité.
23 octobre : Au Liban, deux attentats à la voiture piégée frappent des casernes françaises (56 morts) et américaines (239 morts).
Première exécution par injection intraveineuse aux États-Unis.
52% des femmes travaillent en dehors du foyer.
Asie
5 janvier, Inde : Le Parti du Congrès perd les élections régionales en Andhra Pradesh face au Telugu Desam dont le leader, N. T. Rama Rao devient chef du gouvernement local[13]. Indira Gandhi parvient à faire chuter le gouvernement en convainquant un ministre de rallier le Congrès. Cette manipulation provoque un tel tollé que New Delhi doit reculer. Indira rejette toute la responsabilité de l’affaire sur le gouvernement. Au Cachemire, Indira met en place un scénario similaire et provoque ainsi le basculement de l’État dans la violence.
Malaisie : Mahatir bin Mohammed s’oppose par deux fois aux sultans héréditaires et réussit à faire accepter au Yang di-Pertuan Agong et au Conseil des souverains une limitation de leur droit de veto.
Au Panjab, les Sikhs, qui forment 52 % de la population, sont victimes d’une hausse importante du chômage. L’Akali Dal, issu d’une secte sikhe extrémiste qui veut instaurer une théocratie, voit son audience croître. Indira Gandhi décide de diviser l’Akali Dal en promouvant la faction extrémiste du nationalisme Sikh, dirigée par Sant Jarnail Singh Bhindranwalé, qui réclame la création d’un État sikh, le Khalistan. Le cycle violence/répression a fait 10 000 morts depuis le début des années 1980. L’Akali Dal présente de nouvelles revendications au gouvernement central, dont le refus favorise le mouvement de Bhindranwalé, qui installe sa milice près du Temple d'Or à Amritsar. Le 5 octobre, tous les passagers d’un car hindou sont massacrés et le president’s rule est proclamé dans le Panjab. Bhindranwalé, bien qu’il ne soit pas inculpé, décide de se réfugier en arme dans l’enceinte sacrée du Temple d’Or. L’Akali Dal tente en vain de reprendre le contrôle de la situation.
La restauration du temple bouddhique de Borobudur (Java), commencée en 1966, est achevée.
8 février : Le rapport de la commission d’enquête Kahane entraîne la démission d’Ariel Sharon en Mars.
10 avril, Guerre Iran-Irak : Offensive irakienne[15] . Entre avril et novembre, les quatre offensives iraniennes « Aurore » menées sur le front nord ne donnent pas de résultats.
17 mai : Accord de paix entre le Liban et Israël. Il se fonde sur le modèle du traité avec l’Égypte, mais ne peut être appliqué en raison de l’occupation du Liban par les troupes syriennes. Le gouvernement libanais le dénoncera l’année suivante. La force multinationale assure le retrait de l’armée israélienne de Beyrouth, effectif le 26 septembre.
3 septembre[18] : Le retrait israélien sans préparation de la région du Chouf ouvre la voie au massacre de chrétiens par les Druzes. L’amitié entre Israël et les maronites en est menacée. Les druzes marchent sur Beyrouth. L’armée libanaise, commandée par le colonel Michel Aoun, parvient à arrêter l’offensive druze sur Beyrouth.
1er octobre : Un cessez-le-feu est signé entre l’armée libanaise et les Druzes.
31 octobre[19], Liban : Une conférence de réconciliation nationale à lieu à Genève. Les responsables politiques demandent un retrait prioritaire d’Israël, ce que refusent les Forces libanaises. En novembre, les combats reprennent.
21 décembre : Attaque contre des soldats français de la FINUL au Liban Sud. Bilan : 10 morts, dont un soldat français, et 110 blessés.
25 avril : Le PS remporte les législatives anticipées au Portugal (36,12% et 107 sièges sur 250).
29 avril : Démission du gouvernement Fanfani en Italie. La coalition dirigée par Amintore Fanfani se divise par le désaccord entre démocrates-chrétiens et socialistes.
4 mai : Le président de la République italienne charge Fanfani d’assurer la gestion des affaires courantes et dissout le Parlement.
11 juin, Royaume-Uni : Le monétariste Nigel Lawson devient chancelier de l'Échiquier (fin en 1989). Cependant, l’expérience monétariste tourne court dès 1985. La politique des taux d’intérêt tend à contrôler non plus la masse monétaire, mais le taux de change.
Décembre : Euromissiles : Mise en place en Italie, en Grande-Bretagne et en RFA de 48 Pershing II et de 64 missiles de croisière américains pour rééquilibrer les forces en Europe.
Économie :
Loi de restructuration de l’économie en Espagne (Miguel Boyer, ministre de l’économie) : rigueur et austérité (dévaluation, suppression d’emploi dans les chantiers navals, la sidérurgie, le textile, création de zones d’urgente réindustrialisation).
Italie : -0,2% de croissance. Redémarrage de l’économie italienne. La croissance s’accélère, l’inflation ralentit, les déficits publics se comblent. Le poids de l’économie souterraine reste important (20-30% du revenu national). La lire est dévaluée de 2,5%.
Reprise de la croissance au Royaume-Uni. Recul spectaculaire de l’inflation. En 1983-1987, la hausse annuelle des prix et de 4,7%, celle des salaires de 8,5%. Augmentation des dépenses militaires qui culminent en 1983-1984 avec 5,4% du PIB.
Margaret Thatcher fulmine contre la politique agricole de la CEE qui absorbe 70 % du budget communautaire et s’avère incapable de maîtriser d’énormes surplus.
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