1er février : Formation de la fédération sénégambienne (fin en 1989). Elle est dotée d’un conseil des ministres et d’une assemblée ayant le pouvoir de coordonner la politique des deux États en matière de défense, de politique étrangère, d’économie et de finances.
11 janvier : Constitution au Honduras. Elle donne aux militaires des assurances d’être totalement à l’abri des fluctuations politiques (le chef d’État-major est nommé pour cinq ans, soit un an de plus que le mandat présidentiel, et révocable par la majorité des deux tiers par l’assemblée).
29 mars : Élections constituantes au Salvador. Le PDC n’obtient que 24 sièges sur 60, l’opposition de droite se répartissant les 36 autres sièges, dont 10 pour l’extrême droite (ARENA).
Les généraux argentins, incapable de reconstruire une économie saine, espèrent retrouver quelque crédit en jouant du nationalisme de la population. Invoquant des droits discutables sur les îles Malouines (Falkland), ils les occupent par la force en avril, comptant mettre le gouvernement de Margaret Thatcher devant le fait accompli. La population, d’origine britannique, veut conserver ses liens avec le Royaume-Uni. Une escadre britannique, appuyée par les Américains en matière de télécommunications, reconquiert l’archipel en juin, tandis que les généraux argentins doivent céder le pouvoir aux civils.
18 juin-1er juillet : Après la défaite des Argentins, le président Leopoldo Galtieri est remplacé par le général Bignone qui promet un retour à l’ordre démocratique, mais les forces armées ne sont pas en position de pouvoir contrôler le processus de dévolution du pouvoir aux civils (fin en 1983).
12 août : Situation financière critique au Mexique, qui endetté de plus de 80 milliards de dollars, se déclare incapable de rembourser ses créanciers. Il demande des prêts aux gouvernements étrangers, un moratoire pour le remboursement du capital aux banques commerciales et un rééchelonnement de sa dette. La méfiance s’étend rapidement au Brésil, à l’Argentine et aux autres pays latino-américains, tous fortement endettés, ainsi qu’au continent africain. Les banques, échaudés par les risques qu’elles avaient pris antérieurement, refusent d’accorder de nouveau crédits ou de renouveler les anciens.
Dans la crise mexicaine, les gouvernement étrangers (États-Unis), le FMI et les grandes banques commerciales s’efforcent d’abord de maintenir ouvert les robinets du crédit et de faire pression sur les banques de taille inférieure pour qu’elle agissent de même. Une politique de « prêts concertés » contraint les banques à fournir de nouveaux crédits proportionnellement à leurs prêts antérieurs. La dette est rééchelonnée, passant du court terme au long terme. Le Mexique parvient à réduire ses dépenses publiques de 20 % entre 1982 et 1986.
15 novembre[3] : Les élections changent la donne politique au Brésil : Le PMDB (opposition) gagne les postes de gouverneur des quatre États les plus importants (São Paulo, Minas Gerais, Rio de Janeiro et Paraná). Le gouvernement doit négocier à la Chambre des représentants où l’opposition est majoritaire. Enfin certains gouverneurs du PDS (Partido Democrático Social) deviennent plus indépendants à l’égard du pouvoir central.
8 janvier : Pour échapper aux poursuites anti-trust, le groupe ATT accepte de se scinder.
12 juin : Près d’un million de personnes manifestent à Central Park contre la course aux armements.
18 juin : Querelle sur le gazoduc. Ronald Reagan interdit aux filiales des firmes américaines à l’étranger de fournir le matériel nécessaire à la construction d’un gazoduc pour le transport du gaz sibérien vers l’Europe de l’Ouest. Un compromis est établit à l’automne.
27 juillet : Première utilisation du mot AIDS[4] suite à l'apparition de cas de sida depuis 1980 aux États Unis.
Eté : Inflexion de la politique monétaire.
2 novembre : Succès limité des démocrates aux partielles. Ils parviennent à faire renoncer Ronald Reagan à son projet de « néo-fédéralisme », à lui faire accepter une hausse de la fiscalité (consolidation des revenus) et un renforcement de la loi de 1965 pour protéger les droits électoraux des Noirs.
2 décembre : Première greffe d'un cœur artificiel à titre définitif.
8 décembre : L’amendement Boland interdit à l’Administration Reagan de financer les opérations militaires ou paramilitaires des contras, groupes d’opposants armé au régime sandiniste du Nicaragua.
31 décembre : Loi étendant la dérégulation aux établissements financiers[5].
La récession brutale de 1982, la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale, casse net l’inflation. 10% de chômeurs à la fin 1982.
Les États-Unis comptent 232 millions d’habitants. Le Sud et l’Ouest du pays (Sunbelt) sont pour la première fois plus peuplés que le Nord-Ouest.
213 milliards de dollars sont investis à l’étranger.
Asie
3 novembre, Afghanistan: L'explosion d'un camion citerne dans le Tunnel de Salang conjuguée à la fermeture des issues du tunnel par les soldats soviétiques conduit à la mort de 1 000 à 3 000 personnes.
Cambodge : Les Khmers rouges, toujours reconnus par les Nations unies, et les partisans de Sihanouk et de son ancien ministre Son San, forment une coalition. Soutenus par les pays occidentaux, la Chine et les pays de l’ASEAN, ils poursuivent la lutte contre le nouveau régime provietnamien.
Népotisme en Corée du Nord : douze parents du maréchal Kim Il-sung occupent des postes importants.
24 mai, Guerre Iran-Irak : Libération de Khorramshahr. Capture de soltats irakiens. Après les défaites irakiennes, les monarchies du Golfe s’inquiètent de l’expansionnisme iranien et subventionnent massivement l’effort de guerre irakien (elles prêtent 50 milliards de dollars à Bagdad pendant le conflit). Tout en restant neutres, les Américains apportent un large soutien à l’Irak dans sa guerre contre l’Iran.
2 février : Massacre de Hama. En Syrie, la ville de Hama se soulève sous l’impulsion des Frères musulmans. Après trois semaines de combats et de bombardements (le centre de la ville est rasé), Hama tombe. On estime à 15 000 le nombre de victimes des combats et des massacres qui ont suivi. Le mouvement islamiste s’effondre.
3 juin : Un attentat contre l’ambassadeur israélien à Londres donne le prétexte de l’intervention israélienne au Liban. Profitant de la guerre civile libanaise, Israël, alliée aux Phalanges maronites de la famille Gemayel, porte la guerre au Liban (1982-1985), sans remporter la victoire escomptée.
Les Israéliens font leur jonction avec les FL et mettent le siège devant Beyrouth, sans pouvoir y entrer, du fait de l’opposition américaine.
20 juin : Saddam Hussein rappelle ses troupes sur la frontière internationale. Khomeiny ambitionne d’envahir l’Irak pour y établir une république islamique.
Juillet, Guerre Iran-Irak : L’Iran lance une série d’offensives « coup de boutoirs » fondées sur le sacrifice de vagues considérables de volontaires, les « gardiens de la révolution ». L’Irak oppose une ligne de défense fortifiée et protégée par une puissante artillerie. La première offensive iranienne échoue autour de Bassorah. Les Iraniens détruisent les installations pétrochimiques de Kirkouk et de Bassorah. Ils entrent en Irak en août. Les offensives de l’automne apportent peu de résultats par rapport aux pertes humaines.
1er septembre : Publication du plan de paix Reagan préparé par le secrétaire d’État Schultz, basé sur les principes des accords de Camp David : autonomie totale des Palestiniens des territoires occupés mais refus de la formation d’un État Palestinien indépendant. Le plan Reagan est refusé par les Palestiniens lors du XVIe CNP à Alger (février 1983) et par Israël.
14 septembre : L'assassinat du nouveau président libanais Bashir Gemayel permet l’entrée des troupes israéliennes à Beyrouth-Ouest.
16 septembre : Constitution du Front de la résistance libanaise, animé par les communistes libanais, qui multiplie les attentats contre la présence israélienne[6].
16 septembre au 17 septembre : Massacre (500 à 3 000 morts) palestiniens et libanais à Sabra et Chatila, Beyrouth, par des milices chrétiennes sans qu’interviennent les troupes israéliennes. Les manifestations des Palestiniens des Territoires occupés sont durement réprimées par l’armée israélienne. L’opposition à la guerre monte en Israël même, tandis que les protestations internationales se multiplient.
21 septembre : Amine Gemayel, frère de Bachir, est élu président de la République du Liban. Il favorise la reconstruction d’une armée nationale et s’appuie sur la Force multinationale. Mais les milices soutenues par Damas reprennent le combat et l’accord de paix avec Israël n’est pas ratifié par le Parlement. L’occupation israélienne s’enlise jusqu’à son départ en 1984 face aux actions des chiites (milice Amal de Nabih Berri et Hezbollah) et du Front de la résistance nationale libanaise.
25 septembre : 400 000 manifestants israéliens demandent la démission du Premier ministre Menahem Begin.
1er octobre : Raid aérien israélien sur le quartier général de l'OLP à Tunis : 60 morts
7 août, Italie : Privé de l’appui des socialistes, Giovanni Spadolini démissionne. Ayant pu s’assurer à nouveau leur adhésion, il forme un cinquième gouvernement (23 août). La coalition se divise par des désaccords entre démocrates-chrétiens et socialistes.
12 août : Révision constitutionnelle au Portugal. Suppression du conseil de la révolution, écartant les militaires de la vie politique. Réduction des pouvoir du président de la République.
Arrestation de membres des Brigades rouges à Naples (Vittorio Bolognesi et Natalia Ligas, septembre-octobre) et à Milan (Suzanna Ronconi, 1er novembre). 3 600 terroristes ou supposés tels sont en prison à la fin de l’année. Parmi eux 355 repentis et 378 « dissociés » (ceux qui renoncent à la lutte sans collaborer avec la police).
10 novembre, Union soviétique : À la mort de Léonid Brejnev, Iouri Andropov, ancien chef du KGB (Komitet gossoudarstvennoï bezopasnosti, « comité pour la sécurité d’État »), lui succède au secrétariat général du parti et à la tête de l’État (fin en février 1984). Âgé de 68 ans et atteint d’une maladie rénale, il n’occupe le poste que quinze mois. Il paraît incarner l’accession au pouvoir d’une génération nouvelle, et on lui prête des penchants libéraux. Il se lance dans une campagne brutale de discipline contre l’alcoolisme, la corruption, l’incompétence, l’absentéisme au travail. En matière économique, il ne conçoit pas de réformes hors du cadre traditionnel.
Entrée en viguer de l'Employment Act 1982 au Royaume-Uni[8]. Après l’échec des grèves des mineurs, des cheminots et du personnel hospitalier, la majorité conservatrice vote une loi qui rend les syndicats financièrement responsables dans le cas de procès civil en dommage ou de grève « secondaire » (quand le syndicat n’est pas directement concerné dans le conflit avec un employeur donné).
11 décembre, Italie : Le démocrate-chrétien Amintore Fanfani, président du Sénat, forme un gouvernement de coalition sans la participation des républicains. Le programme de Fanfani est de réduire l’inflation à 13% et le déficit budgétaire.
21 décembre : Proposition de baisse du niveau des armements en Europe par l'URSS.
Récession en Italie : -0,5% de croissance. Le patronat demande la suppression de l’échelle mobile des salaires (Scala mobile) pour lutter contre l’inflation. La lire est dévaluée (2,75%). Le déficit budgétaire atteint 70 000 milliards de lires (15,5% du PNB). Celui de la balance des paiement 6 000 milliards, celui de la balance commerciale le double. 16,2% d’inflation. La part des dépenses publiques atteint 53,7% du PNB.
29 avril[9] : Le gouvernement grec accepte par décret le système dit monotonique (μονοτονικό σύστημα monotonikó sístima), qui simplifie grandement le système des diacritiques de l'alphabet grec.