27 janvier : Affaire Sampaio/Fernando au Mozambique[1]. Deux prêtres sont accusés par la DGS d’encourager leurs paroissiens sur la voie du séparatisme. Le père Telles Sampaio avait en fait dénoncé dans un sermon la destruction et l’extermination des habitants d’un village à Mucumbura du nord du Mozambique par l’armée portugaise.
Janvier : Rupture avec Israël des États d’Afrique noire membres de l’OUA.
Première conférence des ministres africains à Abidjan destinée à dresser le bilan de « la première décennie du développement ».
Quatre pays totalisent à eux seul plus des trois quarts des dépenses militaires du continent africain : l’Égypte (37,4%), le Nigeria (19,8%), l’Afrique du Sud (12,6%) et la Libye (6,16%). Le total des ventes d’armes en Afrique de 1973 à 1983 se répartit entre l’Union soviétique (41,4%), la France (12,5%), les États-Unis (9,6%), l’Italie (5,4%), la RFA (4,8%), la Grande-Bretagne (3,7%), divers (22,6%).
Le président de la République de l'UruguayJuan María Bordaberry accepte la création d’un Conseil de sécurité nationale (COSENA), composé de militaires, qui va s’imposer petit à petit comme le vrais centre du pouvoir.
11 mars : Héctor José Cámpora, candidat du front justicialiste de libération (coalition de péronistes, conservateurs, démocrates-chrétiens) arrive en tête de la présidentielle en Argentine. La junte le déclare officiellement élu le 30 mars.
4 mars[6] : L’Unidad Popular (43,9 %) est battue par l’opposition unie aux législatives au Chili. Sous la pression des différents partis de son gouvernement, Salvador Allende ne peut accepter les conditions posées par les militaires pour participer à un nouveau gouvernement. Leur participation au gouvernement pendant six mois n’a pas ramené le calme politique mais les a rapproché du pouvoir. D’avril à septembre, Allende cherche diverses issues à la crise, sous la forme d’ajustements économiques et de remaniement ministériels, en vain. L’opposition, appuyée de plus en plus ouvertement par les États-Unis, organise le blocage des institutions, aggrave la crise économique en lançant des grèves à répétition et recours même à la violence.
20 juin : Juan Perón fait un retour triomphal en Argentine. Deux tendances péronistes s’affrontent le même jour près de l’aéroport Ezeira où doit atterrir le leader.
27 juin : Coup d'État en Uruguay. Appuyé par l'armée, le président Juan María Bordaberry prend tous les pouvoirs. Fin du gouvernement constitutionnel. Bordaberry dissout le Parlement pour « grave violation des principes constitutionnels » et prend tous les pouvoirs. Un régime autoritaire collégial s’installe. L’état de siège est déclaré afin de pouvoir lancer la guerre contre la subversion. Les partis de gauches sont interdits et leurs dirigeants arrêtés. Les autres partis sont suspendus et le système électoral est abandonné.
13 juillet, Argentine : Dans un climat de violence, Cámpora démissionne.
1er août : Fondation de la Communauté et Marché Commun des Caraïbes (Caricom).
Le Congrès est immédiatement dissout, la Constitution suspendue, les partis politiques interdits et les médias placés sous surveillance. L’état de siège est imposé et la répression sauvage. Près de 250 000 Chiliens doivent s’exiler pour échapper à la prison, la torture et la mort, la Direccíon de inteligencia nacional (DINA) faisant « disparaître » 11 000 personnes.
23 septembre : De nouvelles élections portent Juan Perón au pouvoir en Argentine avec 60 % des suffrages. Il lance la « reconstruction nationale ».
24 septembre, Argentine : L’Armée révolutionnaire du peuple est mise hors la loi et il semble que Perón va réprimer les forces de gauche. Il réactive l’alliance avec les syndicats (Acte de compromis national).
25 septembre : Le secrétaire général de la CGT argentine est assassiné. Le 26 septembre, c’est au tour du président de la Jeunesse péroniste.
15 octobre, Chili : Décret du ministère de l’Économie libérant totalement les prix, certains demeurant contrôlés (pain, sucre, huile, lait, etc.) et d’autres surveillés (café, produits pharmaceutiques, tarifs scolaires, etc.). Un autre décret prévoit un ajustement des salaires par un système de bonification destiné à compenser l’inflation.
Pinochet consolide son autorité grâce à une concentration et une centralisation de l’appareil répressif et en s’entourant d’un groupe de technocrates (les Chicago boys, économistes formés par Milton Friedman à l’université de Chicago) qui élaborent un projet sur lequel baser la légitimation de son pouvoir. Il s’agit d’un « nouveau modèle de développement orienté vers l’extérieur » qui met l’accent sur les exportations et l’ouverture à la compétition internationale. Projet économique, il est aussi social et politique, les principes du marché devant régir l’ensemble de la société selon les principes du néolibéralisme, ce qui suppose une « démocratie restrictive conservatrice ». L’objectif est de détruire toute trace de marxisme qui représente une menace permanente, comme le prétend la « doctrine de la sécurité nationale ». Les excellents résultats économiques des premières années consolident les assises du régime.
La crise du pétrole provoque la reprise de l’inflation. Le Brésil se tourne vers l’énergie nucléaire et vers l’utilisation d’alcool de canne comme carburant automobile.
12 février : Le dollar est dévalué de 10 % par rapport aux principales devises occidentales.
27 février : 200 SiouxOglala de l'American Indian Movement occupent le village de Wounded Knee (Dakota du Sud) pour protester contre les conditions de vie dans les réserves et pour exiger que l’on reconnaisse leurs droits et leurs terres. Ils résistent pendant 71 jours et obtiennent le réexamen du traité de 1868.
17 mai : Début des transmissions en direct sur les chaînes de télévisions américaines des auditions de la commission d'enquête sur le scandale du Watergate.
Nixon renvoie le procureur spécial qu’il avait nommé pour « faire toute la vérité », qui lui réclamait des bandes magnétiques sur lesquelles il enregistrait ses conversations et entretiens téléphoniques. Le public y voit un aveu de culpabilité. La Chambre met en train une procédure d’impeachment pour destituer le Président.
Premier choc pétrolier. L’embargo de l’OPEP sur le pétrole et la hausse des prix provoquent une récession.
7 novembre : War Power Act. Les pouvoirs du président en matière d’envoi de troupes à l’étranger sont limités par le Congrès qui réaffirme son contrôle sur la conduite des affaires extérieures.
27 janvier : Accord de Paris sur le Viêt Nam : Cessez-le-feu. Retrait des forces américaines du Viêt Nam du Sud. Il prévoit la formation d’un gouvernement tripartite de coalition qui ne verra jamais le jour. Rapidement, la situation se détériore au Sud-Viêt Nam, où les dirigeants anticommunistes corrompus, incapable de juguler l’inflation et privés du soutien d’une bonne partie des crédits américains, perdent le soutien de la population paupérisée et démoralisée.
11 février : 1re libération de prisonniers de guerre américains au Viêt Nam.
21 février : Les États-Unis signent un cessez-le-feu avec le Laos.
Février : Crise de subsistance en Inde. Le gouvernement indien nationalise le commerce des grains.
17 juillet, Afghanistan : Dans une situation diplomatique et économique aggravée, Mohammed Daoud Khan s’empare du pouvoir, destitue le roi, et proclame une République afghane. Il institue un gouvernement neutraliste.
15 août : Fin des bombardements américains au Cambodge, marquant officiellement la fin de 12 ans d'affrontements armés dans le sud-est asiatique.
14 octobre, Thaïlande : Des manifestations organisées par des étudiants opposés au gouvernement militaire contraignent Thanom Kittikachorn à démissionner et aboutissent à la nomination d’un cabinet civil.
Chine : Zhou Enlai et Deng Xiaoping mettent sur pied le programme des « Quatre modernisations » : agriculture, industrie, science et technologie, défense nationale.
Février : Rencontres entre les responsables égyptiens et Henry Kissinger, qui établit la politique des « petits pas » : reconnaissance de la souveraineté égyptienne sur le Sinaï mais maintien de la présence militaire d’Israël pendant quelques années pour garantir sa sécurité. Sadate refuse, appuyé par les soviétiques qui rejettent leurs engagements du sommet de Moscou.
21 février : L'aviation israélienne abat un Boeing 727 des Libyan Arab Airlines au-dessus du désert du Sinaï.
13 mars : Nouvelle Constitution en Syrie[10]. Le personnel politique du régime est rassemblé au sein du Front national progressiste et regroupe arabistes, communistes et indépendants, sous le contrôle du Parti Baas. Toute opposition est réprimée.
L’armée égyptienne franchit le Bar Lev et s’empare de plusieurs postes fortifiées. Des commandos sont parachutés derrières les lignes israéliennes pour couper les communications. L’intervention de l’aviation israélienne est un échec devant les batteries antiaériennes égyptiennes. L’Égypte établit une ligne de défense en profondeur sur la rive Est du canal de Suez. Les Israéliens ont perdu 900 blindés dans les combats.
Offensive syrienne sur le Golan, combinée à des actions de commandos sur les principales bases israéliennes du plateau. L’aviation israélienne essuie de lourdes pertes. La ligne de défense israélienne recule.
7 octobre : La défense israélienne est au bord de l’effondrement sur le Golan.
8 octobre : La situation se rétablit sur le Golan avec l’envoie d’Israël d’une nouvelle flotte d’avions.
13 octobre : les Syriens sont revenus à leurs lignes de départ. La Syrie réorganise ses forces avec l’aide de blindés jordaniens et de contingents irakiens, assure la défense de Damas mais échoue à mettre en œuvre une contre-offensive. Israël a dû sacrifier le quart de son potentiel militaire. Il s’adresse aux États-Unis pour de nouvelles fournitures, menaçant de recourir à l’arme nucléaire. Les États-Unis organisent un pont aérien le lendemain.
14 octobre : l’Égypte lance une nouvelle offensive au Sinaï qui échoue devant l’arrivée de matériel militaire américain. En se repliant, elle laisse à découvert la zone de sortie du canal dans le lac Amer. Ariel Sharon saisit l’opportunité et traverse le canal pour mener une tentative d’encerclement de l’armée égyptienne.
17 octobre : Début du Premier choc pétrolier. les représentants des pays arabes pétroliers (OPAEP), réunit à Koweït, mais pas l’Iran, décident une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens.
Le roi d'Arabie saouditeFayçal décide un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas.
22 octobre : Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la Résolution 338 (1973), qui réaffirme la validité de la résolution 242 (1967), adoptée pendant la guerre des Six Jours et appelle toutes les parties au conflit (l’ Égypte, la Syrie, Israël, la Jordanie) à un cessez-le-feu immédiat et à des négociations en vue « d’instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ». L’Égypte accepte, puis la Syrie et Israël. Ce dernier décide cependant de ne pas respecter le cessez-le-feu et poursuit sa manœuvre d’encerclement de l’armée égyptienne.
24 octobre : La résolution 339 exige le retrait des Israéliens sur leurs positions du 22 octobre. L’Union soviétique propose une intervention militaire conjointe avec les États-Unis pour séparer les belligérants, mais Henry Kissinger refuse. Les Soviétiques sont prêts à agir unilatéralement. Kissinger décide alors de mettre en état d’alerte toutes les forces américaines du secteur atlantique, y compris l’aviation stratégique nucléaire. La résolution 340 réitère l’ordre de cessez-le-feu et crée une Force d’urgence des Nations unies (FUNU). devant la tension internationale, Israël accepte le cessez-le-feu.
11 novembre : L'Égypte et Israël signent un cessez-le-feu. Accord technique du « kilomètre 101 » entre Israël et l’Égypte sous les auspices de Kissinger. Il permet de ravitailler l’armée égyptienne et des échanges de prisonniers.
26-28 novembre : VIe sommet arabe d’Alger qui réitère les objectifs des États arabes face à Israël : libération totale des terres conquises en 1967, libération de la Jérusalem arabe et refus de toute atteinte à la souveraineté de cette dernière, rétablissement des droits nationaux du peuple palestinien. Il exige la fin du soutien militaire et économique de l’Europe occidentale à Israël et la suppression de l’embargo sur les ventes d’armes aux pays arabes. Il demande aux États-Unis une meilleure considération de la cause arabe. Il réitère la nécessité du soutien des pays de l’Est à la cause arabe et la poursuite des livraisons d’armes. Les États-Unis doivent infléchir leur politique jugée trop favorable à Israël, tout comme l’Europe occidentale et le Japon.
28 novembre : Reconnaissance par la Ligue arabe de l'OLP comme seul représentant du peuple palestinien.
13-18 décembre : Henry Kissinger effectue une navette entre les pays arabes et Israël pour préparer la Conférence de Genève.
21 décembre : Conférence de Genève. Syriens et Egyptiens, soucieux d’obtenir un retrait militaire israélien, sont disposés à céder sur la question palestinienne. Un comité technique militaire, chargé du désengagement des belligérants, est mis en place.
Décembre[11] : L’Iran intervient militairement à Oman pour combattre la rébellion marxiste-léniniste du Dhofar, soutenue par l’Irak. La guerre du Dhofar dure jusqu’en 1976 et se solde par la victoire des forces irano-omanaises.
Les violences se multiplient au Liban entre Palestiniens et chrétiens, entre ces derniers et les forces de la gauche libanaise, entre chefs traditionnels, entre Israël et la résistance.
28 septembre[16], Italie : Le Sarde Enrico Berlinguer, élu à la tête du PCI en 1972, lance dans une série d’articles dans la revue Rinascita l’idée du « compromis historique » avec la DC et le PSI. Ce rapprochement défensif est dicté par la peur d’un coup d’État de droite suite aux événements du Chili et repose sur le postulat que morales catholique et communiste, également opposées au libéralisme sauvage, peuvent trouver un terrain d’entente.
L’Union soviétique propose d’établir un forum paneuropéen qui consoliderait la détente en figeant le statu quo territorial et politique en Europe à son avantage.
L’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est s’accordent sur la reconnaissance diplomatique réciproque.