12 janvier : Reprise des négociations entre le Mali et la France à Paris. Elles définissent la coopération économique, financière et culturelle française entre les deux pays et s’achèvent par une série d’accords signés à Matignon et à Bamako.
30 janvier : La XVIe session de l’ONU inscrit la question de l’Angola à l’ordre du jour[2]. Les représentants des États africains condamnent unanimement les agissements du Portugal.
1er mars : Autonomie interne de l’Ouganda, suite à des troubles.
20 juillet : Les commerçants maliens, inquiets du risque de dépréciation monétaire, provoquent de graves incidents à Bamako, suscitant des contre-manifestation et entraînant de 91 arrestations, dont celle de Fily Dabo Sissoko et Hammadoun Dicko, condamnés à mort pour « tentative de coup d’État », puis graciés en octobre.
Au Ghana, Kwame Nkrumah refuse la présidence à vie offerte par les parlementaires du CPP.
Soulèvement des Touareg de l’Adrar des Ifoghas au Mali contre le régime de Modibo Keita (1962-1964). Répression brutale avec le concours de l’Algérie et du Maroc, entraînant la mort de centaines de Touareg après le bombardement de leurs campements.
19 mars : Entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie qui ne sera jamais respecté ni par la FLN, ni par l'OAS. Cette date n'a jamais été commémorée par la France. Un référendum est annoncé le jour même pour le mois d'avril alors que Ahmed Ben Bella et ses compagnons sont libérés.
22 mars : Après avoir assassiné six dirigeants de centres sociaux à El-Biar, l’OAS ouvre le feu sur les forces de l’ordre.
23 mars : Blocus de Bab El-Oued. De violents combats éclatent dans le quartier de Bab El-Oued à Alger : 20 morts.
26 mars - Fusillade de la rue d'Isly : Quatre mille Pieds-Noirs manifestent pacifiquement dans le quartier populaire de Bab El-Oued à Alger et approchent de la grande poste par la rue d'Isly, lorsque à 15 heures un soldat d'un barrage de l'armée française ouvre le feu sur la foule. Il est suivi par les autres militaires paniqués. La fusillade qui va durer douze minutes fait officiellement 46 morts (56 selon d'autres sources) et 150 blessés (200 blessés selon d'autres sources).
18 juin : Plusieurs ministres du gouvernement provisoire de la République algérienne, dont Ben Bella, prennent position contre les accords signés la veille sur l’arrêt des violences entre Jean-Jacques Susini, représentant de l’OAS, et Chawki Mostefaï.
1er juillet : La population algérienne se prononce à 99,7% des suffrages exprimés pour l’indépendance. La France reconnaît officiellement l’indépendance.
16 août : Rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Tunisie.
25 septembre : Le président de l'Assemblée nationale algérienne, Ferhat Abbas, proclame la république démocratique et populaire d'Algérie
26 septembre : A la suite de sa victoire sur le GPRA, Ahmed Ben Bella est élu Premier ministre de la République démocratique et populaire d’Algérie. L’Algérie est admise à l’ONU en présence de Ben Bella.
Le conflit algérien a fait plus de 33 000 morts et près de 65 000 blessés sur un effectif total de deux millions de soldats français et 158 000 morts du côté de l’ALN. Ceci ne comptabilise pas les civils, citadins et paysans surtout, ce qui porterait les pertes humaines algériennes à 1 500 000 (chiffres officiel de la RADP[réf. nécessaire])
Amérique
1er janvier : Entrée en vigueur de l’ALALE (Association latino-américaine de libre échange).
Janvier[5] : En Uruguay, face à la corruption et au cynisme de la classe politique, s’organise le mouvement de libération nationale des Tupamaros (du nom du chef inca Túpac Amaru II), fondé par Raúl Sendic.
18 mars : Défaite des partisans de Arturo Frondizi aux élections législatives et provinciales en Argentine. Les péronistes arrivent en tête (35%), suivis par la fraction radicale de Frondizi (28%) et la fraction radicale adverse (22%).
29 mars : Les militaires déposent le président Frondizi et prennent le pouvoir en Argentine. Les États-Unis tolèrent le coup d’État. Le président du Sénat José María Guido prend le pouvoir et annule les élections du 18 mars.
Mexique : Amendement constitutionnel controversé donnant au gouvernement le pouvoir d’obliger les employeurs à partager les bénéfices avec les travailleurs.
Bolivie : Dix ans après le début de la révolution, le PNB par habitant a baissé de 20%, la production d’étain de 40% et même les paysans bénéficiaires de la réforme agraire se montrent mécontents. La corruption et l’inefficacité affaiblissent considérablement l’économie et rendent délicate la stabilisation du régime. L’inflation galopante ruine les petits épargnants, affaiblissant le soutien parmi les couches moyennes.
8 avril : Les responsables de la tentative d’invasion de la baie des Cochons sont condamnés à 30 ans d’emprisonnement et 62 millions de dollars d’amende.
2 septembre : « Renforcement » de l'aide militaire et technique soviétique à Cuba à l’occasion de la visite de Che Guevara à Moscou. Des soldats soviétiques stationnent à Cuba.
John F. Kennedy révèle l’existence de bases de fusées soviétiques à Cuba, susceptibles d’atteindre le territoire américain. Il ordonne la « mise en quarantaine » de Cuba afin de prévenir toute nouvelle entrée d’armes et prépare un débarquement. Il menace l’URSS d’une riposte immédiate des États-Unis si les missiles venaient à être lancés. Le Conseil de sécurité des Nations unies est saisi.
25 octobre : Les bateaux soviétiques en route pour Cuba font demi-tour.
26 octobre : A l’issue de négociation secrète, Khrouchtchev accepte de démanteler, sous le contrôle de l’ONU, les installations de fusées soviétiques et s’engage à cesser toutes nouvelles livraison d’arme à Cuba.
28 octobre : Nikita Khrouchtchev annonce le démantèlement des armes offensives installées à Cuba moyennant l’engagement de Washington de ne pas chercher à envahir Cuba et de retirer ses fusées de Turquie dans les six mois.
8 novembre : Un accord est signé pour que l’armée américaine puisse surveiller l’évacuation de Cuba des bases soviétiques.
20 novembre : Castro accepte le retrait des bombardiers soviétiques et Kennedy la fin de la quarantaine à Cuba. Kennedy annonce la levée du blocus mis en place autour de l’île et le maintien des inspections aériennes. Castro est tenu à l’écart des négociations et Cuba devient un satellite de Moscou.
9 mars : Le gouvernement américain reconnaît qu’il intervient militairement au Vietnam.
10 avril : Les dirigeants de l’acier annoncent au mépris de leur promesse leur décision d’augmenter de façon unilatérale le prix de la tonne. Ils renoncent après l’intervention de Kennedy le 13 avril.
25 avril : Kennedy décide de la reprise des essais nucléaires dans l’atmosphère.
4 mai : Doctrine McNamara de la riposte graduée, ce qui suppose un armement nucléaire tactique.
19 mai : Marilyn Monroe chante pour le président Kennedy, lors de la soirée de gala organisée par le parti démocrate au Madison Square Garden. L'actrice entonne un mémorable « Happy Birthday, Mister Président ». Elle porte une magnifique robe fourreau en gaze de soie blanche et strass, cousue à même son corps.
11 octobre : Trade Expansion Act (TEA) : Kennedy demande au Congrès de négocier avec la CEE des réductions mutuelles importantes sur le plan tarifaire.
Renforcement de la majorité démocrate aux partielles.
Allocation de 900 millions de dollars pour des travaux publics destinés à résorber le chômage.
Echec du projet de Kennedy pour rénover l’instruction primaire et secondaire grâce à d’importantes subventions fédérales, afin d’effacer les inégalités.
Arrêt de la Cour suprême interdisant les prières dans les écoles publiques.
2 mars : L’armée s’empare du pouvoir en Birmanie. Pendant les années 1960 et 1970, Ne Win tente de bâtir un gouvernement totalitaire efficace, d’établir sa légitimité auprès des Birmans et de maintenir l’autonomie du pays sur la scène internationale. Le pays s’engage sur la « voie birmane du socialisme » avec le Parti du programme socialiste de Birmanie, ce qui a pour conséquence une catastrophe économique sans précédent, accompagnée d’une diminution des libertés personnelles. Les principaux secteurs de l’économie sont étatisés.
9 mars : Le gouvernement américain reconnaît qu’il intervient militairement au Vietnam.
Mars, Indonésie[9] : Njoto, deuxième vice-président du PKI, devient ministre auprès du président Soekarno. L’influence communiste s’est considérablement développée (3 millions d’adhérents en juin 1964). Aidit définit la politique du PKI : ne pas renverser le gouvernement, mais renforcer et consolider ce qui est en faveur du peuple dans le pouvoir et éliminer ses aspects anti-populaires.
23 juillet : Après 14 mois de négociations, la conférence internationale de Genève reconnaît l’indépendance, la neutralité et l’intégrité du royaume du Laos.
15 août : Accord sur l’Irian : l’ONU est chargée d’administrer le territoire jusqu’au 1er mai1963, date à laquelle l’Indonésie le prendra en charge.
10 octobre : Début du conflit sino-indien dans l'Himalaya. Offensive indienne à la frontière du Nord-Est (NEFA), aboutissement des très nombreuses tensions et incidents frontaliers entre les deux pays.
23 octobre : Le gouvernement indien décrète l’État de siège. Défaite indienne.
10 décembre : L’Inde accepte le cessez-le-feu. Elle perd plusieurs territoires, dont celui de l’Aksai Chin (42 735 Km²).
Après le conflit sino-indien, Nehru est discrédité en Inde, l’Inde sur la scène internationale, et les crédits alloués à la défense sont considérablement augmentés.
16 décembre : Nouvelle constitution au Népal qui entérine le changement politique. Les partis politiques sont interdits et le système consensuel des panchayat est mis en place. Le roi Mahendra procède à une réforme agraire et supprime les bases légales de la discrimination entre castes.
26 septembre : Un groupe de militaires tente de renverser la monarchie au Yémen du Nord. Ils proclament la République, mais le souverain Muhammad al-Badr parvient à s’enfuir et à organiser la résistance. Nasser décide d’envoyer un contingent militaire contre la guérilla monarchiste, qui atteint rapidement 50 000 hommes. Les États-Unis reconnaissent la République yéménite et lui accordent une aide économique.
17 octobre : Faysal, Premier ministre saoudien. Il décide de rompre les relations diplomatiques avec l’Égypte, qui a multiplié les raids aériens sur le sol saoudien. Il lance un programme de réformes économiques.
21 février : Amintore Fanfani forme un nouveau gouvernement en Italie excluant libéraux et démocrates-chrétiens de droite et qui repose sur l’aile gauche de la DC, les républicains et le PSDI. Le PSI manifeste une abstention favorable et participe au programme du centre-gauche qui prévoit l’institution des quatorze gouvernement régionaux prévus par la Constitution, un programme de développement de l’école, l’abolition du métayage, l’adéquation entre développement économique, justice sociale et harmonisation urbaine, la nationalisation des industries électriques et le maintien de l’Italie dans l’OTAN.
22 mars : Construction du premier tronçon de l’oléoduc destiné à acheminer le pétrole soviétique vers les pays du COMECON.
23 mars : Adoption en Suisse de la loi fédérale sur la procédure de l'Assemblée fédérale, ainsi que sur la forme, la publication et l'entrée en vigueur des actes législatifs (entrée en vigueur le 1er décembre).
24 mars : Début de la Crise Académica au Portugal[15]. Révolte des étudiants , protestant contre la restriction des libertés, la répression est telle que le recteur Marcelo Caetano prend leur défense et démissionne. Les troubles persistent malgré la répression.
6 mai : La conférence de l’OTAN à Athènes s’achève par la proposition du secrétaire d’État américain à la Défense, Robert McNamara, d’aboutir à une dissuasion par étapes.
12 septembre : Arrestation de John Vassall, fonctionnaire de l’Amirauté au Royaume-Uni. Il est condamné en octobre à 18 ans de prison pour avoir vendu des secrets militaires à l’URSS.
11 octobre : Le pape Jean XXIII ouvre le concile Vatican II à Saint-Pierre de Rome. 2778 ecclésiastiques participent aux débats parfois vifs entre une majorité ouverte à la réflexion et une minorité crispée représentée par la Curie et les traditionalistes.
Refonte du système bancaire en Espagne : libéralisation et séparation des banques de dépôt et d’affaires pour faciliter l’entrée des capitaux étrangers.
Lois sur l’immigration au Royaume-Uni restreignant les conditions d’entrée au Royaume-Uni (1962, 1968, 1971).
Création au Royaume-Uni d’un Conseil du développement économique (NEDC), qui consacre le principe de l’économie régulée. Institution d’une Commission nationale des revenus, pour éviter les effets néfastes de l’emballement des salaires sur les prix.
Deux tiers des ménages au Royaume-Uni possèdent la télévision et la moitié une automobile. Le nombre des abonnés au téléphone a doublé depuis 1951 avec 8,5 millions atteint et 30% des ménages possèdent leur logement (25% en 1951).
Amorce de récession économique en Italie : la réserve de main-d’œuvre bon marché s’est amenuisée, les syndicats deviennent plus actifs. Comme les salaires augmentent, les marchandises italiennes sont moins compétitives et la croissance des exportations se ralentit. La modernisation de l’industrie se poursuit, marqué par des concentrations réalisées par les holdings d’État (ENI, IRI, ENEL) qui deviennent des géants industriels.
5 octobre : motion de censure votée par l'Assemblée Nationale contre le gouvernement Pompidou (pour exprimer le refus de la proposition de réforme du mode d'élection du président de la république). C'est la seule motion de censure adoptée à ce jour sous la Ve république, qui en a connu une cinquantaine.
27 juillet : Dans la nuit, le sculpteur Christo élève un mur de 240 barils dans la rue de Visconti à Paris, en réponse au mur de Berlin édifié un an plus tôt.