30 mars : Tenue de la Convention unique sur les stupéfiants à New York sous l'égide de l'ONU qui prohibe la production, le commerce, la détention et l'usage de la coca, l'opium, du cannabis et leurs dérivés (excepté à des fins médicales) pour les pays signataires.
28 mai : Le grand quotidien londonien The Observer publie « L'appel pour l'amnistie 1961 ». Cette initiative conduira à la fondation du mouvement Amnesty International.
20 décembre : Résolution de l'ONU sur le statut des corps célestes : ils peuvent être librement explorés par tous les États et ne sont pas susceptibles d'appropriation nationale.
Après avoir mis en place un nouveau cabinet, Modibo Keïta se fait réinvestir à l’unanimité des votants par l’Assemblée nationale du Mali. En mars, à Ségou, il lance un appel à l’austérité et en octobre, il décide la mise en route du premier plan quinquennal malien.
Modibo Keïta demande l’évacuation rapide de toutes les bases françaises du Mali (2200 hommes, qui assurent la surveillance de la frontière avec l’Algérie).
3 février : Harold Macmillan condamne la politique d’apartheid au Cap au nom du « vent du changement » qui fait « monter la conscience nationale » dans tous le continent africain.
4 février : Rébellion nationaliste en Angola[1] soutenue par l’Union soviétique (1961-1974). Émeute à Luanda suivie d’une insurrection massive de paysans (février-mars). Les membres du MPLA tueront 2000 colons portugais en un jour, ce qui déclenche la guerre d´indépendance (1961-1974). L´insurrection sera matée dans le sang (10 000 morts, 40 000 réfugiés).
13 avril : Les Portugais organisent une répression sanglante en Angola : 50 000 Africains sont tués et plus de 100 000 Angolais se réfugient au Congo Léopoldville. Le mouvement se poursuit par des guérillas dans le nord et dans l’est du pays.
15 avril : Gouvernement noir au Nyassaland après la victoire du Parti du congrès du Malawi aux législatives.
8-12 mai : Conférence de Monrovia (21 participants) réunie à l’initiative de sir Abubakar Tafawa Balewa, Premier ministre du Nigeria. Elle prône le renforcement des États-nations en affirmant l’égalité absolue entre eux, la non-ingérence dans les affaires intérieures de chacun, le respect de leur souveraineté et la nécessité de coopérer au sein d’organismes consultatifs. Elle préconise le maintien des relations avec les anciennes métropoles et propose l’introduction du français et de l’anglais aux côtés des langues nationales.
15-25 mai : A la Conférence d’Addis-Abeba, les représentants des États participants se donnent pour objectif la scolarisation universelle à la fin des années 1970[3].
31 mai : L’union Sud Africaine devient république d’Afrique du Sud et quitte le Commonwealth plutôt que de renoncer au principe d’inégalité raciale.
André Malraux, ministre d’État aux Affaires culturelles se rend à Bamako pour normaliser la situation entre la France et le Mali[4]. Quelques jours plus tard, Modibo Keita propose l’ouverture de négociations bilatérales, qui sont conduites à Londres alors que la France évacue la base de Kati (juin). Les bases de Tessalit (juillet), de Gao (août) et de Bamako (septembre) sont évacuées.
Création d’une Union des États africains par les chefs d’État de la Guinée, du Ghana et du Mali[5]. Elle ne se réalisera pas.
19 novembre[6] : Début de la répression du « Complot des enseignants » en Guinée[7]. Le régime élabore la théorie du « complot permanent » auquel il répond par la terreur symbolisée par les « pouvoirs révolutionnaires locaux » et le « camp Boiro » où sont internés les opposants.
6 décembre : Constitution en Rhodésie du Sud, négociée avec le Royaume-Uni, qui institue une assemblée élue sur la base des « races », avec 50 sièges pour les colons blancs et 15 pour les Africains.
3-6 janvier : Charte africaine de Casablanca signée par des représentants du Ghana, de la Guinée, du Mali, du Maroc, de la RAU et du GPRA. Elle définit des objectifs supranationaux, dont la création d’un marché commun africain et d’une citoyenneté africaine unique. Elle apporte son soutien aux territoires en lutte pour l’indépendance.
22 avril : Ultimatum du Général Challe, Putsch des généraux à Alger : Quatre généraux de l'armée française - Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller - parviennent à soulever plusieurs régiments dans un coup de force pour s'opposer à la politique algérienne du général de Gaulle. Le 1er régiment étranger de parachutistes commandé par Hélie de Saint-Marc prend le contrôle de la ville. Le putsch durera quatre jours avant son échec.
23 avril : Dans une allocution télévisée, Charles de Gaulle condamne le « quarteron des généraux en retraite » et s’attribue les pleins pouvoirs en vertu de l’article 16 de la Constitution.
26 avril : La sédition des généraux prend fin : Gouraud, Challe, puis Zeller se constituent prisonniers.
1er novembre : Ben Bella fait la grève de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique.
Amérique
3 janvier : Rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba à la suite de l’expulsion de diplomates américains en poste à la Havane. Eisenhower transmet le dossier à Kennedy, qui donne le feu vert à l’invasion, à condition qu’aucune force nord-américaine ne soit impliquée.
23 février : Ernesto Guevara devient ministre de l'industrie à Cuba. Il élabore un plan de restructuration, dans l’idée de rompre la dépendance économique de Cuba à l’égard des exportations de sucre, de diversifier la production agricole et d’industrialiser le pays. La production de sucre tombe de 6,8 millions de tonnes en 1961 à 4,8 en 1963, privant le pays de précieuses devises. L’industrialisation est handicapée par l’embargo nord-américain.
13 mars : Le président Kennedy propose à l’Amérique latine une « Alliance pour le progrès » afin de promouvoir conjointement le développement économique, engager des réformes structurelles, instaurer ou consolider la démocratie. Le lendemain, il demande au Congrès des États-Unis l’autorisation de créer un Fond interaméricain de progrès social.
17 avril : Dans la baie des Cochons, un millier d'opposants au régime castriste, bénéficiant de l'aide de la CIA, tentent un débarquement armé. L'opération se révèle un fiasco et à pour conséquence un rapprochement officiel de Fidel Castro avec l'Union soviétique. Le gouvernement des États-Unis décrète un blocus.
25 avril[9] : Création au Brésil d’une société nationale, Eletrobrás, pour contrôler la production et la distribution d’électricité.
30 mai : Assassinat de Trujillo en République dominicaine, ouvrant une période d’instabilité politique. Longtemps écarté du pouvoir, la bourgeoisie se rue sur les biens du dictateur déchu.
16-20 avril : Débarquement de la Baie des Cochons. La tentative d’invasion de groupes d’exilés cubains anticastristes appuyés par les États-Unis est un véritable fiasco. Les attaquants sont attendus par les troupes de Castro et ne reçoivent aucune aide aérienne de la part des États-Unis. Castro triomphe. La veille de l’attaque, Fidel Castro a proclamé le caractère « socialiste » de la révolution cubaine et Khrouchtchev lui assure son soutien inconditionnel.
1er mai : Cuba devient une République démocratique socialiste.
5-17 août : Conférence exceptionnelle du Conseil interaméricain économique et social de l’OEA à Punta del Este, en Uruguay. Après le fiasco de l’intervention à Cuba, Kennedy présente ses projets d'« Alliance pour le progrès ». Deux documents sont signés : le premier, la Déclaration des peuples d’Amérique, fixe un certains nombre d’objectifs généraux détaillés dans le second, la Charte de Punta del Este.
La rhétorique de l’Alliance pour le progrès concernant la démocratie ne sera guère suivie d’effet et sera même contre-productive. À l’opposée, l’assistance militaire fait des progrès considérable. Elle passe de 65 millions par an pour l’Amérique latine entre 1953 et 1961 à 172 millions pour les trois années de l’administration Kennedy. L’aide économique est singulièrement accrue, passant d’une moyenne annuelle de 204 millions de dollars sous la présidence d’Eisenhower à 1,3 milliard entre 1962 et 1965.
23 août, Brésil : Le journaliste Carlos Lacerda dénonce à la télévision de São Paulo un coup d’état qu’aurait préparé le président Quadros. Le 24 août, il fait de même à la télévision de Rio.
25 août : Le Président brésilien Jânio Quadros renonce à la présidence et quitte Brasilia, laissant une lettre accusant les forces occultes et étrangères. Le vice-président João Marques Goulart, ancien ministre du Travail de Getúlio Vargas qui se trouvait en Chine, revient en hâte, et trouve un compromis avec l’armée : l’armée laisse Goulart accéder à la présidence, mais la Constitution est amendée. De présidentiel, le régime devient parlementaire. Goulart entre en fonction le 7 septembre.
7 novembre : Les militaires mettent un terme au quatrième mandat du dirigeant populiste Velasco en Équateur. Le vice-président Carlos Julio Arosemena lui succède. Il fait preuve de nationalisme et d’inclinaisons à gauche (fin en 1963).
L’administration Kennedy, élue sur le thème de la « Nouvelle Frontière », est composée d’une équipe jeune et dynamique qui se propose de lancer une grande entreprise libérale : expansion économique, stratégie militaire nouvelle (représailles flexibles), lutte contre les inégalités sociales et raciales.
En mars, les mouvements pour les droits civiques organisent des « marches » et des convois à travers les États du Sud, malgré des réactions violentes des populations blanches.
Mai : Les États-Unis intensifient leur intervention au Viêt Nam.
4 mai : Organisation de « Freedoms rides » pour protester contre la discrimination dans les transports inter-État. Des bus mixtes sont affrétés en direction du Sud.
16 décembre : Début de l'engagement américain (15 000 hommes) au Viêt Nam. Kennedy accepte d’accroître le nombre de conseillers militaires américain à Saigon pour aider le gouvernement sud-vietnamien dans sa lutte contre le Front national pour la libération du Viêt Nam (de 2 000 à 23 000 hommes en 1964).
Été : le gouvernement de la RAU est entièrement centralisé en Égypte.
11 septembre : Révolte kurde en Irak[17]. Qasim soutient les opposants au leader kurde Barzani, qui réplique en prenant le maquis et demande l’autonomie du Kurdistan. En septembre, les organisations kurdes sont interdites et l’armée entame une répression contre les forces de Barzani. Devant la situation, les officiers kurdes de l’armée démissionnent et s’engagent auprès de Barzani. La guérilla kurde est efficace et l’armée irakienne ne parvient à contrôler que les principales agglomérations. Le régime de Qasim en sort affaiblit.
28 septembre : L’armée syrienne s’empare du pouvoir. Nasser refuse une épreuve de force et rapatrie tous les Egyptiens présents en Syrie. La RAU est dissoute.
L’échec de la RAU amène Nasser à modifier sa politique. Son idéologie prend une orientation nettement socialiste. Il veut établir la justice sociale, l’égalité des chances et former un grand corps social unique sous l’autorité de l’État. Il accélère les nationalisations, dépossède les communautés étrangères (Syriens, Libanais, Grecs), détruit le capitalisme égyptien…
En septembre, Kennedy désigne un émissaire spécial au Moyen-Orient, Joseph Johnson, chargé d’étudier la question des réfugiés palestiniens sur la base des propositions de 1960. Nasser s’affirme favorable au plan américain. Washington se rapproche de Tel-Aviv, malgré la question de l’armement nucléaire israélien.
L’essentiel de la production égyptienne se tourne vers le marché intérieur. Les exportations vers les autres pays arabes sont freinées. L’économie est soutenue par l’URSS (aides techniques et économique) et par les États-Unis, qui livrent des céréales.
Seconde réforme agraire en Égypte : le plafond de la superficie des propriétés est réduit à 42 ha. Les cultures sont réglementées par l’État et encadrées par des coopératives agricoles.
4 juin : Entrevue de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne. Le leader soviétique annonce son intention de signer un traité de paix avec la RDA, qui rendrait caduc les droits d’accès aérien et terrestres occidentaux à Berlin-Ouest. Kennedy réagit fermement et demande au Congrès des États-Unis le droit de rappeler 250 000 réservistes en juillet. Après la construction du mur de Berlin, Khrouchtchev annonce qu’il renonce pour le moment à la signature d’un tel traité.
14 juillet, Rome : Le pape Jean XXIII marque une volonté d’ouverture très nette en accueillant le président du Conseil des ministres italien Amintore Fanfani au Vatican et publiant l’encycliqueMater et magistra (15 mai) qui condamne le libéralisme et les inégalités sociales, par conséquent la politique de droite menée par la Démocratie chrétienne. Concrètement, le pape invite l’Action catholique à abandonner la politique.
5 août : Les Occidentaux décident de maintenir leurs troupes par tous les moyens à Berlin.
12 août : Construction dans la nuit du 12 au 13 août d'un réseau de barbelés qui coupe Berlin en deux. Les ouvriers ont érigé dans la nuit ce qui va devenir le mur de Berlin quand le béton commencera à remplacer le fil de fer, deux jours plus tard. Les autorités est-allemandes veulent ainsi mettre un terme à l'exode massif des Berlinois de l'Est vers l'ennemi de l'Ouest. Le mur tombera après vingt-huit ans et plus de deux cent trente-huit morts, le 9novembre1989, événement marquant le début de la fin de l'empire soviétique et de facto celui de la guerre froide.
1er septembre[18] : Annonce de la reprise des essais nucléaires soviétiques dans l’atmosphère.
XXIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique. Khrouchtchev réitère certaines de ses accusations contre Staline et fait retirer sa dépouille du mausolée où il reposait aux côtés de Lénine. Il obtient également l’exclusion du parti des staliniens qui s’étaient opposés à lui en 1957.
En décembre, la république populaire d'Albanie rompt avec l'Union soviétique et pratique une politique prochinoise.
Royaume-Uni : Le recensement fait état de 400 000 personnes de couleur. Ils seront 1,5 million dix ans plus tard, soit 3 % de la population totale.
Italie : 49 903 878 habitants. La population de Rome, de Milan et de Turin a augmenté respectivement de 24%, de 30% et de 36% depuis 1951. Inflation.
Portugal : La préparation des élections permet de mettre au point un « programme pour la démocratisation de la République », rendu public par une conférence de presse. Le gouvernement interdit la publication de ce document jugé diffamatoire et subversif. Les principaux signataires sont poursuivis.