2 mars : Le pape Jean XXIII nomme les premiers cardinaux non blancs : un Africain, un Japonais et un Philippin.
5 mai : Khrouchtchev annonce qu’un avion américain a été abattu au-dessus du territoire soviétique.
6 mai : Washington affirme qu’il s’agit d’un avion météorologique égaré.
7 mai : Moscou annonce qu’elle détient le pilote, Gary Powers, et qu’il a reconnu avoir été chargé d’une mission d’espionnage sur un appareil spécialement conçu, l’U-2.
11 mai : Après avoir nié que le président ait été au courant, l’Administration américaine affirme le contraire et Eisenhower précise qu’il a lui-même autorisé ces vols en 1956 et qu’il se refuse à les arrêter. Devant la réaction internationale, Eisenhower, arrivé à Paris, annonce officiellement que le survol du territoire russe par les U-2 est suspendu.
16 mai : Devant le refus d’Eisenhower de faire des excuses publiques à l’URSS et de punir les responsables, Khrouchtchev boycotte la conférence de Paris.
20 octobre : Débat houleux à l’Assemblée générale de l’ONU. Pour protester contre l’intervention du délégué philippin qui assimile les pays d’Europe de l’Est à des colonies de l’URSS, Khrouchtchev donne un coup de chaussure sur la table.
20 janvier–20 février : Table ronde belgo-congolaise où des représentants congolais et belges fixent les étapes suivantes pour l'indépendance du Congo belge. Refus des nationalistes d’accepter le régime parlementaire proposé par les Belges. Ils demandent l’indépendance, ce que la métropole accepte le 30 juin.
Janvier : Modibo Keita, venu en visite officielle au Dahomey en tant que président du gouvernement fédéral, est accueilli à coup de pierre par une population hostile.
Février : Deux membres de l’Union nationale mauritanienne sont arrêtés pour avoir préconisé l’union de leur pays avec la Fédération du Mali
19 avril, New York : Création de la SWAPO (Organisation du peuple d’Afrique du Sud-Ouest).
27 avril : Indépendance du Togo octroyée par la France. Ancienne colonie allemande, le pays était sous administration déléguée de l'ONU.
Avril : Le président guinéen Sékou Touré accuse les dirigeants de la Fédération du Mali de se livrer, en accord avec la France, à des menées subversives contre son pays.
17 mai : Inauguration par la reine mère Elisabeth du barrage Kariba sur le Zambèze (Rhodésie). Avec ses 270 Km de longueur, ce lac artificiel est à ce jour le plus grand du monde.
29 juin: Un jour avant l´indépendance du Congo belge, la CONAKAT essaie de proclamer l´indépendance d´une des régions, le Katanga ceci sera empêché par les services secrets belges.
30 juin : Indépendance du Congo belge octroyée par la Belgique, président Joseph Kasa-Vubu. Lors de de la cérémonie d´indépendance le premier ministre Lumumba fait un discours inattendu très critique vis à vis du passé colonial, qui sera qualifié d´insolent.
Juin : Échec de la fusion entre le MPLA et l’UPA (Union populaire de l’Angola) de Roberto Holden. Une manifestation pacifique de soutient au leader du MPLA Agostinho Neto est dispersée dans le sang.
Le Ghana, indépendant depuis 1957, devient une république; le pays reste membre du Commonwealth.
4 juillet: Début de la Crise congolaise (fin en 1965). Après l’indépendance du Congo-belge, l´armée nationale étant toujours dirigée par des officiers blancs, les soldats noirs se rebellent, tuent leurs officiers et violent leurs femmes. Le premier ministre Lumumba répond par l´africanisation des cadres et un doublement de solde. Mais la Belgique refuse et envoie des troupes aéroportées. Le premier ministre Lumumba appelle alors les Soviétiques à l’aide, ce qui pousse la Belgique à retirer ses troupes. Le 11 juillet, le Katanga, riche région minière du sud, tente une sécession sous la conduite de Moïse Tshombe: le Katanga indépendant ne sera reconnu et appuyé financièrement que par la Belgique. Le général Mobutu envoie Lumumba au Katanga où celui-ci est assassiné. La sécession katangaise sera finalement brisée par les forces de l’ONU le 15janvier1963.
15 août : Indépendance de la république populaire du Congo (Congo Brazzaville) octroyée par la France.
17 août : Indépendance du Gabon octroyée par la France.
20 août : Le Sénégal quitte la Fédération du Mali et déclare son indépendance. Sénégalais et Soudanais sont opposés sur les principes démocratiques et politiques (fédéralisme et pluralisme pour le Sénégal, État unitaire et parti unique pour le Soudan).
22 septembre : Le socialiste Modibo Keïta proclame l'indépendance de la République du Mali après l'échec de la Fédération du Mali. Il instaure un régime présidentiel fortement centralisé.
Octobre : Conférence de l’organisation des pays francophones à Abidjan.
3 novembre[3] : Assassinat du président de l’UPCFélix Moumié à Genève par les services secrets français, alors qu’il s’apprêtait à ouvrir des « bases révolutionnaires » au Congo.
5 novembre : Aide américaine au Mali (ciment, véhicules, produits pétroliers).
14 décembre : Adoption à l’assemblée générale de l’ONU d’une « déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux peuples colonisés ». Un Comité de décolonisation sera créé en 1961.
3 mars : Voyage d’inspection de trois jours en Algérie du général de Gaulle. Au cours de cette « tournée des popotes », il déclare que la question algérienne ne pourra être réglée qu’après la victoire des armées françaises.
14 juin : De Gaulle se prononce pour « l'Algérie algérienne ».
Juillet : Début du retrait des troupes françaises.
18 février : Traité de Montevideo instituant une Association latino-américaine de libre commerce (ALALC) réunissant l’Argentine, le Chili, le Brésil et l’Uruguay. L’ensemble des pays d’Amérique du Sud et le Mexique la rejoindront avant 1968. Son objectif et de faciliter les échanges commerciaux par la négociation produit par produit et l’établissement d’une zone de libre-échange en 12 ans.
13-18 novembre[6] : De jeunes officiers se révoltent au Guatemala contre le président Ydígoras. C’est un échec, mais un mouvement de guérilla combat le régime pendant plus de trente ans. Les inégalités criantes entre les Mayas et le reste de la population favorisent les mouvements de guérilla parmi les autochtones qui sont réprimés avec une extrême violence par l’armée et par les groupes d’extrême droite appuyés par les gouvernements successifs. La répression atteint son paroxysme dans les années 1970.
13 décembre : Traité général d’intégration économique centraméricaine. Il prévoit un délai de cinq ans pour la création d’un marché commun (MCCA) entre le Costa Rica, le Salvador, le Honduras, le Nicaragua et le Guatemala, réduit de fait à une zone de libre-échange. Aucune mesure réelle n’est prise.
4 février : La révolution cubaine se rapproche de l’Union soviétique et rompt avec les États-Unis. Fidel Castro réclame aux États-Unis une assistance économique exorbitante de 30 milliards de dollars, qui lui est refusée. Il se tourne alors vers l’URSS qui lui accorde une aide de 100 millions de dollars et promet d’acheter 4 millions de tonnes de sucre par an.
8 mai[7] : Des relations diplomatiques sont établies avec l'Union soviétique, puis Cuba importe du pétrole russe à meilleur prix que celui du Venezuela. Mais les compagnies américaines installées à Cuba refusent de le raffiner et Castro les confisque. En réaction, Eisenhower annule le quota dont disposait Cuba dans les importations nord-américaines de sucre. Castro répond en confisquant toutes les compagnies nord-américaines de l’île (téléphone, mines, cigarettes, etc.).
Juillet : Un camp d’entraînement nord-américain est installé au Guatemala en vue d’une intervention à Cuba, dont les services secrets cubains apprennent l’existence.
7 août : Nationalisation des entreprises américaines sur le territoire cubain par Fidel Castro. Durant l’été Castro nationalise aussi toutes les banques et quelques 380 entreprises cubaines. Eisenhower décrète alors l’embargo économique total.
28 septembre[8] : Castro créé des Comités de défense de la révolution (CDR) pour mobiliser la population contre une éventuelle invasion, mais aussi pour la surveiller et l’encadrer. Un ordre autoritaire se met en place. La justice perd son indépendance, les syndicats sont contrôlés par le gouvernement, la presse est muselée. Des réformes sont lancées. Le régime parvient grâce à une grande campagne, à éradiquer l’analphabétisme. La santé, le logement reçoivent une attention prioritaire.
11 mai : Le président Eisenhower reconnaît publiquement que les États-Unis ont effectué des missions de reconnaissance aérienne au-dessus du territoire soviétique durant les quatre dernières années. Le 15 mai, il annonce que plus aucun vol d'espionnage ne sera fait.
11 juillet : À la convention nationale des démocrates à Los Angeles en Californie, le sénateur John F. Kennedy est nommé dès le premier tour de vote. C'est le plus jeune candidat à être nommé pour cette élection.
13 septembre : L'ouraganDonna, considéré comme le plus destructeur par les Américains, tue 30 personnes et laisse derrière lui des milliers de sans-abri sur la côte atlantique, de la Floride au Canada.
Début de récession. Ralentissement de la croissance.
Les États-Unis comptent 180 millions d’habitants. La population active est composée de 9% de fermiers, 33% d’ouvriers, 48% dans le tertiaire. 36 % des femmes de plus de 16 ans (23 millions) sont salariées. 20 millions de syndiqués.
500 milliards de dollars de PNB. La production industrielle est passée de l’indice 65 en 1945 à l’indice 110. La productivité a crû de 35 à 40%. 31,8 milliards de dollars sont investis à l’étranger (35% produits manufacturés, 34% pétrole, 9% matières premières, 22% tertiaire).
187 des 500 firmes les plus importantes (40% des ventes nationales) sont des entreprises multinationales.
Le budget militaire est de 45,8 milliards de dollars (49,7% du budget global).
27 mars, Indonésie : Le Parlement Gotong Rojong est établit. Il y siège les représentants de neuf partis politiques et de 21 groupes « fonctionnels ». En août, le Congrès consultatif du peuple est mis en place, composé du Gotong Rojong, des représentants des régions et des groupes « fonctionnels ».
4 avril : Victoire retentissante de la faction de U Nu aux élections en Birmanie. Sa décision de promouvoir le bouddhisme au rang de religion d’État et sa tolérance vis-à-vis du séparatisme ethnique précipitent un coup d’État sans effusions de sang qui rétablit la domination militaire de Ne Win en mars 1962.
5 juin : Norodom Sihanouk devient chef de l’État au Cambodge. Sa politique de neutralité, soutenue par les pays socialistes, et des querelles frontalières le mène à la rupture avec la Thaïlande et le Vietnam du Sud, puis avec les États-Unis (1961-1964). L’étatisation de l’économie et la corruption de l’administration mécontentent le peuple.
Juin : Le gouvernement Japonais, dépassé par les manifestations antiaméricaines, est contraint d’annuler son invitation au Président Eisenhower.
15 juillet : Nobusuke Kishi, premier ministre du Japon, démissionne devant l'agitation antiaméricaine et est remplacé par Hayato Ikeda (19 juillet) qui promet le doublement du revenu national en dix ans, promesse qui sera plus que tenue.
9 août : Au Laos, le coup de force du capitaine neutraliste Kong Le porte au pouvoir Souvanna Phouma (11 août). Le pays se déchire. La zone Vientiane, coincée entre le Nord dominé par les neutralistes et la Pathet Lao et le Sud aux mains de la droite, accepte d’être ravitaillée par un pont aérien soviétique, via Hanoi. Souvanna Phouma doit bientôt se réfugier au Cambodge (décembre).
17 août : Rupture des relations diplomatiques entre les Pays-Bas et l'Indonésie sur la question de l’Irian Barat. Des accrochages se produisent entre des commandos indonésiens parachutés dans l’Irian et les forces hollandaises.
Décembre : Le roi du NépalMahendra déclare que le régime est corrompu et inefficace puis prononce la dissolution du gouvernement et suspend le Parlement.
Création en Inde du système des panchayats ou « conseil de village » à partir d’un projet élaborer par les Américains. Chaque village doit élire son panchayat qui élabore ensuite une sorte de plan de développement rural basé sur la création d’une coopérative.
Indonésie : Loi agraire fixant des maxima de propriété foncière variable selon les régions (UUPA 1960). Les plantations deviennent progressivement des propriétés d’État. Plan de huit prévoyant l’accroissement du secteur industriel. Il ne peut être mis en œuvre en raison des difficultés économiques.
Proche-Orient
9 janvier : Début de la construction du barrage d'Assouan en Égypte, permettant l’irrigation de plus d’un million d’ha de terres et de cultures. Sa construction menace plusieurs monuments dont les Temples d'Abou Simbel qui devront être déplacés.
Mai : Kennedy lance une initiative de paix pour le Moyen-Orient. Il souhaite l’application des recommandations de l’ONU sur les réfugiés palestiniens et la résurrection de la Commission de conciliation de 1949. Les réfugiés arabes pourraient se voir octroyer le droit d’émigrer en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Australie, sauf 25% qui rentreraient en Israël. David Ben Gourion refuse tout retour de réfugiés avant le règlement durable de l’ensemble de la question. Il se rend aux États-Unis (mai) et recherche une intervention américaine contre les livraisons d’armes de l’Union soviétique à la RAU.
16 août : Indépendance de Chypre octroyée par le Royaume-Uni après 88 ans d'occupation coloniale.
Août : Les Majors décident une nouvelle baisse de 10% des prix du pétrole.
Irak : Qasim réautorise les partis politiques afin de minimiser l’importance des communistes. Sans rôle politique, ils finissent par disparaître en 1962.
Arabie saoudite : Les États-Unis soutiennent la politique de prédication des wahhabites qui leur apparaît comme un moyen de combattre l’arabisme révolutionnaire et le marxisme.
Nationalisation en RAU entraînant le développement de l’appareil bureaucratique. Les postes à responsabilité en Syrie passent de plus en plus dans les mains des Egyptiens. La bourgeoisie industrielle syrienne est d’abord favorable à l’union qui, pense t’elle, lui ouvre le marché égyptien par le biais des communautés syro-libanaises d’Égypte. Mais ces dernières sont spoliées par le nouveau régime et le pays n’entend pas ouvrir son marché intérieur aux syriens. Un sentiment nationaliste se développe en Syrie.
Les États-Unis profitent de la brouille entre Nasser et l’Union soviétique pour établir des relations avec la RAU. L’URSS continue à apporter son aide économique, notamment pour le financement des travaux du barrage d’Assouan et la création d’une industrie lourde.
Novembre : Rupture sino-soviétique. Les relations entre les deux pays se détériorent du fait d’un désaccord idéologique sur l’interprétation du marxisme, en particulier en ce qui concerne la révolution dans les pays en voie de développement.
L’Union soviétique annonce une réduction d’environ un tiers de sa puissance militaire, mais les nations occidentales ne veulent pas suivre une telle proposition sans que l’URSS accepte de se soumettre à des contrôles.
Les musulmans de Bosnie-Herzégovine obtiennent un statut ethnique distinct pour les mettre sur un pied d’égalité avec les Serbes et les Croates.
La production industrielle en Roumanie a quintuplé entre 1938 et 1960. Dans les années 1960, le taux de croissance moyen de l’industrie roumaine est l’un des plus élevés d’Europe de l’Est.
URSS : Réformes économiques lancées sous l’impulsion du Premier ministre Alexis Kossyguine pour pallier les dysfonctionnements du système et établir des mécanismes de marché susceptibles de lui donner plus d’efficacité. L’expérience tourne court, car elle met en cause l’autorité du parti sur les entreprises et porte en germe l’affaiblissement des organes centraux.
23 mars : Privé de l’appui du Parti libéral qui voulait obliger la DC à un choix clairement centriste, le président du Conseil Antonio Segni démissionne et est remplacé par Fernando Tambroni qui constitue un gouvernement DC homogène (25 mars).
Avril : Crise politique lorsque l’alliance objective entre DC et néo-fascistes apparaît trop ouvertement.
Aldo Moro, secrétaire général de la DC, envisage sous l’influence de Fanfani l’ouverture du gouvernement à gauche. Des expériences de gouvernement de centre gauche ont lieu au niveau municipal à Milan, Gênes, Florence. L’Église et l’Action catholique de Gedda font pression sur Aldo Moro pour stopper le processus. Le président de la République Giovanni Gronchi renvoie Tambroni à la Chambre bien qu’il n’ait pas été désigné par la majorité du Parlement. Mais il échouera dans sa tentative de donner à la Constitution une interprétation présidentielle.
30 juin-6 juillet : Le Mouvement social italien, de tendance néo-fasciste, ayant convoqué son congrès national à Gênes pour le début de juillet, la Confederazione Generale Italiana del Lavoro, de tendance socialiste et communiste, proclame une grève générale dans la ville. Le MSI renonce à la convocation de son congrès, mais cela n’empêche pas une seconde manifestation à Gênes le 2 juillet, donnant lieu à des heurts violents avec la police. Une série de manifestations ébranle le pays dont la principale, à Rome le 6 juillet, est dispersée par une charge de carabiniers à cheval. Des violences font une dizaine de morts.