Juillet[2] : Création du Groupe de Travail pour l’étude du problème politique des colonies belges et premier congrès des partis politiques au Congo belge.
20 août : Lors de sa première tournée en Afrique, le général de Gaulle présente les différentes options offertes aux colonies françaises.
2 octobre : Indépendance de la Guinée octroyée par la France. Elle refuse de s’intégrer à la Communauté française et est dirigée de façon autoritaire par le président Sékou Touré. Le PDG (Parti démocratique de Guinée) devient constitutionnellement le parti unique (novembre).
8 février : En riposte aux attaques du FLN à partir du territoire tunisien, l’aviation française bombarde le village de Sakiet Sidi Youssef faisant de nombreuses victimes civiles. Le gouvernement tunisien proteste et exige l’évacuation des bases militaires françaises.
13 mai : Émeutes insurrectionnelles à Alger. L’immeuble du gouvernement général à Alger est investi par les manifestants. Les généraux Massu et Salan fondent un Comité de Salut Public en vue du maintien de l'Algérie française, qui exige la création en France d’un gouvernement d’exception. L’Assemblée nationale accorde sa confiance au gouvernement de Pierre Pflimlin.
14 mai : Le président René Coty ordonne à l’armée d’Algérie de rester sous l’autorité du gouvernement.
15 mai : Le général Salan fait appel au général de Gaulle. Le général de Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.
16 mai : L’Assemblée nationale instaure l’État d’urgence. Les pouvoirs spéciaux en Algérie sont renouvelés.
24 mai : Des comités de salut public sont constitués en Corse à l’instigation d’envoyés d’Alger.
1er juin : Gouvernement de Gaulle qui obtient les pleins pouvoirs pour six mois.
4-7 juin : Premier voyage du général de Gaulle en Algérie. Devant la foule réunie à Alger, il lance la phrase « Je vous ai compris ! ».
9 juin : Le général Salan est nommé délégué général du gouvernement en Algérie.
16 juin : Le général Massu devient préfet d’Alger.
17 juin : Accord entre les gouvernement français et tunisien sur le retrait des troupes françaises.
Juin : La Tunisie accepte la construction par la France d’un oléoduc reliant le gisement de pétrole d’Edjeleh au port tunisien de La Skhirra.
1er juillet : Nouveau voyage de De Gaulle en Algérie.
3 juillet : De Gaulle prend contact avec l’armée mais refuse de recevoir les membres du Comité de salut public d’Alger et annonce la constitution d’un collège électoral unique ainsi que l’octroi du droit de vote aux femmes musulmanes.
2 octobre : Discours de Constantine du général de Gaulle qui annonce un plan de réformes sociales, économiques et culturelles pour l’Algérie et affirme l’existence d’une « solidarité étroite » entre l’Algérie et la France : c’est le plan de Constantine, qui propose l’industrialisation de l’Algérie grâce au pétrole du Sahara.
11 octobre : Ferhat Abbas annonce que le gouvernement provisoire est prêt à négocier les conditions d’un cessez-le-feu.
Octobre : 800 000 soldats français sont engagés dans le conflit algérien.
23 octobre : Dans une conférence de presse, de Gaulle offre au FLN « la Paix des Braves ». Le FLN refuse.
21 janvier, Venezuela : La junte patriotique organise une immense manifestation à Caracas. Les syndicats et les organisations patronales se joignent au mouvement.
23 janvier, Venezuela : Les militaires refusent de réprimer les manifestations et le dictateur Pérez Jimenez doit quitter le pouvoir.
27 janvier, Venezuela : Après quelques jours de confusion et de débats au sujet de la nouvelle junte de gouvernement, les militaires s’engagent officiellement à faciliter la démocratisation. Les partis politiques (COPEI, URD) comme les forces conservatrices (compagnie pétrolière, États-Unis, militaires golpistas) craignent que l’AD ne devienne un parti hégémonique en raison de ses appuis populaires. Des négociations s’ouvrent entre août et septembre, aboutissant au pacte de Punto Fijo.
Cuba : Le pilote automobile argentin Fangio est en otage par des rebelles castristes. Il est libéré sans heurt le lendemain de la course.
17 mars, Révolution cubaine : Fidel Castro lance une appel à la guerre totale contre le régime de Fulgencio Batista à Cuba. Le gouvernement des États-Unis décrète l’embargo sur les fournitures d’armes à Cuba (Mars), ce qui revient à placer sur un pied d’égalité la légitimité du combat du gouvernement Batista et celui de la guérilla.
9 avril : Une grève générale échoue à Cuba. Castro intensifie la guérilla. La répression de l’armée s’abat sur les couches moyennes et les milieux étudiants, ce qui contribue à éloigner du régime de nombreuses catégories sociales.
10 juin : Signature d’un traité multilatéral de libre commerce et d’intégration économique entre les cinq pays d’Amérique centrale.
7 août : Élections en Colombie. Début du Régime du Front national (fin en 1974). Les institutions démocratiques sont restaurées mais la démocratie est limitée aux seuls partis libéral et conservateur, ce qui entraîne une démobilisation politique. L’état de siège reste en vigueur jusqu’en 1982.
31 octobre : Pacte de Punto Fijo entre les partis politiques au Venezuela. Il prévoit que les partis respecteraient les résultats des élections à venir et que les vaincus se verraient offrir une participation au pouvoir.
Novembre, Cuba : Batista tente une issue politique et organise une élection présidentielle anticipées qui se solde par une abstention massive.
31 décembre : Fidel Castro et ses guérilleros achèvent de prendre le contrôle de Cuba en faisant le siège de Santiago de Cuba. Après une ultime manœuvre pour rallier l’appui de l’administration Eisenhower, le dictateur Batista s’enfuit du pays.
Juin : Abolition de la loi Mac-Mahon de 1946 par le Congrès des États-Unis. Reprise de la coopération nucléaire entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne interviennent en Jordanie et au Liban suite au coup d’État militaire de Qasim en Irak.
Suspension provisoire des essais nucléaires.
2 septembre[6] : National Defense Education Act, qui débloque d’importants crédits pour développer l’enseignement scientifique.
Septembre : Le gouverneur de l’ArkansasOrval Faubus décide la fermeture de toutes les écoles publiques de son État. Le gouvernement fédéral ne réagit pas.
Le gouvernement républicain dépense pour le soutien des prix agricoles dix fois plus qu’en 1952.
The Affluent Society, de l’économiste John Kenneth Galbraith, qui exprime son scepticisme quant à l’amélioration qui pourrait résulter de la seule croissance du PNB pour les 20 à 30% de familles pauvres tant que l’État ne se résoudra pas à la redistribution.
Océanie et Pacifique
Février, Australie : Fondation du Conseil fédéral pour la défense des droits des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres (FCAATSI)[7], qui œuvre à la suppression des lois discriminatoires, des restrictions aux libertés individuelles des Aborigènes, à l’obtention du droit de vote à l’échelon national et à l’accession à une véritable identité citoyenne.
Promulgation de la première constitution démocratique du Népal.
Indonésie : Des militaires et des islamistes proclament avec l’appui officieux des États-Unis, un gouvernement rival à Sumatra. Les forces de Djakarta les battent rapidement, mais la guérilla se poursuit jusqu’en 1961.
26 septembre, Birmanie : U Nu confie le pouvoir à l'armée pour rétablir l'ordre. Le général Ne Win devient Premier ministre et établit une dictature anticommuniste.
20 octobre, Thaïlande : Un nouveau coup d’état une nouvelle fois mené par Sarit Dhanarajata, renverse le gouvernement Thanom. La Constitution est suspendue, la loi martiale proclamée et tous les partis politiques sont interdits (fin en 1963).
Birmanie : Une scission de l’AFPFL nécessite l’intervention constitutionnelle d’un gouvernement intérimaire militaire pendant dix-huit mois, sous la direction du général Ne Win (fin le 4avril1960). Son gouvernement resserre la discipline administrative et contient les prétentions séparatistes des États shans.
Mao Zedong lance le « Grand Bond en avant » dont l'objectif est de permettre à la Chine populaire de rattraper le Royaume-Uni en quinze ans. Ce « Grand Bond en avant » s'achèvera en 1959 sans succès (peut-être trente millions de morts dus à la famine et à la malnutrition). Mao sera écarté avant de revenir au pouvoir en 1966.
30 août : Achèvement de la collectivisation des campagnes. Le Parti communiste chinois décide de généraliser le système des « communes populaires », avec élimination de toute propriété privée.
D'importantes opérations de guérilla sont signalées dans l'est du Tibet. Cette rébellion est provoquée par des tentatives d'instaurer des communes populaires semblables à celles qui existent dans d'autres régions de la Chine. Les autorités chinoises annoncent que l'établissement des communes est reporté au Tibet, mais il est déjà trop tard pour éviter l'extension du conflit armé.
21 février : Nasser est choisi comme chef de la nouvelle République Arabe Unie approuvée par référendum à 99,98 % des voix dans les deux pays.
22 février : Pacte d'union entre la Syrie et l'Égypte.
23 février : La bande de Gaza est dotée d’une charte créant des organismes mixtes palestino-égyptiens. Nasser propose de former une entité palestinienne avec des représentants élus, dirigée contre le Haut Comité arabe, susceptible de voter le rattachement à la RAU. À l’été 1959, le mufti et ses partisans protestent et quittent l’Égypte pour le Liban.
6 mars : Le président Nasser forme le premier gouvernement de la RAU. Il exige une fusion totale avec dissolution des partis et création d’un parti unique, l’Union nationale, qui deviendra l’Union socialiste arabe dans les années 1960.
8 mars : Le Yémen rejoint la RAU pour former les États Arabes Unis. Les forces armées et la politique étrangère des deux États sont unifiées.
Mai : Crise de 1958 au Liban : Insurrection contre le pouvoir au Liban. Les quartiers musulmans sunnites se mettent en grève. Une partie du nord du pays se soulève contre Chamoun. Devant la menace, le gouvernement libanais fait appel à l’aide occidentale.
14 juillet : Un soulèvement nationaliste renverse la dynastie hachémite en Irak. Prise de pouvoir par le général Abdul Karim Qasim et Abdel Salam Aref et instauration de la république. Des émeutes populaires très violentes accompagnent l’insurrection militaire. Le roi Fayçal II, les membres de sa famille et le Premier ministre Nuri Sa'id sont exécutés. La République est proclamée. L'Irak se retire de l'« Union arabe de Jordanie et d’Irak ». Deux tendances s’affrontent pour le pouvoir : celle d’Aref, favorable à une union avec la RAU, et celle de Qasim, favorable au maintient de l’identité irakienne. Aref est arrêté le 5 novembre. Qasim s’appui sur les forces nationalistes irakienne (chiites, Kurdes) et les organisations de gauche, surtout le Parti communiste Iraquien.
15 juillet : Plusieurs milliers de soldats américains débarquent à Beyrouth.
17 juillet : A la demande du roi Hussein de Jordanie et devant la menace d’un coup d’État pro-nassérien, des forces britanniques sont envoyées en Jordanie.
22 septembre : le président du LibanFouad Chéhab forme un gouvernement d’union nationale et mène une politique de rééquilibrage économique et social en faveur des communautés les plus démunies, tels les chiites. Il favorise le développement régional face à Beyrouth. À l’extérieur, il revient à une ligne plus arabiste et entend respecter le « pacte national ».
30 septembre : Réforme agraire en Irak limitant considérablement la taille des propriétés. La population rurale n’est pas préparée à ces changements. La suppression de la grande propriété entraîne la disparition de la jachère, l’augmentation de l’irrigation et la dégradation des sols. La production agricole décroît et l’Irak cesse d’être autosuffisant en matière alimentaire.
Après la révolution irakienne, les forces communistes d’Irak s’opposent violemment au rapprochement du pays à la RAU. Nasser accuse le communisme d’être contraire aux intérêts de l’unité arabe. L’URSS réagit en soutenant les forces communistes de Syrie et d’Irak. Les États-Unis en profitent pour rétablir leurs relations avec l’Égypte. L’aide alimentaire fonctionne de nouveau.
Retour en Irak du leader kurde Moustafa Barzani, jusqu’alors exilé en Union soviétique. Il se rapproche d’une organisation de gauche fondée par de jeunes intellectuels, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK). D’abord favorables au régime de Qasim ; les Kurdes s’en détournent faut d’obtenir des droits suffisants.
Tensions en l’Arabie saoudite et l’Égypte. Les Saoudiens organisent un attentat manqué contre Nasser et tentent d’empêcher la formation de la RAU. Faysal devient chef du gouvernement et tente de rétablir l’image de son pays sur la scène internationale, mais Sa’ud renvoie son frère.
Europe
Europe de l'Est
14 février : Publication du plan Rapacki par le gouvernement polonais[8]. Les ministres des huit pays du pacte de Varsovie décident d’adhérer au plan Rapacki, proposé par le ministre des Affaires étrangères polonais en 1957 à l’ONU. Une zone dénucléarisée est établie en Europe couvrant les deux Allemagnes, la Pologne et la Tchécoslovaquie. Les ministres proposent également la signature d’un accord de non-agression avec l’OTAN.
27 mars, Union soviétique : Nikolaï Boulganine est contraint de démissionner. Nikita Khrouchtchev cumule les fonctions de premier secrétaire du Parti communiste et de chef du gouvernement de l'Union soviétique. La direction collégiale disparaît.
31 mars : La diplomatie soviétique annonce l’arrêt provisoire des essais nucléaires.
4 avril : Khrouchtchev annonce un arrêt unilatéral des essais nucléaires.
27 avril : Clôture du Congrès de la Ligue des communistes yougoslaves, qui réaffirme l’originalité de la voie yougoslave vers le communisme. L’Union soviétique, qui a refusé d’y participer, réagit vivement.
Juin : Retrait des troupes soviétiques stationnées en Roumanie.
16 juin : Exécution après un procès secret en URSS de Imre Nagy, ancien chef du gouvernement hongrois, du général Maleter et de deux autres chefs de l’insurrection de 1956.
17 juin : Le gouvernement hongrois annonce l’exécution d'Imre Nagy.
Reprise de la collectivisation agricole en Roumanie par la transformation des coopératives de 1er type en kolkhoze.
URSS : Volonté de décentralisation et de partielle libéralisation de l’agriculture. La supervision des exploitations agricoles passe de l’administration centrale à trente-neuf conseils régionaux. Les collectivités deviennent propriétaires des machines agricoles (elles les louaient auparavant à des stations techniques), tandis que le cours auquel l’État achète les céréales est relevé.
10 mai, Portugal : Campagne du général Humberto Delgado pour l’élection présidentielle. Il promet dans une interview, en cas de succès, de remplacer Salazar.
13 juillet : Lettre ouverte à Salazar de l’évêque de Porto, Mgr Gomes Ferreira. L’auteur y dénonce les atteintes à la liberté d’expression, l’injustice sociale, les abus de l’exploitation de l’empire, et préconise une mise en pratique authentique de la doctrine sociale de l’Église. L’évêque, accusé de marxisme, est exilé en 1959.
17 juillet : ouverte à Zurich de la SAFFA, deuxième exposition sur le travail féminin[9].
24 septembre : Memorendum sur le directoire à trois de l'OTAN (États-Unis, Royaume-Uni, France). De Gaulle propose au Président des États-Unis Eisenhower et au Premier ministre britannique Harold Macmillan la création d’un directoire à trois au sein de l’Alliance atlantique.
Vendredi saint : dernière fois que la mention « pro perfidis judaeis » est mentionnée dans la liturgie du vendredi saint. Cette mention sera supprimée par Jean XXIII l'année suivante.
Théologie du Judéo-Christianisme du jésuiteJean Daniélou, fait plus tard cardinal.
3 mai, Suisse : Jack Rollan entreprend une tournée sous un chapiteau avec Y en a point comme nous, basée sur son Petit maltraité d'histoire suisse, une fantaisie en dix-huit épisodes, jouée par Charles Apothéloz et sa troupe des Faux-Nez[12].