27-31 décembre : Le huitième congrès de la FEANF (Fédération des Étudiants d'Afrique Noire en France) adopte une résolution qui déclare que l’indépendance doit être conquise par une lutte révolutionnaire des masses populaires africaines[9].
7 janvier : Début de la bataille d'Alger, menée par les « paras » du général Jacques Massu, chargé du maintien de l’ordre dans l’agglomération algéroise. Les paras arrêtent et torturent.
24 février[11] : Un journaliste du New York Times, Herbert Matthews, publie une série d’article sur les rebelles cubains conduits par Fidel Castro et Che Guevara. Le régime corrompu de Batista commence à perdre ses appuis internationaux et s’en trouve affaibli. Castro compte s’assurer un sanctuaire en zone rurale et attendre les révoltes urbaines, mais le « Mouvement du 26 juillet » fait peu d’émules auprès des paysans. Le « manifeste de la Sierra Maestra », qui réclame la démocratie, des élections libres, la liberté de la presse et de terres pour les paysans (juillet), ne change rien.
10 mai : Pacte libéral conservateur en Colombie. Chute du dictateur Gustavo Rojas Pinilla. Les libéraux et les conservateurs négocient un partage du pouvoir. Ils parviennent à s’accorder sur une stricte répartition des postes gouvernementaux, à tous les niveaux, et avec une alternance au pouvoir, pour une période de 16 ans (4 mandats). L’idée, qui consiste à éliminer les sources d’affrontement en supprimant toute possibilité d’exclusion d’un parti du pouvoir, est adoptée par référendum (décembre) et en 1958 le régime du Front national est inauguré.
Crise fiscale au Venezuela. L’État est presque en faillite. Les élites conservatrices se joignent à l’opposition pour réclamer le départ du dictateur Marcos Pérez Jiménez. Les partis d’opposition (parti communiste, AD, COPEI, IRD) décident de former une junte patriotique pour renverser le dictateur (juin). Les trois partis non communistes se mettent secrètement d’accord à New York pour exclure les communistes du pouvoir en dépit de leur participation à la résistance.
Avril : Voyage de Richard Nixon en Afrique, qui inaugure la politique africaine des États-Unis, fondé sur la préférence ostensible accordée aux leaders de l’Afrique anglophone.
9 septembre : Vote du Civil Rights Act par le Congrès, il met en place une législation favorable aux droits civiques des minorités aux États-Unis. Il autorise l’inculpation de quiconque chercherait à empêcher un citoyen de voter. Le vote Noir reste cependant faible.
17 septembre, Thaïlande : Le gouvernement Phibun est renversé lors d’un coup d’état militaire mené par le maréchal Sarit Thanarat, commandant en chef des forces armées thaïlandaises.
18 novembre[13] : Gouvernement d'union nationale au Laos. Souvanna Phouma, premier ministre du Laos. Souphanouvong (communiste), ministre du Plan. Entre 1957 et 1961, les gouvernements de coalition se succèdent au Laos à un rythme rapide, et la lutte entre les trois factions ennemies (communiste, neutraliste, pro-américaine) s’intensifie.
8 janvier : Hatta abandonne la vice-présidence. Les ministres appartenant au Masjumi démissionnent.
21 février : Soekarno introduit une forme de gouvernement plus autoritariste, une démocratie à l’indonésienne. Le PNI, le PKI et la Confédération syndicale SOBSI le soutiennent. Les partis musulmans et Hatta sont hostiles, car le système implique la participation des communistes au gouvernement.
14 mars : Le gouvernement Sastroamidjojo démissionne. Soekarno impose la loi martiale, qui donne des pouvoirs accrus au chef d’état-major, le général Nasution.
8 avril : Après l’échec de Suwirdjo, le ministère extraparlementaire est créé par le Dr Djuanda qui reprend le programme de Soekarno. Le conseil national est créé et malgré la multiplication des attentats, le président Soekarno poursuit sa politique « d’union nationale ».
Novembre, Affaire de l'Irian : la résolution de l’ONU invitant les Hollandais et les Indonésiens à reprendre les négociations sur le statut de l’Irian n’obtient pas la majorité des deux tiers.
2 décembre : En riposte, le « Comité pour la libération de l’Irian » déclenche une grève générale. De nombreux ressortissants hollandais sont rapatriés. Les entreprises occupées par les travailleurs et les plantations qui étaient des propriétés hollandaises sont placées sous le contrôle du gouvernement de Djakarta. Le gouvernement multiplie des démarches pour se procurer à l’étranger des armes et des navires pour mettre fin au monopole de fait des sociétés hollandaises de navigation.
Le comité central roumain expulse le ministre de l'enseignement Miron Constantinescu qui avait pris des mesures libérales dans le domaine de la culture et vis-à-vis des minorités.
La Faction « anti-parti » tente d'éliminer Khrouchtchev en URSS. Khrouchtchev sort victorieux de la crise politique et réussit à exclure Molotov, Malenkov, Kaganovitch et leurs alliés du Comité central et du présidium.
28 juin : L’URSS annonce le premier lancement réussi d’une fusée intercontinentale.
14 septembre : L'Assemblée générale de l'ONU condamne l'intervention soviétique en Hongrie.
29 septembre : À Mayak, ville secrète d'Union soviétique, une explosion dans une cuve de stockage de déchets nucléaires crée un nuage radioactif de 23 000 km².
6 octobre, Yougoslavie : Milovan Đilas, ancien compagnon de Tito, voit sa peine de prison aggravée pour avoir fait publier aux États-Unis son livre la Nouvelle classe dans lequel il dénonçait la création dans les pays communistes d’une nouvelle classe dirigeante bureaucratique.
14 novembre : Réunion des treize partis communistes à Moscou. Le communiqué final, que la délégation yougoslave refuse de signer, affirme l’unité de vues sur toutes les questions examinées et dénonce le révisionnisme, « plus menaçant que jamais ».
19 novembre : Le secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque Antonín Novotný, nommé président de la république, met fin à la libéralisation du régime.
L'Union soviétique demande la convocation d'une conférence au sommet, la suspension des essais nucléaires, la renonciation à l'emploi des armes nucléaires, la création d'une zone dénucléarisée en Europe et la signature d'un pacte de non-agression.
La répression des insurgés se poursuit en Hongrie de 1957 à 1958 avec la déportation de centaines d’entre eux en Union soviétique. Imre Nagy et bon nombre de ses partisans sont exécutés (1958). Le cardinal László Mindszenti trouve refuge auprès de la délégation américaine à Budapest et y reste jusqu’à être autorisé à quitter le pays en 1971. Plus de 300 exécutions et 16 000 condamnations ont été recensées.
La production industrielle en Yougoslavie a augmenté de 70% par rapport à 1953.
Renforcement des conseils industriels régionaux en URSS (1957, 1962) et regroupement de certaines entreprises industrielles.
En URSS, la production industrielle totale est 33 fois supérieure à celle de 1913, la production de biens de consommation est multipliée par 13 seulement, celle de l’industrie lourde par 74.
24 mars : Impliqué dans une affaire d'espionnage au profit de la France, le procureur de la Confédération helvétique, René Dubois, âgé de 59 ans, se suicide à Berne, en se tirant une balle dans la tête.
25 mars : Signature du traité de Rome : création, au 1er janvier1958, de la Communauté économique européenne (CEE) et de l'Euratom, ou Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA). Le processus d'intégration des pays européens prend une nouvelle dimension avec cette alliance regroupant la Belgique, la République fédérale d'Allemagne, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. La CEE se fixe pour but d’unifier progressivement les politiques économiques et financières des nations membres, de constituer un marché commun agricole et industriel, et de mettre en application les quatre libertés, à savoir : la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et du capital (art. 67 à 73). Ce traité fonde également une troisième communauté européenne d’une durée indéfinie, l’Euratom ou Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA), entre les membres des deux autres communautés (la CECA originelle et la nouvelle CEE.). L’objectif d’Euratom est de promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire comme de la recherche.
19 mai : Adone Zoli forme un gouvernement démocratie chrétienne homogène en Italie. Après avoir obtenu la confiance avec l’appui des votes fascistes, Zoli démissionne en juin. Après d’inutiles tentatives pour lui trouver un successeur, le président Giovanni Gronchi le renvoie devant la Chambre.
29 juillet : Signature à Berlin d'une déclaration aux termes de laquelle les gouvernements des États-Unis, de la France, de la République fédérale d'Allemagne, et du Royaume-Uni affirment l'identité de leurs politiques relatives à la réunification de l'Allemagne et à la sécurité européenne.
30 juillet : Le Parlement italien ratifie le traité instituant la CEE.
31 octobre : Mise en eau du barrage de Mauvoisin, dans le Val de Bagnes (Suisse). Avec 237 mètres de hauteur, il est le plus haut du monde.
2 novembre : J. B. Priestley publie un article dans le New Statesman, Britain and the Nuclear Bombs. La Campagne pour le désarmement nucléaire (Campaign for Nuclear Disarmament, CND) est lancée par les milieux pacifistes au Royaume-Uni, l’aile gauche du parti travailliste et un certain nombre d’intellectuels engagés, présidée par l’écrivain Bertrand Russell.
19 décembre : Clôture à Paris de la première conférence au sommet de l’OTAN. Les chefs de gouvernement réaffirment les principes et les buts de l'Alliance atlantique. Les pays européens acceptent l’installation sur leur territoire de bases de fusées américaines.
11 février : L'Union soviétique réagit à la « doctrine Eisenhower » par le plan Chepilov. Il prévoit la résolution pacifique des conflits, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays arabes, la suppression des alliances militaires et des livraisons d'armes. Il propose une neutralisation de la région avec une zone d’influence soviétique. Les États-Unis refusent.
Février : Le roi Hussein de Jordanie, devant la montée des oppositions, se résigne à former un gouvernement de tendance nationaliste arabe. Le traité d’alliance avec la Grande-Bretagne est dénoncé. Glubb Pacha est renvoyé de l’armée. La Syrie, l'Égypte et l'Arabie saoudite s’engagent à subvenir aux besoins financiers du royaume.
13 avril : Le gouvernement de Jordanie propose une fédération avec la Syrie et l'Égypte et l’établissement de relations diplomatiques avec l'Union soviétique. Hussein renvoie le gouvernement. Les forces pro-nassériennes, soutenues par les officiers palestiniens de l’armée jordanienne, répliquent par une insurrection populaire. Le roi rétablit l’ordre grâce aux troupes loyalistes.
8 juin, Irak : Le Premier ministre Nouri Saïd démissionne. Les gouvernements suivants maintiennent une orientation pro-occidentale.
Juin[16] : Au Liban, le parti de Chamoun remporte les élections grâce à un découpage électoral qui permet d’éliminer une partie des chefs de l’opposition pro-nassériens. Un vote permettant la réélection du chef de l’État est envisagé.
12 juillet : Le prince Karim, 20 ans, étudiant à Harvard, devient l'Aga Khan, chef spirituel de 20 millions de musulmans ismaéliens, à la mort de son grand père.
6 août : Accord de coopération économique et technique soviéto-syrien. En réponse, la CIA prépare le plan Wappen visant à renverser le régime syrien qui échoue lamentablement. Plusieurs diplomates américains sont expulsés de Syrie.
En septembre, des troupes turques sont massées à la frontière syrienne. L'URSS annonce qu’elle défendra la Syrie. À la fin du mois, l'Arabie saoudite tente une médiation auprès de Damas sans consulter Nasser.
13 octobre : En réponse, l'Égypte débarque des troupes à Lattaquié, en Syrie.
28 octobre : Accord de coopération entre la Syrie et l'URSS.
20 novembre : Le dirigeant palestinien Hajj Amin al-Husseini demande le rattachement de la Palestine à la future RAU. Nasser refuse car il ne souhaite pas voir la création d’une autorité palestinienne dans le règlement de la question israélo-arabe.
26 décembre : Conférence afro-asiatique du Caire. Réaffirmation des principes de Bandung. Il est décidé que l'Union soviétique ferait partie du Conseil permanent (1er janvier1958).
Les pays arabes, à l’exception de l'Égypte et de la Syrie, se rallient à la « doctrine Eisenhower ».
Au lendemain de Suez, David Ben Gourion se lance dans une stratégie « périphérique » consistant à desserrer l’étau que les États arabes voisins d’Israël font peser sur se dernier. Il noue des alliances avec la Turquie, l’Éthiopie, voire le Soudan. Ce rapprochement permet des politiques de déstabilisation politiques conjointe dans les pays arabes, comme le soutien apporté aux Kurdes d’Irak par Israël et l’Iran.