18-23 juillet : Ouverture à Genève de la première conférence des Quatre Grands depuis 1945. Sans résultats concrets, la conférence se clôt cependant dans un esprit de détente (« l’esprit de Genève »). Relance des négociations sur le désarmement avec l’Union soviétique. Eisenhower propose un plan d’inspection aérienne réciproque (« open skies proposal ») auquel les Soviétiques opposent leur position traditionnelle (diminution progressive devant aboutir à l’élimination des stocks d’arme nucléaires, accompagné d’une réduction mutuelle des forces conventionnelles).
8 août : Ouverture à Genève d'une conférence sur l'utilisation pacifique de l'énergie atomique.
14 décembre : Entrée à l'ONU de 16 nouveaux membres, dont l'Espagne (résolution 109 du Conseil de sécurité). L'entrée du Japon et de la Mongolie est refusée.
15 décembre : Le Conseil atlantique décide de doter les forces de l'Alliance d'armes atomiques et approuve l'élaboration d'un système de radars NADGE.
Juillet[3] : La réunion du comité de coordination de la RDA à Conakry évoque la question de la désaffiliation des centrales syndicales africaines. Kaolack (Sénégal) devient le comité général de la CGT : sécession de plusieurs sections et création de la CGTA (Confédération Générale des Travailleurs Africains). Le Congrès constitutif de la CGTA propose d’organiser un congrès rassemblant « toutes les organisations syndicales et artisanales africaines ».
18 août[4] : Début de la Guerre des Anyanya, guerre civile au Soudan entre populations noires animistes et chrétiennes au sud et celles du nord, arabes et musulmanes (fin le 12 mars 1972).
2 octobre : Célébration du Jubilé du Couronnement de l’Empereur d’ÉthiopieHailé Sélassié. Il proclame une nouvelle extension de la constitution.
18 octobre : Buganda Agreement[5]. Une constitution établit un système ministériel en Ouganda. Les Africains obtiennent la moitié des soixante sièges du Conseil législatif. Retour du roi du Buganda.
18 novembre[6] : Réforme municipale augmentant le nombre de communes en Afrique française.
14 décembre : Suite à l'entrée du Portugal à l'ONU, l'Angola devient une province portugaise d’outre-mer[7].
Décembre[8] : Publication en Belgique du Plan Van Bilsen pour le Congo belge, qui prévoit la formation en trente ans d’une élite congolaise capable de participer à la gestion des affaires publiques.
Massacre d’Oued Zem au Maroc. Des attentats provoquent la démission du résident général dont le plan de réforme n’a pas été accepté. Edgar Faure négocie avec toutes les tendances politiques.
3 octobre[9], Brésil, Juscelino Kubitschek est élu président de la République. Il va tenter de relever le pays, mais devra faire face à des émeutes estudiantines et ouvrières.
1er février : Le Sénat américain ratifie le traité qui crée l’OTASE.
9 février : Regroupement des deux plus importants syndicats américains, l'American Federation of Labour (10,2 millions d'adhérents) et le Congress of Industrials Organisations (5,2 millions d'adhérents) pour former l'AFL-CIO, dont George Meany prend la présidence. Ce nouveau syndicat représente 25% des ouvriers américains et constitue le plus puissant des syndicats des pays occidentaux.
2 mars : Le roi du CambodgeNorodom Sihanouk, attaqué par le parti démocrate du prince Youthevong, abdique en faveur de son père le prince Norodom Suramarit, tout en conservant le gouvernement. Il regroupe les factions dans le Sangkum Reastr Niyum (communauté socialiste populaire).
27 juillet[11] : Premières élections fédérales en Malaisie : l’Organisation nationale unifiée malaise (UMNO), l’Association sino-malaysienne (MCA) et le Congrès indo-malaysien (MIC) forment une alliance, menée par le dirigeant de l’UMNO, Tunku Abdul Rahman, qui remporte 51 des 52 sièges à pourvoir.
18 août : Rupture des relation diplomatiques entre l'Inde et le Portugal suite à une tentative d'invasion pacifique de Goa par des nationalistes réprimée par les Portugais[12].
26 octobre : Proclamation à Saigon de la République du Viêt Nam (Ngô Dinh Diem président). Déposition de l’empereur Bao Daï au Viêt Nam suite au référendum du 23 octobre. Ngô Đình Diệm, élu chef de l’État, institue une véritable dictature et se tourne de plus en plus vers les États-Unis.
Indonésie : Premières élections qui donnent un DPR (assemblée nationale) où aucun parti n’a la majorité et où un seul, le Masyumi musulman, a une audience significative en dehors de Java. Elles renforcent la position des partisans d'un État neutre sur le pla religieux. Le progressisme de Soekarno qui souhaite intégrer le Parti communiste indonésien dans le gouvernement heurte les partis musulmans et l’armée.
L’Afghanistan, mécontent à propos d’un pacte d’assistance militaire conclu entre les États-Unis et le Pakistan, se rapproche de l’Union soviétique. Le Premier ministre soviétique Nikolaï Boulganine, en visite en Afghanistan, se dit favorable à la création d’un État du Pachtounistan[13].
Khieu Samphân, futur théoricien et un des fondateurs des Khmers rouges, publie dans le cadre de l'Université de Montpellier, une thèse sur la paysannerie et la politique cambodgienne, qui annonce l'utopie meurtrière à venir. Cette thèse a été élaborée avec le concours de militants des sections « coloniales » du parti communiste français.
Rébellion des tibétains de l’Amdo et du Kham contre le pouvoir chinois.
« Honda » est le premier constructeur de motocyclettes japonaises.
Inde : Développement industriel dans le secteur des équipements lourds, plus particulièrement dans l’industrie sidérurgique et métallurgique. L’Union soviétique intervient dans les produits pétroliers (raffinerie de Baurani), les complexes industriels (aciérie de Bhilai et de Bokaro). Les secteurs de l’aluminium, du ciment, de la production d’électricité, du charbon et des biens de consommation (automobiles, bicyclettes, réfrigérateurs…) progressent également. Le développement des PME reste décevant.
18 février : David Ben Gourion devient ministre de la défense en Israël. Il préconise une politique de force face à l’Égypte. Devant le réarmement de l’Égypte par l’URSS, il élabore avec Moshe Dayan, chef d’état-major, un plan d’invasion du Sinaï.
18 avril : À la conférence afro-asiatique de Bandung, Nasser se présente comme le véritable leader du monde arabe. Il adhère au neutralisme et affirme vouloir prendre ce qu’il y a de meilleur dans le capitalisme et le socialisme sans dépendre d’un des deux systèmes. Pour contrebalancer le pacte de Bagdad, il se rapproche de l’Union soviétique, qui lui propose des livraisons d’armes. Nasser refuse d’abord et se tourne vers les Occidentaux. La Grande-Bretagne n’accepte que si l’Égypte adhère au pacte de Bagdad. Les États-Unis donnent la priorité à l’armement de l’Irak. La France refuse en raison du soutient de Nasser aux indépendantistes d’Afrique du Nord. Finalement, l’Égypte signe un accord secret d’armement avec l’URSS par la Tchécoslovaquie (septembre), annoncé publiquement le 27 septembre.
Avril, Syrie : Le colonel Adnan al-Malki est assassiné par un militant du PPS. Une violente répression s’abat sur ce parti, dont les chefs sont condamnés à mort par contumace. Il disparaît de la vie politique.
1er novembre-2 novembre : L’armée israélienne attaque les positions égyptiennes dans la région d’el-Auja, s’assurant le contrôle d’une des principales voies d’accès vers le Sinaï.
10 décembre : Un raid israélien contre des villages syriens fait 56 morts et 30 disparus.
Israël abandonne ses revendications sur les eaux du Litani. En réponse, les pays arabes acceptent qu’Israël utilise les eaux du Jourdain dans d’autres régions tel le Néguev. Le plan Johnston est relancée mais les raids israéliens contre la Syrie et Gaza annulent le rapprochement des parties.
25 mars : Fondation en Hongrie du Cercle Petöfi au sein des Jeunesses communistes[14]. Il organise de nombreux débats sur l’économie, l’historiographie, la philosophie marxiste, le sort des volontaires de la guerre d'Espagne qui ont été décimés, sur la presse (27juin1956).
18 mars : Imre Nagy est démis de ses fonctions de Président du Conseil en Hongrie et chassé du parti sous prétexte de nationalisme antisoviétique et d’incapacité à se conformer au modèle politique de l’URSS.
31 mai : L'URSS entreprend la construction d'un centre de lancement de fusées à Baïkonour.
9 septembre : Rétablissement des relations diplomatiques entre l'URSS et la RFA.
20 septembre : Abolition du régime d'occupation en Allemagne de l'Est. L’URSS offre une certaine indépendance économique à la RDA, renonçant aux dommages de guerre tout en conservant un important contingent de troupes sur le sol allemand.
Le Congrès du Parti communiste roumain salue la réalisation du Ier Plan quinquennal qui a porté la production à trois fois son niveau de 1938 mais avec un certain retard des biens de consommation et adopte le IIe plan quinquennal (1956-1960) qui maintient l’effort sur les industries de base mais privilégie parmi elle la pétrochimie et fixe des objectif moins ambitieux que le premier plan.
5 mars : Le président Eisenhower s'engage à maintenir des forces américaines en Europe aussi longtemps que leur présence paraîtra nécessaire.
31 mars : L'EOKA (Organisation nationale de lutte chypriote), dirigée par le colonel Georges Grivas, déclenche la lutte armée pour le rattachement de l'île de Chypre à la Grèce.
27 mai, Royaume-Uni : Victoire des conservateurs aux législatives. Hugh Gaitskell devient le leader des travaillistes et s’oppose à la minorité de gauche menée par Aneurin Bevan afin de moderniser l’image du parti et adapter son programme.
Italie : Le ministre du Budget, Ezio Vanoni, démocrate-chrétien de gauche fait voter un plan prévoyant un développement harmonieux du pays par une série de mesures. La droite de la DC et la Confindustria s’arrangent pour neutraliser complètement ses propositions.
Le PNB a augmenté en Italie en moyenne de 5,6 % par an depuis 1950 (10 % dans l’industrie).
Neuf millions d’Italiens effectuent une migration intérieure entre 1955 et 1971.