8 avril : Le leader nationaliste kenyanJomo Kenyatta est condamné à 7 ans de prison pour sa participation dans l'organisation de la révolte des Mau Mau.
22 mai[2] : Hailé Sélassié Ier signe avec les États-Unis un traité de défense mutuelle. Ils lui apportent une aide pour la reconstruction du pays.
10 août : Les Britanniques créent la Fédération de Rhodésie et du Nyasaland, assurant aux 290 000 Blancs une position dominante, alors que les minorités asiatiques ont un rôle important dans l’économie et que les Noirs sont les plus nombreux (7,5 millions). Le Nyassaland African Congress (NAC) s’oppose vivement à cette fédération (fin le 31décembre1963).
15 août : Le Glaoui, pacha de Marrakech, soutenu par les colons et l’administration, prend la tête d’un mouvement d’opposition antidynastique et fait proclamer un nouveau chef religieux au Maroc, Ben Arafa.
20 août : Arrestation et exil sur ordre de la Résidence française du sultan du MarocSidi Mohammed ben Youssef pour avoir préconisé une révision du régime du Protectorat au détriment de l’autorité française. Il est remplacé par Ben Arafa, qui n’aura aucune autorité. Grave déterioration des rapports franco-marocains. Le terrorisme anti-européen et la répression policière se développent.
7 janvier : le président Harry Truman révèle que les États-Unis possèdent la bombe H quelques jours avant de terminer son mandat à la présidence. Il prévient qu’une guerre entraînerait la destruction de l’URSS (Stratégie des représailles massives, 1953-1954). L’explosion moins d’un an après d’une bombe thermonucléaire soviétique inaugure l’ère de l’ « équilibre de la terreur ».
L’Administration Eisenhower choisit la « voie moyenne » du « conservatisme progressiste ». Son premier cabinet, composé de businessman (huit millionnaires et un plombier), souhaite renouer avec le libéralisme économique quasi-total, le gouvernement n’assurant que la stabilité monétaire. Il réussit à supprimer sans effets désastreux le contrôle des prix et des salaires dès les premiers mois, mais la récession qu’entraîne la fin de la guerre de Corée le contraint, devant l’ampleur du chômage (3,8 millions, 6% de la population active), à des réductions fiscales peu compatibles avec son objectif d’équilibre budgétaire (3100 millions de déficit en 1953/1954, 4200 en 1954/1955).
13 juin : Le général Gustavo Rojas Pinilla prend le pouvoir en Colombie avec l’appui des partis politiques pour mettre fin à la violence (fin en 1957). Mais la situation s’empire dans les campagnes. Rojas Pinilla veut détruire le système bipartisan, ce qui provoque la réaction immédiate des deux partis traditionnels.
27 juillet : Armistice en Corée consacrant le statu quo ante. Les États-Unis ont perdu 30 000 hommes et 115 000 ont été blessés.
2 août : Réforme agraire en Bolivie, inspirée de la Constitution mexicaine de 1917. Elle procède à la nationalisation des terres et affirme le principe selon lequel « la terre appartient à celui qui la cultive ». Deux millions d’Indiens, qui vivaient sous un régime féodal, sont libérés. Près de 10 millions d’hectares sont distribués à 200 000 familles, surtout dans les hautes terres.
10 octobre : Lors de son procès, Fidel Castro prononce un long discours « L’histoire m’absoudra ». Il purge 11 mois de prison à l’île aux Pins puis bénéficie d’une amnistie générale concédée par Batista et s’enfuit vers le Mexique.
Janvier : Quatrième opération du Kuomintang contre la Chine à partir des bases birmanes, qui tourne au désastre. Sur les 30 000 hommes engagés, 6 000 seulement survivront.
2 juin : Le prince Akihito, héritier du trône du Japon, visite l’Europe à l’occasion du couronnement de la reine d’Angleterre
27 juillet : En Corée, signature de l'armistice à Panmunjeom, sur la ligne de démarcation entre les représentants de l’ONU, ceux de la Chine et de la Corée du Nord, qui marque la fin de la guerre de Corée. La Corée du sud s'oppose au texte qui reconnaît la partition. Un gouvernement militaire mené par Park Chung-hee gouverne par décret la Corée du Sud jusqu’en octobre 1963.
Octobre, Birmanie : Les deux mouvements communistes de guérilla (Drapeau Blanc et Drapeau Rouge) s'allient et lancent des émeutes dans la capitale Rangoon.
20 novembre, Guerre d'Indochine : Déclenchement de l’opération Castor dans le cadre du plan Navarre. Des milliers de parachutistes occupent Ðiện Biên Phủ qui sera transformé en camp retranché. Le but de l’opération est de constituer une base pour la reconquête du pays thaï et empêcher une nouvelle invasion du Laos par les forces du Việt Minh.
L’Inde se tourne vers l’Union soviétique pour contrebalancer l’alliance américano-pakistanaise. Entre 1953 et 1959, le volume des échanges entre les deux pays est multiplié par quinze.
La mission militaire hollandaise en Indonésie, accusée de soutenir certains mouvements hostiles au gouvernement républicain est dissoute. Toutes les conférences qui doivent décider du sort de la Nouvelle-Guinée occidentale échouent.
Majorité de Fayçal II d'Irak. La vie politique en Irak continue à être dominée par son oncle Abdul Illah et le Premier ministre Nouri Saïd.
Mai : Voyage au Moyen-Orient du secrétaire d’État américain John Foster Dulles, qui prône la conclusion d’alliance avec les pays arabes se démarquant nettement des traditionnelles relations entre l’Orient arabe et les puissances coloniales.
Chichakli propose l’ouverture de négociations secrètes avec Israël. Il accepte la réinstallation de 80 000 réfugiés palestiniens en Syrie et suggère un partage de la zone démilitarisée du lac de Tibériade. Israël refuse ce compromis qui permettrait un retour de la Syrie dans la zone du Jourdain.
28 août : Les infiltrations de réfugiés palestiniens sur le territoire hébreux à partir de la Cisjordanie se transforment en véritables opérations de commando. L’armée israélienne constitue une unité militaire irrégulière, l’unité 101, commandée par Ariel Sharon, et destinée à opérer des coups de forces sur le territoire jordanien. En octobre, un raid de l’unité 101 cause la mort de 63 Arabes. À partir de l’été 1954, la légion arabe parvient à contrôler les infiltrations palestiniennes et les raids israéliens cessent.
Août : Plan Johnston, présenté par l’ambassadeur américain pour parvenir à une entente israélo-arabe par le biais de la gestion des eaux. Tous les cours d’eaux du nord seraient regroupés vers le lac de Tibériade d’où partiraient les réseaux d’irrigation vers le sud. Le stock d’eau constitué serait réparti entre Israël, la Syrie et la Jordanie. Israël réclame une part plus importante, incluant les eaux du Litani au Liban. Les États arabes refusent dans la mesure où tous les cours d’eau sont sur leurs territoires.
Septembre : Israël installe un kibboutz dans la bande démilitarisée d’el-Auja et revendique la souveraineté du territoire[6].
16 octobre : Élection législatives en Syrie : le Mouvement de libération nationale remporte 60 sièges parlementaires sur 82. Les partis traditionnels s’affrontent pour le pouvoir, laissant se développer des forces radicales nouvelles.
Saoud se montrera moins conciliant que son père envers les Américains, leur reprochant leur politique d'ouverture envers l'Égypte et le Yémen, républicains. Saoud est dépensier, proche de la vie bédouine et peu fait pour diriger le pays. Son frère Fayçal est un musulman austère, monogame, doté des qualités d’un homme d’État, ancien ministre des Affaires étrangères de son père et grand connaisseur des pays occidentaux.
Saoud revendique l’oasis de Buraymi contre le sultanat d’Oman et Abou Dabi.
A l’automne, le régime égyptien prend une voie nettement populiste et autoritaire. Un tribunal révolutionnaire, présidé par Sadate, est constitué pour juger et condamner les personnalités principales de l’ancien régime. Les rapports du pouvoir avec les Frères musulmans se détériorent.
En Iran, le pétrole demeure nationalisé mais sa commercialisation retourne entre les mains d’un consortium de sociétés internationales. Les Américains entrent dans le consortium qui succède à l’Anglo-Iranian Oil à hauteur de 40%.
12 janvier, URSS : Arrestation à Moscou de neuf « médecins terroristes », presque tous Juifs, accusés d’avoir attenté à la vie de plusieurs dirigeant soviétiques. L’annonce de ce « complot des blouses blanches » marque le début d’une campagne antisémite.
La mort de Staline, les conflits ouvriers et le mécontentement des agriculteurs, des intellectuels et des étudiants amènent les dirigeants tchécoslovaques à libéraliser le régime.
14 mars : Nikita Khrouchtchev devient secrétaire du Comité central du PCUS, au sein d'une direction collégiale. Il succède à Staline à partir du 20 mars.
28 mars : Annonce d’une large amnistie en URSS. Une direction collégiale prend les commandes du pays : Gheorghi Malenkov, élu secrétaire du parti, à la présidence du conseil (fin en 1955), Molotov aux Affaires étrangères, Lavrenti Beria à l’Intérieur (fin en juin), Vorochilov à la présidence du présidium du Soviet suprême, Nikolaï Boulganine et Lazare Kaganovitch aux postes de vice-premiers ministres.
16-17 juin : Émeutes de Berlin-Est. L’état de siège est proclamé. Malgré l’intervention des blindés soviétiques, l’insurrection d’étend à d’autres villes et notamment à Leipzig (17 juin).
23 juin : Pour apaiser la situation, le gouvernement est-allemand procède à la révision des normes de productivité qui avaient étés le principal facteur de l’insurrection de Berlin-Est.
26 juin, URSS : Beria est éliminé pour activités criminelles et contraires au parti. Il est jugé, condamné à mort et exécuté le 23 décembre. Plusieurs autres hauts dignitaires, amis de Beria, seront exécutés en 1954.
4 juillet : Le nouveau Premier ministre hongrois, Imre Nagy, annonce un « nouveau cours politique pour son pays ». Le nouveau gouvernement hongrois libéralise certains aspects de sa politique. Imre Nagy lance un nouveau programme économique moins strict (développement de l’agriculture et des industries de biens de consommation, arrêt de la collectivation forcée) et le gouvernement accorde l’amnistie à certains prisonniers et supprime les camps d’internement. Les réformistes se heurtent aux staliniens au sein du parti que Rákosi continu de diriger.
7 septembre : Nikita Khrouchtchev est nommé premier secrétaire du PCUS. Il succède à Malenkov. L’adoption par le Comité central de son rapport sur la réorganisation de l’agriculture et de l’élevage marque la fin de l’ère stalinienne sur le plan économique.
En Yougoslavie, la taille maximale des parcelles privées est limitée à 10 ha.
Les artistes, les intellectuels, les étudiants et les ouvriers polonais exigent des réformes gouvernementales et une plus grande liberté vis-à-vis de l’URSS.
Nuit du 31 janvier au 1er février : inondations affectant les régions de la mer du Nord. Tempête en Zélande. On compte 1 835 victimes. Les pouvoirs publics néerlandais adoptent des mesures radicales pour assurer la sécurité de la région (plan Delta en 1958).
11 mars[8] : Legge truffa (« loi escroc ») : Le Parlement italien approuve la nouvelle loi électorale malgré une forte opposition des socialistes et des communistes . Le parti ou les partis apparentés ayant la majorité des voix auront 60% des sièges.
21 avril : Révision de la Constitution au Danemark : elle institue une Chambre unique (Folketing) et prévoit le recours au référendum.
2 juin : Seize mois après la mort de son père Georges VI, Élisabeth II, est couronnée reine du Royaume-Uni et du Commonwealth - Première retransmission internationale d'un événement en direct par la télévision.
7 juillet : élections législatives en Italie[9]. La Démocratie chrétienne, divisée par son aile droite, perd une quarantaine de députés (40% des votes). Elle n’obtient que 48,9 % des voix avec ses alliés et ne peut bénéficier de la loi majoritaire. Alcide De Gasperi constitue son huitième gouvernement puis préfère se retirer après un vote défavorable du Parlement. La voie est ouverte à l’aile droite de la DC dont les principaux dirigeants, Pella, Scelba et Segni se succèdent à la présidence du Conseil. Incapable de résister aux pressions des catholiques ou des classes dirigeantes, ils s’enlisent dans un immobilisme parfois teinté de relents fascistes. Les Italiens se désintéressent de plus en plus de la vie politique.
8 octobre : Par une déclaration conjointe, Britanniques et Américains affirment vouloir rendre au Italiens l’administration de la zone A du Territoire libre de Trieste.
4-6 novembre : Trieste est le théâtre de sanglantes manifestations, violemment réprimées par la police anglo-américaine.
Premier plan de développement au Portugal(1953-1958).
Fortes inégalités soulignée par une commission parlementaire sur la misère en Italie : le revenu moyen par tête d’habitant et de 349 000 lires à Milan et de 66 563 à Agrigente. 5 millions de petits exploitants se partagent 874 949 ha tandis que 520 propriétaires se partagent 875 701 ha. Le revenu par tête des Italiens est environ de 40% de celui des Français, de 35% de celui des Belges, de 60% de celui des Allemands. L’émigration se poursuit avec 150 000 départs par an.