2 mars : Les forces françaises libres du colonel Leclerc s’emparent de l’oasis de Koufra. Elles prêtent serment de poursuivre la lutte jusqu’à la libération totale du territoire français, Alsace-Lorraine comprise.
7 mars : La conquête de la Somalie italienne par les Britanniques est achevée. Dès le 23 mars, ils reprennent le contrôle de la Somalie britannique.
31 mars : Contre offensive allemande menée par Rommel en Libye. Les Britanniques dégarnissent leur front au printemps pour porter secours au Grecs et aux Yougoslaves.
29 avril : L’Afrikakorps atteint la frontière égyptienne où son offensive est contenue par les Britanniques. L’aviation allemande parvient à rendre inutilisable le canal de Suez.
5 mai : Les Britanniques rendent à Hailé Sélassié sa capitale, Addis-Abeba, qu’il investit à la tête de la « Gideon Force », composée de réfugiés Éthiopiens au Soudan.
19 mai : Les troupes italiennes en Afrique orientale, sous le commandement du duc d’Aoste, capitulent à Amba Alagi en Éthiopie face aux Britanniques. L’empire italien d’Afrique orientale est définitivement perdu. Occupation de l’Érythrée par les Britanniques après la défaite des fascistes italiens (fin en 1952).
10 décembre : Les britanniques brisent le siège de Tobrouk et obligent l’Afrikakorps à se retirer vers l’Égypte.
Restructuration du Conseil des affaires africaines (CAA) à New York. Le groupe entreprend diverses actions : rassemblement et meeting à partir de 1942, rencontre avec Roosevelt, publication du mensuel New Africa, pétitions présentés aux partis Républicains et Démocrates. La CAA condamne la colonisation tant économique que politique et demande aux États-Unis de remplir ses devoirs envers les peuples opprimés.
Création à New York de l’ASA (Association des étudiants africains) sous l’impulsion de Kingsley Ozuomba Mbadiwe par des étudiants venus de Gold Coast, d’Ouganda et du Nigeria. L’ASA dénonce le colonialisme et réclame l’application de la Charte de l'Atlantique au sein de l’empire britannique.
Janvier : Roosevelt propose une législation l’autorisant à aider « le gouvernement de tout pays » dont il jugera la défense « vitale pour celle des États-Unis ».
11 mars : Loi Lend-Lease. Les États-Unis commencent à pratiquer le prêt-bail avec la Grande-Bretagne. Le projet demande aux britanniques de libérer au maximum leurs échanges et ceux du Commonwealth après la guerre.
Au titre du prêt-bail, les États-Unis fourniront plus de 9 milliards de dollars d’armes, munitions et autres marchandises à la Russie et plus de 30 à la Grande-Bretagne.
Par l’intermédiaire du secrétaire à l’Intérieur américain, Harold Ickes, le pétrolier ARAMCO convainc Roosevelt d’accorder un prêt-bail à l’Arabie saoudite, établissant ainsi les intérêts américains dans ce pays.
25 juin : Executive Order 8802. Instauration d’un « Fair Employment Practice Committee » chargé de prohiber la discrimination dans les entreprises travaillant pour la défense nationale.
Le général Douglas MacArthur est nommé commandant des forces américaines en Extrême-Orient.
Roosevelt gèle les capitaux japonais déposés au États-Unis après l’attaque par le Japon du Sud de l’Indochine et étend l’embargo aux produit pétroliers.
22 décembre : Conférence d’Arcadie. Rencontre de Churchill et de Roosevelt à Washington où un état-major combiné sera installé et disposera de l’autorité militaire suprême. Ils s’accordent sur la priorité à donner à la guerre en Europe mais s’opposent sur la stratégie à adopter. Churchill est décidé à refuser toute offensive d’envergure avant d’avoir suffisamment affaibli l’ennemi par des attaques sur la périphérie, tandis que les Américains préconisent d’ouvrir directement un second front en France (fin le 14janvier1942).
Décembre : Dr Win-the-War remplace le Dr New Deal. Fort accroissement de la fiscalité. 4 millions de chômeurs.
24 avril : L’amiral Decoux, gouverneur général de l'Indochine française, impose sur le trône du Cambodge Norodom Sihanouk (fin en 1955), tandis que le Japon encourage la minorité nationaliste.
9 mai : Aux termes de l’accord franco-thaïlandais signé à Tôkyô, la Thaïlande obtient 54 000 km2 de territoire, y compris une partie du Cambodge occidental (provinces de Battambang et de Siem Reap, 1941-1946) et la totalité de la région du Laos située à l’ouest du Mékong. La France rattache au royaume de Luang Prabang la région de Vientiane.
Septembre : Congrès du peuple indonésien à Jogjakarta. Il organise une direction permanente comprenant des membres du GAPI, du MIAI (Fédération d’Organisations musulmanes non politique) et du PVNN (Fédération de Syndicats de Fonctionnaires).
26 novembre : Les États-Unis et le Japon projettent une déclaration commune assurant que « les deux pays n’ont aucune visée territoriale » dans le Pacifique.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne déclarent la guerre au Japon. L’URSS se déclare neutre.
Les Indes néerlandaises déclarent la guerre au Japon. La veille, les troupes japonaises ont débarqué dans la partie britannique de Bornéo et dans le nord de la presqu’île de Malacca qui est entièrement occupée à la fin du mois de janvier 1942.
Quelques heures après l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, le gouvernement thaïlandais permet aux troupes japonaises de traverser le pays pour atteindre la frontière malaise.
Débarquement japonais sur la côte malaise.
26 décembre[3] : Le nationaliste birman Aung San tente de conquérir l’indépendance de la Birmanie : le mouvement Thakin (“maître”) forme une Armée d'indépendance de la Birmanie (BIA) avec l’aide des Japonais, mais ce soutient se solde par une occupation du pays (16 janvier 1942-1945).
1er février, Irak : Les Britanniques obtiennent le renvoie de Rashid Ali al-Kaylani par le régent, remplacé par Taha al-Hashimi. Ce dernier tente de réduire l’influence des nationalistes arabes dans l’armée mais est renversé.
1er avril, Coup d’État panarabique en Irak : Le régent et Nuri as-Said s’enfuit et Rashid Ali, soutenu par l'Allemagne et les officiers, est rappelé au pouvoir (fin le 29 mai). Les Britanniques et les Américains refusent de reconnaître le nouveau pouvoir. Londres débarque des troupes à Bassorah.
30 avril : L’armée irakienne met le siège devant la base aérienne de Habbaniyya, près de Bagdad. L’aviation britannique bombarde les lignes irakiennes tandis qu’une force de secours est mise sur pied en Palestine. Elle traverse l’Irak et parvient à dégager Habbaniyya.
Avril : Roosevelt accepte qu’une partie de l’aide américaine accordée à la Grande-Bretagne soit envoyée au Moyen-Orient.
31 mai : Rachid Ali s’enfuit en Iran et l’armée irakienne signe un armistice. Les Britanniques font leur entrée dans Bagdad. Des émeutes éclatent et s’en prennent essentiellement à la communauté juive de la ville. Les Allemands ont tentés d’utiliser les aérodromes français du Levant pour porter secours aux insurgés irakiens, mais trop tard. L’Irak demeure sous le régime d’occupation militaire jusqu’en 1945.
28 mai : Protocoles de Paris. L’Allemagne envoie des avions et des conseillers militaires à Alep avec l’accord de François Darlan qui signe les protocoles de Paris.
Kim Philby, aventurier britannique ayant servit l’émir Abdallah dans les années 1920 suggère que la Grande-Bretagne favorise une confédération du Moyen-Orient dirigée par Abdelaziz Ibn Sa'ud et intégrée au Commonwealth. Contre 20 millions de livres sterling, Ibn Sa’ud accepterait le transfert des Arabes palestiniens sur les terres de son royaume. L’État juif créé serait intégré à la fédération arabe. Le chef de la diplomatie britannique, Anthony Eden, hostile à ce plan, prononce le 29 mai un discours dans lequel il se déclare favorable à l’unité arabe. Churchill est contraint d’abandonner son soutient au plan Philby.
Juin : Une mission américaine de 20 000 hommes dirigée par Averell Harriman se rend dans le Golfe pour mettre en place un « corridor persan » pour approvisionner l’Union soviétique en pétrole du Moyen-Orient.
25 juillet : Accords De Gaulle-Lyttelton qui reconnaît la prééminence française au Levant et accorde à la France libre certains pouvoirs militaires dans cette région.
27 septembre : Le général Georges Catroux proclame l’indépendance de la Syrie. Invoquant les nécessités de la guerre, il maintient une politique autoritariste en Syrie et au Liban. Il appelle Tajj al-Din pour former un gouvernement syrien et un gouvernement libanais est maintenu avec un président maroniteAlfred Naccache, mais la Constitution est suspendue.
10 octobre : Nuri as-Said succède à Jamil al-Midfai comme Premier ministre d'Irak et mène un sévère répression. Les chefs militaires nationalistes prisonniers des Britanniques lui sont remis et sont condamnés à mort et exécutés.
En dépit des appels répétés du mufti, les Arabes de Palestine refusent de se révolter contre la présence britannique et à partir de 1942 les nationalistes restés sur place se tournent vers les États-Unis.
Égypte : Au printemps, alors que la Grande-Bretagne est dans une situation politique et militaire critique, une partie de la classe politique égyptienne prend contact avec Rome (Ali Maher) et l’Allemagne. Le chef d’état-major limogé tente vainement de prendre contact avec les troupes allemandes. Il est arrêté, mais a eu le temps de constituer un réseau clandestin d’officiers, dont le jeune Sadate, et de membres des Frères musulmans qui entre en contact avec des espions allemands. Le réseau sera démantelé en en 1942. Farouk Ier entretient également des discussions avec l’Allemagne via Ankara et Téhéran.
Roosevelt décide d’apporter une aide financière à l’Arabie saoudite pour maintenir le pays dans le camp allié. La présence militaire et logistique américaine renforce les relations avec Abdelaziz Ibn Sa'ud. Les experts américains prennent conscience du rôle stratégique de l’Arabie Saoudite dans l’économie mondiale.
21 janvier, Roumanie : Pour protester contre le ministre de l’intérieur roumain, jugé trop faible, les légionnaires occupent les casernes et les postes de police de Bucarest. Ils torturent et massacrent plus de 350 personnalités, dont de nombreux Juifs. Le 22 janvier, le Conducator Ion Antonescu donne l’ordre à l’armée d’entrer en action avec l’aide de la Wehrmacht. Les légionnaires sont massacrés. Horia Sima et quelques survivants se réfugient en Allemagne. Le 23 janvier, l'insurrection est réprimée. Le 14 février, l’État national légionnaire est supprimé et la Roumanie devient un régime autoritaire nationaliste et collaborant avec le Reich[4].
1er mars : La Bulgarie se range aux côtés du IIIe Reich. Des troupes allemandes traverseront dès le lendemain le territoire pour se diriger vers la Grèce.
25 mars : En Yougoslavie, le régent donne son accord à l’adhésion au pacte tripartite avec l’Allemagne, l’Italie et le Japon. La récompense doit être Salonique, une fois la Grèce démembrée.
Le 27 mars, à Belgrade, un putsch militaire anti-allemand, dirigé par le général Simovic, dénonce le pacte avec l'Axe, fait arrêter les ministres et exiler le régent Paul. Pierre II prend le pouvoir. Hitler décide l’invasion de la Yougoslavie et invite Horthy à se joindre à l’attaque.
11 avril, Yougoslavie : L’armée hongroise occupe la Bácska, le triangle de Baranya et l’espace de la rivière Mura. Quelques mois après, elle se livre à des atrocités contre Serbes et Juifs.
13 avril : Pacte de neutralité de cinq ans signé entre l’URSS et le Japon.
17 avril : L’armée yougoslave capitule et des dizaines de milliers de soldats yougoslaves entrent dans la clandestinité. Le royaume est démembré. L’Italie obtient la Dalmatie, une partie de la Slovénie et le Monténégro. L’Allemagne prend le reste de la Slovénie, la Hongrie l’ouest de la province serbe de Voïvodine et la Bulgarie la majeure partie de la Macédoine. Les Allemands installent un gouvernement de collaborateurs en Serbie sous l’autorité du général Milan Nedić.
20 avril : Alfred Rosenberg est nommé ministre du Reich pour les territoires occupés d’Europe de l’Est.
27 avril : Athènes est occupée par des troupes allemandes. Le drapeau allemand flotte sur l'Acropole. Georges II de Grèce et son gouvernement quittent Athènes pour Le Caire. La résistance grecque lutte contre l’occupant allemand (1941-1944).
10 mai : Rudolf Hess, un des seconds d’Hitler, atterrit en Écosse au terme d’une épopée aérienne rocambolesque. Il propose aux Britanniques, qui l’ont arrêté, une alliance contre la Russie soviétique, mais il est désavoué par Hitler qui le déclare fou.
21 mai : Richard Sorge, journaliste allemand à Tôkyô et espion soviétique, prévient Staline de l’imminence de l’attaque de l’URSS mais Staline refuse d’y croire.
7 juin : Traité entre l'Espagne et Saint-Siège[7] : Le Vatican restaure le droit de patronage assorti d’un « serment de fidélité à l’État espagnol » prêté par les nouveaux évêques.
L’Allemagne envahit l’Union soviétique à l’aube. Les Roumains, alliés à l’Allemagne, envahissent la Moldavie (1941-1944). La Finlande, la Hongrie, l’Albanie et d’autres satellites de l’Axe déclarent la guerre à l’Union soviétique.
Churchill et Staline signent un traité d’alliance engageant leurs deux pays à lutter ensemble jusqu’à la victoire sur le nazisme. Le Royaume-Uni et les États-Unis étendent l’aide matérielle à l’Union soviétique. Le programme d’aide américain, appelé loi prêt-bail, fourni à l’URSS 12 milliards de dollars en équipement et en nourriture.
Lituanie. : Les Allemands envahissent et pillent le pays, et éliminent plus de 200 000 personnes.
27 juin : En dépit du message de Molotov l’assurant des intentions non hostiles de l’Union soviétique à son égard, et suite au bombardement de Kassa (Košice) par des avions non identifiés, la Hongrie déclare la guerre à l’Union soviétique.
30 juillet : Accord Sikorski-Maïski. Après l’attaque allemande contre l’Union soviétique, un accord militaire entre le gouvernement polonais en exil et Staline aboutit à la formation d’une nouvelle armée polonaise recrutée parmi les prisonniers de guerre des Soviétiques.
Début de la déportation systématique des Juifs au Pays-Bas (fin en septembre 1943). 100 000 Juifs néerlandais (sur 140 000) disparaîtront dans les camps de la mort.
Mussolini envoie 60 000 Italiens sur le front russe sous le commandement du général Messe, qui seront décimés par l’armée rouge et par le froid.
7 août : Staline est nommé commandant en chef des forces soviétiques. Au cours de la fin de l’été et de l’automne 1941, les Allemands s’enfoncent profondément en Union soviétique, s’attaquant à Leningrad, Moscou et l’Ukraine. Alors que l’Armée rouge chancelle sous les coups de boutoir des armées allemandes, Staline déploie des efforts titanesques pour soustraire les usines et les ouvriers à la progression de l’envahisseur et les réinstalle dans l’Oural. Ce qui ne peut être déplacé est en grande partie détruit selon la politique de la terre brûlée.
14 août : 15 divisions roumaines passent le Dniestr et participent à la prise d’Odessa aux côtés du Reich (16 octobre). 70 000 Roumains sont tués ou blessés.
16 août : Lancement aux États-Unis du premier Liberty ship, l'Ocean Vanguard, navire de transport destiné à approvisionner l’Angleterre et les alliés continentaux.
Août : Campagne d’extermination des Serbes par les nationalistes croates.
27 septembre , Grèce : Création de l’EAM, le Font national de libération, contrôlé par les communistes et concurrent d’un mouvement de résistance fondé par des militaires, l’EDES.
26 décembre : Le Duce tente de mener une « relève » des anciens dirigeants du parti faciste par des jeunes ; Aldo Vidussoni, 26 ans, est nommé à la tête du PNF.
Décembre-Janvier : Contre-offensive soviétique durant l’hiver.
Royaume-Uni : Mise en place du « système Utility », qui rationne et normalise tous les articles de consommation courante, des vêtements au mobilier (1941-1942).
Italie : Pour combler le déficit croissant du budget de l’État, les impôts se multiplient. Le manque de matières premières conduit à la réquisition et la réglementation des matériaux stratégiques (cuivre, fer, nickel, étain). L’usage du papier et la consommation d’électricité sont limités. Après l’ouverture du front oriental, Hitler n’envoie plus ni matériel, ni carburant, ni hommes en Italie (fin 1941).
Portugal : Loi de Salazar limitant les investissements étranger.
Des centaines de milliers de Tchèques sont envoyés dans les usines allemandes à partir de 1941.
230 000 personnes sont détenues en Espagne (normalement 10 000).