24 mai : Massacre de Bulhoek[1]. Les « israélites » conduits par Enoch Mgijima occupent les terres vacantes en Afrique du Sud. Ils sont massacrés à Bulhoek (163 morts).
7 juin[2] : Création au Kenya de la Young Kikuyu Association, future East African Association par Harry Thuku.
Kenya : Le Labour Bureau Commission estime le nombre de travailleurs potentiels (1920-1921). Mise en place du travail obligatoire pour les hommes de 16 à 30 ans puis de 16 à 40 ans (1927).
Création de l’Église Luso-Africaine au Mozambique.
19 mai : Première loi sur l’immigration aux États-Unis : établissement de quotas par pays, qui favorisent l’immigration anglo-saxonne. Elle sera durcie en 1924.
11 décembre[4], Brésil : Première grande usine sidérurgique autonome installée à Sabará, dans le Minas Gerais, la belgo-Mineira, formée de capitaux français, belges et luxembourgeois.
Création au Brésil de la revue L’Ordre (A Ordem) par le catholique de droite Jackson de Figueiredo. Elle attribue la cause de tous les maux aux protestants, aux Juifs et aux francs-maçons.
Crise de reconversion aux États-Unis (1921-1922). 4 270 000 chômeurs.
Tarif protecteur pour l’agriculture aux États-Unis.
Les États-Unis possèdent la moitié du stock d'or mondial.
13 mars : Fondation du Parti populaire révolutionnaire mongol par Sukhbaatar. Un gouvernement provisoire est proclamé. Une armée de volontaires aidée par une division de l’Armée rouge chasse en quelques mois les dernières troupes chinoises puis la garde blanche d’Ourga le 7 juillet. Quelques jours plus tard, Sukhbaatar transfère la souveraineté nationale au peuple.
Août, Inde : Révolte des Mapillais (Moplahs), population musulmane du sud, contre le pouvoir colonial. La répression provoque plus de 2 000 morts parmi les rebelles.
4 novembre : Le Premier ministre japonais Hara Takashi, accusé par les militaires de défendre plus les intérêts des civils que ceux de l’armée, est assassiné par un étudiant. Il sera suivi d’une longue suite d’assassinats politiques jusqu’en 1940.
Un vaste mouvement comportant le boycott des produits anglais et la non-coopération est lancé par Gandhi et le Parti du Congrès avec l’appuis des musulmans contre le régime colonial et pour le redressement du Califat (1921-1922). Le mouvement culmine en novembre dans un gigantesque hartal (« arrêt de travail ») pour protester contre la visite du prince de Galles.
29 novembre : Le prince impérial du Japon Hirohito devient régent, suite à la maladie de son père.
13 décembre,conférence de Washington : Le secrétaire d'État américain Charles E. Hughes obtient l’adhésion des grandes puissances à la politique de Porte Ouverte en Chine, un traité de garantie mutuelle des possessions insulaires dans le Pacifique et une limitation sur les flottes de guerres (les États-Unis obtiennent la parité avec la Grande-Bretagne et une supériorité sur le Japon).
21 décembre : Inauguration à Calcutta (Inde) du Victoria Memorial, grand bâtiment de marbre, combinant architecture britannique et architecture moghole, construit à l'instigation du Vice-Roi, Lord Curzon, en mémoire de la reine Victoria, qui est aujourd'hui l'un des plus impressionnants vestiges de la présence britannique à Calcutta.
Tibet : Les représentants britanniques en poste au Sikkim, David MacDonald et sir Charles Bell, sont alors les seuls étrangers admis à Lhassa.
Indonésie : Le Sarekat Islam décide la rupture avec les communistes, ce qui accentue le caractère religieux du mouvement et collabore avec la Mouhammadyah (musulmans réformistes) et organise le premier congrès panislamiste d’Indonésie. Grèves dans les tramways et les chemins de fer, les imprimeries, l’industrie sucrière et parmi les employés des Monts de Piété. Le gouvernement réagit en procédant à l’arrestation des communistes au moment des grèves (1921-1922).
18 février : Les paysans arméniens, conduit par les Dachnaks, se soulèvent et chassent le gouvernement communiste et les troupes russes. Un comité de Salut de l’Arménie est formé sous la présidence de Simon Vratsian.
Nuit du 20 au 21 février, Iran : Coup d’état de Reza Pahlavi provoqué par l’occupation de certaines parties du pays par les Russes et les Britanniques.
16 mars : Traité de Moscou. Mustafa Kemal obtient du gouvernement bolchevik les régions arméniennes qui devaient revenir à la Russie en vertu des accords passés pendant la guerre et dénoncés par Moscou. La Russie reconnaît la pleine souveraineté turque sur les Détroits. Accord entre l’Arménie et la Turquie : La république arménienne cède environ la moitié de ses terres caucasiennes à la Turquie (Kars et Ardahan). Batoum est cédé à la Géorgie par la Turquie et le Nakhitchevan passe du protectorat de la Turquie à celui de l’Azerbaïdjan.
31 mars : Seconde victoire turque à Inönü contre les Grecs.
Mars : A la conférence du Caire, Churchill décide de confier l’autorité politique sur le Mandat irakien à Fayçal, qui vient d’être chassé de Damas par les Français. Le pays doit accéder rapidement à l’indépendance, une fois les intérêts britanniques garantis. La Grande-Bretagne procède à un allégement de sa présence militaire au profit d’une force armée locale étroitement contrôlée. Elle conserve essentiellement une force aérienne chargée du maintien de l’ordre par d’éventuel bombardements et du contrôle des voies aériennes vers l’Inde. Les bases militaires britanniques sont protégées par des forces auxiliaires locales composées de chrétiens assyriens. La candidature de Fayçal est accueillie favorablement par les notables chiites du sud et suite à un simulacre de consultation populaire, Fayçal est élu roi et couronné le 23 août.
2 avril : L’Armée rouge entre de nouveau à Erevan et rétablit le régime communiste sous la direction d’Alexandre Miasnikian. Les Dachnaks se replient sur le Zanzékour, puis à Ghapan, mais doivent se retirer en Perse après quelques mois de résistance. La répression est freinée par Lénine.
1er-3 mai : Troubles à Jaffa. La violence se déplace vers le centre de la Palestine. Les émeutes font au total 90 morts côté juif et 62 du côté arabe.
10 juin : Déclaration de Paris : les représentants des trois États de Transcaucasie et du Caucase du Nord proclament leur indépendance (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie). Ils établissent entre eux une union douanière et une alliance militaire. Cette déclaration reste sans effets auprès des puissances étrangères.
L’évacuation des Britanniques et des Allemands permet aux Soviétiques de s’emparer, en 1920-1921, de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie, de la Géorgie et du Turkestan. Les troupes soviétiques envahissent la Géorgie qui est incorporée à l’URSS, pour former, avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la république fédérative socialiste soviétique (RFSS) de Transcaucasie. Le pays des Tadjik est rattaché à la République socialiste soviétique autonome du Turkestan (RSSA).
Juin-août : Le IVe Congrès islamo-chrétien décide d’envoyer à Londres une délégation conduite par Musa Kazim al-Husseini. Elle est reçue par Churchill le 15 août et lui expose ses craintes de voir se constituer un État Juif en Palestine. Le Premier ministre britannique conseille une rencontre avec Weizmann, qui refuse de reconnaître que le projet sioniste n’est pas la formation d’un État. Les délégués n’obtiennent que l’assurance que l’immigration juive en Palestine n’excédera pas les capacités de développement économique du pays.
22 août : Après l’effondrement de l’Empire ottoman, Abdelaziz Ibn Sa'ud érige son émirat du Nedjd au rang de sultanat. Il laisse l’Ikhwan lancer ses raids vers le sud de l’Irak et la Transjordanie. Arrivées près d’Amman, les forces saoudiennes sont détruites par l’armée britannique. Londres menace de couper ses subventions à Sa’ud et impose un compromis. Afin de calmer les volontés expansionnistes saoudiennes, elle octroie au Sultan des territoires koweïtiens censés contenir du pétrole.
Fayçal s’appuie sur les grands notables urbains sunnites et sur les anciens officiers irakiens de la révolte arabe, comme Nuri Sa'id et Jafar al-Askari. Ces derniers ont l’ambition de créer un État fort, sur le modèle du régime jeune-turc. Les querelles de pouvoir sont très fortes et l’instabilité ministérielle est de mise. Les anciens officiers s’enrichissent et deviennent des notables et des grands propriétaires. Fayçal favorise la formation d’une armée moderne nationale.
25 août-21 septembre[6] : Premier congrès du comité syro-palestinien à Genève sous la direction de l’émir Michel Lutfallah (avec Rashid Rida, l’émir druzeShakib Arslan, etc.). Il met sur pied un bureau permanent à Genève chargé de mener une action d’information auprès de la SDN en faveur de la nation arabe de Syrie. Face au danger sioniste, les Palestiniens refusent de se reconnaître comme Syriens.
28 août : Mustafa Kemal, nommé généralissime, parvient à faire lâcher prise aux Grecs.
Sous l’impulsion du théoricien du nationalisme arabe Sati al-Husri, l’Irak se dote d’un réseau scolaire primaire et secondaire, en dépit des pressions britanniques destinées à réduire les crédits à l’éducation. Cet enseignement de masse concerne les enfants des classes moyennes, et dispense un programme voué à éveiller la conscience nationale arabe et à inculquer l’unité arabe. La présence britannique est fustigée, ainsi que toute forme d’impérialisme. Les chiites refusent d’envoyer leurs enfants dans les écoles de l’État.
Fin du mouvement ouvrier italien au début de l’année. Les classes possédantes s’organisent en créant la Confédération générale de l’Industrie (Confindustria) et la Confédération générale de l’agriculture (Confagricoltura). Industriels et agrariens commencent à utiliser les services des fascistes pour démanteler les organisations paysannes et ouvrières.
10 mai : Ultimatum de Londres : le Reichstag accepte de se soumettre aux exigences des Alliés concernant le paiement des réparations.
15 mai : Les élections en Italie amènent une Chambre ingouvernable. Elles renforcent les catholiques (107 députés au lieu de 100) et sanctionnent le déclin des socialistes (122 députés au lieu de 156). Trente-cinq fascistes sont élus, dont Mussolini.
21 juin, Italie : Mussolini expose son programme en terme rassurants : politique extérieure agressive, promesse de satisfaire les revendications ouvrières, éloge de l’économie libérale, maintien de propriété privée, etc.
24 juin : Giolitti quitte le pouvoir, laissant le régime en pleine crise. L’Italie n’est plus gouvernée et est en proie aux violences fasciste.
24 septembre : Malgré la signature d’une trêve en juillet entre gouvernement britannique et le Sinn Féin, la guerre civile reprend en Irlande.
30 août, Italie : Les partis socialiste et fasciste signent à Rome un pacte de pacification, mais l’aile la plus intransigeante du parti fasciste s’oppose à son exécution.
6 décembre : Signature du traité de Londres par le chef de la délégation irlandaise Arthur Griffith et par les Britanniques : l’Irlande du Sud devient l’État libre d'Irlande (Irish Free State), doté d’un statut de dominion auto-gouverné, l’Irlande du Nord (Ulster) restant attachée à la Grande-Bretagne.
Le Royaume-Uni compte 42,7 millions d’habitants. 22% de la population active travaille dans les services. Le chômage passe la barre du million.
37 974 000 habitants en Italie. Entre 1921 et 1925, le PIB augmente au taux moyen annuel de 4% et les exportations de produits industriels, grâce à la dépréciation de la lire, augmentent chaque année au taux moyen de 15,5%.
12 mars, Russie : Début de la N.E.P. (Nouvelle politique économique). Les réquisitions de récoltes sont remplacées par un impôt en nature et les paysans sont autorisés à vendre le surplus de leur production sur le marché libre. Les entreprises privées sont affranchies de la tutelle de l’état. Une économie de marché est rétablie.
16 mars : Traité commercial entre la Russie et la Grande Bretagne[10].
17 mars : Constitution en Pologne, établissant un régime démocratique et parlementaire. Józef Piłsudski, en opposition avec la droite (nationaux-démocrates), refuse la présidence. Période d’instabilité gouvernementale.
8-12 mai : Congrès du parti socialiste de Roumanie à Bucarest. 428 délégués se prononcent pour l’adhésion à la IIIe Internationale, 111 expriment des réserves. Le 11 mai est fondé le Parti communiste roumain. Le lendemain, la police arrête pour « haute trahison » ceux qui ont voté en faveur de l’adhésion.
28 juin : En Yougoslavie une coalition serbe vote et proclame une Constitution prévoyant un gouvernement fortement centralisé en l’absence des représentants croates, défenseurs des principes constitutionnels fédéralistes.
20 août : La Russie soviétique accepte l’aide alimentaire proposée par les États-Unis.
Octobre : Echec d'une seconde tentative de putsch du roi Charles IV en Hongrie. Le Parlement proclame alors la déchéance de la dynastie des Habsbourg.
Décembre, Hongrie : István Bethlen forme son second cabinet et met en œuvre une politique de consolidation à l’intérieur du pays et dans ses relations internationales. Révisionniste, il est partisan de la rectification des frontières. Sa politique est un mélange d’ultra-conservatisme et de libéralisme : interdiction du communisme et de la franc-maçonnerie, mais signature du pacte Bethlen-Peyer permettant la poursuite de l’action du parti social-démocrate. Il atténue le numerus clausus dans les universités, qui perdent leur caractère antisémite, instaure un « délit de presse », mais supprime la censure.
Famine en Russie (5 millions de morts). Vague de grèves et de désordres.
Second projet de réforme agraire en Roumanie préparé par le ministre de l’agriculture conservateur Constantin Garoflid : la propriété est limité à 100 ha avec des exceptions, les surplus seront redistribués en lots de 5 à 7 ha en priorité aux victimes de la guerre. Dans le vieux royaume, 2,8 millions d’ha changent de main, soit plus d’un tiers du sol. Des lois spécifiques sont votées dans les nouvelles provinces. Six millions d’hectares seront expropriés au total, mais quatre seulement redistribués à 1 400 000 paysans, le reste étant réservé à l’État ou aux communes.
Le peintre surréaliste allemand Max Ernst peint L'Éléphant Célèbes[11].
Manifeste pour les arts plastiques d’Amérique, du peintre mexicain David Alfaro Siqueiros, qui revendique un art d’orientation ouvriériste et anti-bourgeois.