13 août, New York : Première convention de l’UNIA et « Déclaration des droits des Peuples nègres du monde » (Marcus Garvey, 1887-1940).
4 décembre : Décret transformant le territoire militaire du Niger en territoire du Niger. Le reste du haut Sénégal-Niger prend le nom de Soudan français avec Bamako comme capitale. Bamako, Kayes et Mopti sont érigée en communes mixes.
23 juillet : Le Kenya devient une colonie de la couronne britannique. Le Tanganyika est organisé en territoire de la couronne.
Dans le Sud algérien, les autorités françaises recueillent dans des camps les nomades de la tribu des Larba, qui meurent de faim après avoir perdu les deux tiers de leurs troupeaux (1920-1921).
Raid de 32 voitures Ouargla-Tamanrasset-Ouargla. Deux seulement arrivent.
Amérique
9-27 avril[2] : Intervention américaine au Guatemala pour protéger la légation et les intérêts des ressortissants des États-Unis pendant un affrontement entre les unionistes et le gouvernement.
23 décembre : Arturo Alessandri Palma est élu président du Chili (fin en 1924). Il parvient au pouvoir avec l’appui d’une alliance libérale composée de forces progressistes (Parti démocrate, Parti radical et Parti libéral) mais sans majorité au Congrès. Ses promesses électorales de réformes sociales ne peuvent être tenues et l’instabilité ministérielle est à son comble (18 gouvernements se succèdent entre 1920 et 1924).
5 mai : Arrestation des anarchistes Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, accusés d’être les auteurs d’un hold-up et d’un meurtre commis dans une usine de chaussure.
26 août : Ratification du 19e amendement, accordant le droit de vote aux femmes américaines.
Premières émissions radiophoniques. La station KDKA de Pittsburgh, première radio privée, diffuse la première émission politique, un reportage sur l’élection de Warren Harding.
Inflation galopante (105% depuis 1914). Récession (1920-1922).
Le syndicat ouvrier AFL compte cinq millions d’adhérents.
Recensement : la population urbaine (villes de plus 2 500 habitants) dépasse la population rurale. 5,6 millions d’habitants à New York, 2,7 à Chicago, 0,6 à Los Angeles.
La durée moyenne de la vie est passée de 49 ans en 1901 à 56 ans en 1920.
26 avril : Fondation de la république populaire soviétique du Khorezm.
Le Turkménistan est divisé entre la République socialiste soviétique autonome (RSSA) du Turkestan et les républiques populaires soviétiques de Boukhara et de Khorezm. Les États vassaux de Khiva et de Boukhara conservent leurs anciens territoires et deviennent des républiques officiellement indépendantes.
Juin : Suite à la signature du traité de Sèvres qui démembre l’Empire ottoman, les frères Mohammad et Shaukat Ali, membres du Congrès, décident de lancer un mouvement de non-coopération. Gandhi réussit avec peine à faire adopter ce programme par le Congrès. Ce mouvement de non-coopération et du Califat (1920-1922) sera un grand succès.
23 juillet : Gouraud inspecte les troupes françaises à la bataille de Maysaloun
6 janvier : Accord secret signé entre Clemenceau et Fayçal, fils d'Hussein. Reconnaissance d’un protectorat français sur le Liban ; reconnaissance par la France de l’indépendance de la Syrie avec Fayçal pour chef d’État et Damas pour capitale ; nomination d’un haut-commissaire français en Syrie, chargé des relations de la France avec l’émir et envoie de conseillers français auprès du gouvernement arabe. Fayçal reconnaît la primauté des intérêts économiques et culturels français dans son pays. L’accord n’est pas rendu public et ne sera jamais appliqué.
28 janvier : La Chambre des députés turque adopte le « Pacte national » proclamant l’indivisibilité des territoires non occupés.
Mars : Troubles en Palestine contre la politique britannique de création d’un foyer national juif. Les nationalistes arabes de Damas lancent un raid sur la Galilée et causent des pertes humaines dans certaines colonies juives de la région. Les Juifs décident de s’armer clandestinement tandis que l'« Agence juive » est créée pour racheter de la terre aux Arabes.
Des manifestations chiites éclatent au printemps à Bagdad en collusion avec les Sunnites.
4 avril : Émeutes en Palestine. Lors de la fête du Nabi Musa à Jérusalem (pèlerinage musulman en l’honneur de Moïse), les quartiers juifs sont attaqués, faisant 9 morts et 244 blessés. Accusé de n’avoir su contrôler la situation, le maire Musa Kazim al-Husseini est destitué par les Britanniques. Son frère Amin est accusé d’être un des organisateurs de l’émeute et condamné par contumace à une lourde peine de prison.
23 avril, Turquie : Réunion à Ankara de la Grande assemblée Nationale qui se déclare représentative de la nation et qui délègue ses pouvoirs à Mustafa Kemal. Le sultan reste passif. Les Britanniques occupent les ministères, font arrêter des notables, ce qui entraîne la dissolution de la chambre de Constantinople et la reprise des hostilités.
7 mai : L'indépendance de la Géorgie est reconnue par la Russie soviétique.
En mai, le général Gouraud, commandant des Forces françaises du Levant, signe un armistice provisoire pour retourner contre l’émir Fayçal qui l’attaque dans le Sud, et l’écraser.
2 juin : Révolte tribale en Irak préparée par les notables chiites contre le gouvernement militaire britannique. Chassés de la région du Moyen-Euphrate, les Britanniques n’en reprennent le contrôle qu’après plusieurs mois de combats, faisant plus de 8000 morts du côté irakien. Le coup financier de la reprise en main militaire est considérable. Le mouvement insurrectionnel échoue en raison des divisions politiques. Les grands shaykhs rivaux du sud sont restés fidèles à la Grande-Bretagne, comme les nationalistes arabes d’origine irakienne chassés de Damas par les Français. Les Britanniques doivent créer un gouvernement autonome avec à sa tête le roi hachémite Fayçal.
22 juin : Offensive grecque contre les kémalistes en Turquie avec l’accord des Alliés.
30 juin : Sir Herbert Samuel, libéral de confession juive favorable au sionisme, est nommé haut-commissaire civil en Palestine. Il considère que la puissance publique ne doit pas intervenir pour financer le foyer national juif mais seulement permettre les conditions de son épanouissement. Il octroie ainsi des terres et des concessions industrielles aux sionistes et délivre des certificats d’émigration aux Juifs de Russie qui fuient la guerre civile. En août, il amnistie les personnalités arabes condamnées suite aux émeutes d’avril.
Suite au rapport de la commission Milner, des négociations s’ouvrent à Londres entre le gouvernement britannique, le Wafd et les représentants du gouvernement égyptien. Londres propose un abandon du protectorat mais demande la reconnaissance des intérêts britanniques en Égypte. Saad Zaghlul veut obtenir davantage en faveur de l’indépendance, ce qui entraîne la rupture des pourparlers en octobre.
Deuxième offensive turque en Cilicie contre les Français (fin en février 1921). Combats incertains, en particulier à Aïn-Tab, qui reste partagée.
Juillet : L’armée française de Gouraud entre en Syrie, défait les troupes arabes à la bataille de Maysaloun le 23 juillet puis s’empare de Damas, mettant fin à la tentative de Fayçal de créer une grande Syrie regroupant la Palestine et le Liban. Fayçal et les principaux nationalistes sont chassés de Syrie. Soulèvements locaux contre les Français dans le nord du pays. La loi martiale est instaurée.
1er septembre : Le général Gouraud proclame la création du Grand-Liban à Beyrouth. Un gouverneur français est chargé d’administrer le pays.
22 septembre-2 décembre : Guerre turco-arménienne. Les Turcs attaquent l’Arménie le 22 septembre et marchent sur Olti et Sarikamich. L’Arménie décrète la mobilisation générale et porte son armée à 35 000 hommes. Il résistent pendant près d’un mois, mais le 17 octobre, les forces turques font à Iktir leur jonction avec les Tartares d’Azerbaïdjan. La famine sévit en Arménie et la résistance s’effondre. Les Soviétiques font traîner les négociations avec la mission Chanth-Derderian (22 octobre). Staline, à Bakou, décide la soviétisation de l’Arménie. Les Turcs entrent à Kars (30 octobre), à Alexandropol (7 novembre). Les Grandes Puissances refusent d’intervenir malgré la demande de la Roumanie (15 novembre). Les Arméniens sont rejetés sur le Caucase par le général kémaliste Kâzım Karabekir. Un accord avec la RSS d’Arménie est signé à Gümrü (2 décembre). L’Arménie renonce au traité de Sèvres et accepte de limiter son armée à 1 500 hommes. Les Russes restituent à la TurquieKars, Ardahan et Artvin conquis depuis 1878.
Octobre, Palestine : Les Britanniques favorisent la formation d’un Conseil national élu, chargé de la gestion interne de la communauté juive.
Troisième Congrès islamo-chrétien de Haïfa, qui réclame l’arrêt du sionisme et l’indépendance d’un État arabe de Palestine sous l’influence britannique. Les Palestiniens abandonnent toute idée d’unité arabe et de Grande Syrie.
Les partis socialistes juifs forment un syndicat confédéré, l’Hisdrahut qui devient rapidement le premier employeur de la population juive de Palestine.
L’émigration juive en Palestine reste faible dans les années 1920, la majorité des Juifs d’Europe de l’Est émigrant vers l’Europe occidentale après l’instauration des quotas américains
13 mars : Putsch de Kapp. Le général von Lüttwitz et Wolfgang Kapp tentent un putsch réactionnaire en Allemagne. Une grève générale fait échouer la tentative.
29 mars : Crise de Pâque au Danemark. Devant la difficulté des gouvernements successifs à trouver une majorité suite à l’émiettement des partis, le roi Christian X renvoie le ministère Zahle et le remplace par un cabinet d’affaire dont tous les membres ont été choisis en dehors du Parlement. Il en résulte une grave tension politique. Les syndicats déclenchent une grève générale. Un nouveau cabinet neutre est désigné ensuite avec l’accord des partis et des élections générales suivent, puis une modification de la Constitution qui renforce les pouvoirs de la Chambre basse (Folketing).
En avril, début de l'occupation de villes allemandes (avril-mai).
6 juin : Élection au Reichstag en Allemagne. La « coalition de Weimar (SPD, Zentrum, DDP) perd du terrain et doit trouver un appui à droite auprès du parti populiste de Gustav Stresemann. Instabilité ministérielle en Allemagne (sept cabinets de juin 1920 à mai 1924).
Octobre, Espagne : Le général Franco est chargé de former la Légion pour le combat dans le Rif.
Portugal : Union des légitimistes (se réclamant du roi Miguel Ier) et des antirépublicains de l’Integralismo lusitano, qui prône un retour à un régime fort, respectueux de la religion et de l’autorité. 325 attentats à Lisbonne entre 1920 et 1925. La crise internationale provoque l’inflation monétaire et le retour à la spéculation (1920-1922). 65 000 émigrants quittent le Portugal.
Les ouvriers occupent les usines et procèdent à l’élection de « conseil d’entreprise ». Giolitti ne fait pas appel à la force et laisse le mouvement s’essouffler.
19 septembre : Les représentants des ouvriers signent à Rome un document qui reconnaît le principe du contrôle ouvrier, mais qui restera lettre morte.
Octobre-novembre : Les socialistes conquièrent 2162 communes sur un total de 8 059 aux élections administratives.
12 novembre : Le gouvernement italien signe un traité avec la Yougoslavie à Rapallo faisant de Fiume une ville libre sous le contrôle de la SDN. L’Italie renonce à la Dalmatie mais obtient une frontière orientale plus favorable que celle préconisée par Woodrow Wilson.
Novembre-décembre : Alliance entre les industriels, banquiers et agrariens, adeptes d’une contre-révolution préventive, et les fascistes, dirigée contre les socialistes et les syndicalistes de la CGL (automne). Les escouades (squadre) fascistes passent à l’action violente, d’abord contre les paysans et les organisations rurales (bourse du travail, coopératives, ligues agraires). La police n’intervient pas, sauf quand se manifeste un début de résistance de la part des paysans. L’assassinat d’un conseiller municipal fasciste à Bologne provoque des affrontements sanglants entre fascistes et socialistes. Le 20 décembre, à Ferrare, les fascistes émiliens, rassemblés dans la ville, s’adonnent à de violentes représailles. Giolitti profite de la situation pour dissoudre les municipalités socialistes d’une centaine de villes (Ferrare, Bologne, Modène…).
25 février : Les troupes roumaines évacuent définitivement la Hongrie.
1er mars : L’assemblée nationale élue en Hongrie annule officiellement toute subordination à l’Autriche, proclame la monarchie et nomme régent l’amiral Miklós Horthy.
Le gouvernement nationaliste d’Ukraine s’allie avec la Pologne contre la Russie. L’avancée des troupes bolcheviques permet au gouvernement soviétique d’Ukraine de prendre le contrôle du pays.
7 novembre : Défaite définitive des armées blanches du général Piotr Vrangel en Crimée. 146 000 personnes dont 70 000 soldats son évacuées en trois jours par bateaux vers Constantinople.
Réforme agraire en Roumanie, vivement contestée par les Hongrois.
Le royaume de Yougoslavie regroupe douze millions d’habitants, dont six millions de Serbes.
La Hongrie a perdu les deux tiers de son territoire et les trois cinquièmes de ses habitants. Elle compte alors 8 millions d’habitants. 3,5 millions de Magyars vivent en dehors de ses frontières.
Extension du système des assurances chômage à tous les travailleurs à revenus faibles.
Chute du taux de natalité pendant l’entre-deux-guerres à 18, puis 16‰. Popularisation des techniques de contrôle des naissances. La famille anglaise type compte deux enfants, contre trois à la fin du XIXe siècle.
Gay twenties : comportement débridé de la jeunesse, fréquentation assidue du cinéma et du music-hall, émancipation des jeunes femmes (flapper), introduction du jazz et du charleston des États-Unis.
États-Unis
Mouvement de concentration des entreprises aux États-Unis dans les années 1920. Les produits manufacturés représentent 52% des exportations.
Taylorisme : la productivité augmente de 72% dans les industries manufacturières de 1919 à 1929.
Dans les années 1920, le secteur primaire (agriculture et mines) décline (de 12, 1 à 11,9 millions), le secteur secondaire stagne pour la première fois (11 millions) et le tertiaire progresse de 50% (11,5 à 16,7 millions).
Arrivée massive de capitaux privés en provenance des États-Unis vers l’Amérique latine dans les années 1920. Les politiques économiques se limitent à tenter de créer un climat favorable aux investissements étrangers.
Crise économique de reconversion au Brésil suite à la [Première Guerre mondiale]. Les industriels brésiliens réinvestissent les devises accumulées pour augmenter la capacité de production.
Au Chili, les exportations qui avaient augmenté de 9,8% par an entre 1915 et 1919, n’augmentent que de 0,6% entre 1920 et 1924.
Conflits sociaux dans les enclaves bananières en Colombie durant les années 1920. Répression. Lois restreignant le droit de grève (1919 et 1920).
Afrique
20 700 blancs en Angola, soit 0,5% de la population. 7 500 métis, soit 0,2 % de la population.
Boom des exportations africaines.
En AEF, l’effondrement des société concessionnaires avant la guerre de 1914-1918 laisse trois compagnies : la CFHC (Compagnie française du Haut Congo), la Compagnie du Kouilou-Niari et la SHO (Société du Haut Ogooué).
La production forestière en AEF connaît un véritable boom dans les années 1920, notamment grâce à la mise au point du contreplaqué (okoumé). Les exportations de bois passent de 2 000 tonnes en 1897 à 34 636 en 1906, 47 401 en 1920, 104 806 en 1923, 248 285 en 1926 et 397 754 en 1930.
Les grandes compagnies commerciales (UAC, SCAO, CFAO…) se partagent le monopole en Afrique occidentale et font de gros profits, en s’entendant pour acheter au plus bas aux producteurs africains. Certains se révoltent, comme les producteurs de cacao de Gold Coast dans les années 1920-1930, qui refusent à plusieurs reprises de vendre leur récolte dans l’espoir de voir le cours remonter. Comme les acheteurs sont aussi des fournisseurs (matériel, semences, biens divers, etc.), ils font en sorte que les producteurs soient en permanence leur débiteurs et n’hésitent pas à les escroquer. D’autre part l’exportation de produits européens (cotonnade, soie artificielle, ustensile de ménage, produits alimentaires…) vendus à prix compétitifs ruine la production artisanale locale.
L’économie de traite s’impose en Ouganda dans les années 1920. Les planteurs européens y sont l’exception. Les paysans africains produisent du coton, du café, du sucre et du thé pour l’exportation. Des acheteurs (ginners), souvent d’origine indienne, organisés en associations pour éviter de se concurrencer, drainent cette production vers les ports.
Au Kenya, c’est l’économie de plantation qui domine, grâce à une forte immigration blanche depuis 1903. De grandes plantations sont aux mains de l’aristocratie britannique (lord Delamere, lord Francis Scott, le major Grogan…), à côté de petits exploitants plus fragiles. L’installation des colons se fait dans les Highlands, principalement le long de la voie de chemin de fer de l’Ouganda. Les cultures du café, du blé dans les années 1920, du lin après 1914 et du maïs dominent. Les terres ont été acquises après l’expropriation des Kikuyu (ceux-ci ont d’abord accueilli les colons et offert des droits temporaires d’installation). Les planteurs ont recours aux squatteurs (les Kikuyu qui n’ont pas quitté les plantations) pour obtenir une main-d’œuvre bon marché et docile. Une série de mesures prises par le gouvernement entraîne la prolétarisation de la population africaine (1900-1930).